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Quand Poutine joue les arbitres des élections américaines

Publié par MaRichesse.Com sur 4 Août 2016, 06:32am

Catégories : #RUSSIE, #ETATS-UNIS, #PEOPLE, #POLITIQUE

Quand Poutine joue les arbitres des élections américaines

La course électorale aux États-Unis bat son plein, les débats entrent dans leur phase décisive. Chauffée à blanc, l’ambiance dérape parfois en suscitant d’impressionnants discours. C’est dans ce contexte que Vladimir Poutine s’invite malgré lui dans les discussions…

La personnalité du président russe, la Russie incarnée par Vladimir Poutine, deviennent des éléments indispensables des campagnes électorales de H. Clinton et D.Trump.

 

 
Embourbée dans le scandale de ses e-mails, la candidate démocrate à la présidentielle américaine Hillary Clinton et son équipe accusent ouvertement Moscou d'être impliquée dans l'affaire du piratage de ses serveurs. Une rhétorique agressive, mais infondée, Hillary n'ayant fourni aucune preuve de ses allégations. Ce qui n'empêche d'ailleurs pas son adversaire politique Donald Trump de profiter de la polémique. Celui-là appelle la Russie à retrouver les e-mails manquants de sa concurrente…

 

Selon Florian Silnicki, expert français en stratégie de communication, président fondateur de l'agence parisienne de communication LaFrenchCom, "la guérilla digitale présente dans toutes les campagnes politiques est désormais une guerre digitale. Elle éclate au grand jour." H. Clinton qui semble avoir un vrai problème avec la sécurité informatique est très vulnérable devant D. Trump. "Ce qu'elle semble avoir compris en utilisant une stratégie de communication politique dite de l'évitement: créer une affaire dans l'affaire, en désignant immédiatement un +ennemi extérieur+ comme source du piratage électoral: la Russie."

 
Un aveu d'amour inattendu de la part de Trump et une haine mal cachée de la part de Clinton vis-à-vis de la Russie sont de parfaits moyens pour détruire l'adversaire. Florian Silnicki indique que la thématique russe est opportunément utilisée par les deux candidats comme un moyen de cliver. "Ils se construisent un divorce irréconciliable en utilisant la question russe. L'idée étant de démontrer aux électeurs que rien ne les rassemble sur cette question diplomatique."
La question russe est utilisée par Hillary Clinton comme un levier stratégique de communication, d'après notre interlocuteur. "Elle tente ici un double pari stratégique. D'abord, elle utilise cette question pour le +cornériser+ sur l'échiquier politique. Ensuite, elle tente de le désigner [Trump, ndlr] insidieusement comme un +ennemi intérieur+ potentiellement très dangereux pour l'indépendance de la nation américaine. Cela lui permet de renforcer le caractère excessif que l'opinion publique américaine prête déjà à Donald Trump. Mais surtout, cela permet à Hillary Clinton de se construire un leadership aux dépens de Donald Trump."

 

Le candidat républicain ne dédaigne pas la pêche en eaux troubles. Ses équipes tentent depuis le début de la campagne de s'atteler à démontrer que la politique étrangère américaine est une catastrophe. "Cela permet aux communicants politiques de l'équipe Trump de stigmatiser Hillary Clinton qui incarne cette politique étrangère", analyse F. Silnicki.

 
Le facteur Poutine devient ainsi un outil indispensable dans les campagnes électorales aux États-Unis. La troisième guerre mondiale pourrait éclater si l'on provoque la Russie, déclare D. Trump, qui reconnaît aujourd'hui haut et fort l'appartenance de la Crimée à la Russie. On pourrait penser que sans Poutine, les deux candidats n'auraient pas de quoi débattre… Bruno Drweski, politologue et spécialiste de géopolitique, directeur de publication de la revue La Pensée Libre, estime qu'en effet l'absence de programmes électoraux clairs chez Clinton et Trump rend nécessaire l'introduction dans le débat de la problématique russe.

 

 

​"C'est très pratique, l'image de l'ennemi est toujours nécessaire dans un combat politique intérieur surtout quand on n'a pas de programme électoral… C'est le scénario classique auquel quand même on doit ajouter une deuxième réflexion: c'est que Poutine devient le centre du monde aux yeux des Américains, ce qui est quand même très paradoxal si l'on pense à la tradition des États-Unis qui sont un pays très fermé sur lui-même et regardant rarement le monde. Et donc voir une campagne électorale se faire sur le dos d'une personnalité internationale, c'est aussi quelque part la preuve que les États-Unis ne sont plus la seule puissance dominante. Plus ou moins consciemment, les États-Unis en sont conscients." Selon M. Drweski, c'est un jeu de ping-pong ayant pour objectif de conforter des bases électorales avec les arguments que l'on trouve.

 

 
Florian Silnicki fait remarquer que la désignation sous-jacente d'un ennemi extérieur potentiel comme moyen de renforcer sa communication politique s'est déjà avérée efficace dans la pratique de communication politique, comme c'était le cas en Grande-Bretagne lors des préparatifs du référendum sur le Brexit.

 

"Ce n'est d'ailleurs ici pas tant la question russe que la question internationale qui est essentielle du point de vue de la stratégie de communication politique engagée par les deux candidats en présence. En effet, la question internationale est une prérogative essentielle du président américain. Chaque candidat doit faire la preuve de sa compétence en la matière pour pouvoir prétendre incarner ses fonctions", conclut M. Silnicki.

 

 
L'exploitation de la thématique russe, c'est donc comme une ligne rouge qui sépare les deux camps, Démocrates et Républicains. Instrumentaliser Poutine donne un sérieux coup de main à chaque candidat dans son jeu politique. Eh bien, bravo à M. Poutine qui, grâce aux politiques américains, "participe" si activement à la course électorale américaine…

 

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur

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