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Poutine reçoit Erdogan à Saint-Pétersbourg

Publié par MaRichesse.Com sur 9 Août 2016, 12:45pm

Catégories : #POLITIQUE, #MONDE, #RUSSIE

Poutine reçoit Erdogan à Saint-Pétersbourg

La première visite du président turc à l'étranger depuis le putsch raté du 15 juillet reflète un désir mutuel d'un rapprochement.

Le décor pour une normalisation des relations entre Ankara et Moscou a rapidement été monté pour le sommet de ce mardi à Saint-Pétersbourg. S'entretenant longuement lundi avec l'agence officielle russe Tass, le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé son homologue russe «mon ami Vladimir». Il présente désormais la destruction du bombardier russe Su-24 le 24 novembre 2015 par la chasse turque comme un complot de ses ennemis domestiques pour torpiller les relations russo-turques.

À Moscou, le ton n'est pas aussi chaleureux, mais Vladimir Poutine a tout de même invité son homologue turc dans sa ville de naissance, qui est aussi l'ancienne capitale de l'Empire russe. «Rappelons que Russes et Ottomans sont les héritiers de l'empire byzantin», signale Alexeï Obraztsov, expert du monde turc à la Haute École d'économie de Moscou. Pour lui, le désir mutuel d'un rapprochement repose sur des intérêts bien compris. «Des deux côtés, on désire avoir à sa frontière un voisin prévisible à défaut d'être ami. Le rétablissement des liens est donc parfaitement logique et souhaitable», poursuit l'expert.

 

Au menu des discussions: le redémarrage des grands projets énergétiques entre les deux pays, gelés depuis novembre ; le rétablissement des contacts entre les militaires, les modalités d'échanges d'informations entre les deux aviations, pour éviter qu'un incident ne se reproduise, ainsi qu'un dédommagement turc pour l'avion abattu. Restent deux variables encore indéterminées du rapprochement: sa rapidité et sa profondeur. «Erdogan dit souhaiter repartir d'une feuille blanche pour les relations bilatérales, mais c'est tout à fait impossible», estime Alexeï Obraztsov. «Il n'y aura pas de retour à l'état antérieur des relations. Les deux pays ont pour tâche principale d'arriver à un niveau de stabilité à leurs frontières. Cela prendra du temps.»

L'incident militaire du 24 novembre 2015 avait suscité une fureur telle à Moscou que la perspective d'un conflit armé entre les deux pays avait alors été envisagée par de nombreux commentateurs. Quelques heures après, Vladimir Poutine avait donné le la en s'emportant contre un «coup dans le dos venant de complices du terrorisme». Dans la soirée, l'ambassade de Turquie à Moscou avait été la cible d'une violente manifestation et sa façade avait été endommagée par des jets de pierre. Le lendemain, une série de sanctions économiques décidées unilatéralement par Moscou avaient considérablement affecté les exportations turques et les projets d'investissement communs aux deux pays. Le régime sans visa avait été annulé. Les agences touristiques russes avaient été sommées d'arrêter toute vente de voyages organisés en Turquie, deuxième destination préférée des Russes, qui rapporte à Ankara d'importantes recettes budgétaires.

Complémentaires dans le domaine économique

«Le succès du rapprochement entre les deux pays se mesurera à la vitesse du rétablissement des liens économiques», suggère Viktor Nadein-Raïevsky, chercheur à l'Académie russe des sciences. «Il sera fort difficile aux sociétés turques, qui sont très présentes dans le secteur de la construction, de retrouver leurs parts de marché d'antan.» Le chercheur souligne que les deux pays sont très complémentaires dans le domaine économique, et qu'ils ont tous les deux «grandement besoin de sortir de leur isolement». Le volet énergétique sera au cœur des négociations. Recep Tayyip Erdogan a déclaré lundi être prêt à prendre «immédiatement» des mesures visant à relancer le projet de gazoduc «Turkish Stream» transportant du gaz russe vers la Turquie (puis vers le sud de l'Europe) à travers le lit de la mer Noire. Un projet auquel Gazprom tient énormément car il lui permettra d'accroître son emprise sur le marché européen. Moscou compte aussi beaucoup sur le contrat de construction de la centrale nucléaire d'Akkuyu en Turquie, avec des financements russes. «Notez que même au moment des plus grandes tensions, ni l'un ni l'autre des projets n'a été abandonné. Ils ont tout au plus été gelés», souligne Obraztsov. 

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