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Peut-on vraiment gagner sa vie comme dresseur de Pokémon Go ?

Publié par MaRichesse.Com sur 26 Août 2016, 09:32am

Catégories : #JEU, #TECHNOLOGIE

Peut-on vraiment gagner sa vie comme dresseur de Pokémon Go ?

Le 6 juillet 2016, « Pokémon Go » sort aux Etats-Unis. Moins d’une semaine après, une internaute américaine propose ses services de « dresseuse » pour 20 dollars de l’heure. Son annonce sur la plateformeCraigslist fait le tour du monde.

La jeune femme, reconnaissable à son tatouageNosferalto (un Pokémon chauve-souris), est l’une des premières à avoir voulu professionnaliser la chasse aux Pokémon. Entre-temps, elle a dit que c’était pour « faire le buzz » et a profité de sa jeune notoriété pour sortir un bouquin.

Les bouquins sortis sur
Les bouquins sortis sur « Pokémon Go » - Capture d’écran

Depuis, plusieurs joueurs ont tenté de joindre l’utile à l’agréable et de vivre de leur passion. Avant de vous lancer vous-même sur la route, lisez ce qui suit.

« 10 km pour 10 euros »

A 30 ans, Charles-David Breton est en période de disette de CDI. Fan de « Pokémon Go », il a décidé, dimanche dernier, de rentabiliser le temps qu’il passait sur l’application en proposant ses services aux autres joueurs.

« Je propose de récupérer les téléphones de personnes intéressées entre 18 et 22 heures et de faire éclore leurs œufs de Pokémon [en marchant, ndlr] alors qu’elles dorment. Je travaille de nuit, jusqu’à cinq heures du matin. Je leur rends leur téléphone entre 6 et 8 heures du matin avant qu’elles n’aillent bosser. »

Dans le petit patelin où il habite, près de Marseille, Charles-David a placardé son annonce sur les poteaux électriques. Celle-ci a suscité la curiosité des internautes, prodiguant à Charles-David une célébrité inattendue.

En quelques jours, il a reçu une vingtaine de coups de fils débouchant sur... rien. Beaucoup d’entre eux sont méfiants et lui demandent, en guise d’introduction : « Vous êtes vraiment sérieux avec votre offre là ? » (c’est aussi la première question qu’on lui a posé au téléphone).

Mais Charles-David revendique son professionnalisme. Il a même esquissé un business model.

« Pour l’instant, je ne propose que le forfait “éclore vos œufs”. J’ai compté : j’effectue 10 kilomètres en 1 heure et 40 minutes. Si je récupère 10 téléphones pour une nuit, je peux toucher 100 euros par jour. »

Toujours pas de client

« Pokémon Go » est un jeu free-to-play. On peut y jouer gratuitement ou on peut y investir de l’argent réel pour monter plus rapidement les niveaux.

« On va dire que les free-to-play fonctionnent selon un modèle simple : 85 % des joueurs ne vont pas lâcher 1 euro. Près de 10 % des joueurs vont dépenser 10 euros par mois. Et une autre catégorie de joueurs est prête à payer des centaines d’euros. Ce sont ces personnes-là que je vise. »

Dans son patelin, il s’avère que ces joueurs « prêts à payer des centaines d’euros » se comptent sur les doigts d’une main. Le trentenaire envisage de s’exporter à Aix-en-Provence pour y tester son offre, à la rentrée.

Si ça marche vraiment bien, il compte déclarer son activité et ses revenus.

« Je pourrais peut-être me faire une petite entreprise. »

Mais il attend toujours son premier client.

Les économies parallèles

Depuis sa sortie, « Pokémon Go » fait vivoter une économie parallèle et précaire. Ils sont beaucoup, comme Charles-David, à proposer leurs offres sur eBay et Le Bon Coin.

Comme cet utilisateur qui a développé plusieurs « packs » pour séduire les joueurs.

Un utilisateur propose ses services de dresseur
Un utilisateur propose ses services de dresseur - Capture d’écran

On trouve aussi des petites annonces pour acheter des identifiants de comptes « Pokémon Go » (avec, souvent, des Pokémon rares dedans) – pour moins d’une trentaine d’euros le plus souvent.

Sur une plateforme de e-commerce
Sur une plateforme de e-commerce - Capture d’écran

« Pokémon Go » n’a rien inventé. Faire franchir des niveaux à un personnage (on dit «  farmer  ») et le vendre sur Internet, c’est aussi vieux que les premiers jeux en multijoueurs.

Travail au noir

Pour certains jeux, dont le fameux « World of Warcraft », le « farming » est même une industrie. Il existe, en Chine, des « chinese farms » où des joueurs sont sous-payés pour faire évoluer les personnages des occidentaux (et des matons ont même obligé des détenus à «  farmer  » sur Warcraft).

L'offre de Star Of Service
L’offre de Star Of Service - Capture d’écran

Mais Niantic, le créateur du jeu « Pokémon Go », veille à ce que cette « triche » ne soit pas possible. Les conditions d’utilisation interdisent son usage commercial et les transactions en dehors de l’application.

Or, ces transactions peuvent laisser des traces repérables (par exemple, le compte créé aux Etats-Unis se retrouve d’un coup en France).

La plupart des économies parallèles de « Pokémon Go » (comme être chauffeur de dresseur) partagent un point commun : c’est du black.

C’est ce que me disait Lucas Ambertini, directeur d’une société de services, qui a essayé de professionnaliser le métier de dresseur.

« La majeure partie des gens qui proposent leurs services, ce sont des étudiants et des gens qui n’ont pas la majorité, il faut faire attention que ça ne soit pas du travail au noir. »

« Une manière de me rendre visible »

Autre histoire. En Nouvelle-Zélande, Tom Currie, 24 ans, a quitté son job pour devenir dresseur de Pokémon à temps plein. Au Guardian, ilexplique :

« J’ai travaillé pendant six ans et j’avais désespèrement besoin d’une pause. Et Pokémon m’a donné la chance de vivre ce rêve. »

 

Initialement prévu pour deux mois, Tom Currie aimerait prolonger son voyage. Contacté par Facebook, il explique :

« Je regarde tous les moyens qui me permettraient de générer un revenu, et continuer à voyager aussi longtemps que je peux. »

Il a donc mis en place un système de rémunération plutôt béton :

Des Pikachu se baladent à Yokohama, près de Tokyo, le 7 août 2016
Des Pikachu se baladent à Yokohama, près de Tokyo, le 7 août 2016 - Shizuo Kambayashi/AP/SIPA
  • En tant que joueur expérimenté, il donne des cours en ligne sur la plateforme Gamer Sensei, à destination de ceux qui veulent se perfectionner sur des jeux vidéo multijoueurs.
  • Il se fait financer ses frais de voyage par des société partenaires (notamment le transport et les données mobiles sur son téléphone).
  • Il envisage d’écrire des billets de blogs sur des produits liés à Pokémon et sur la thématique du voyage.
  • Il souhaite créer une chaîne YouTube pour partager ses conseils sur « Pokémon Go » et son aventure.

Ainsi, sur le net, Tom Currie est devenu « Pokémon Trainer Tom ». SurInstagram, il ne publie que des images liées à son voyage. Il a créé un compte Facebook spécial... Il dit :

« J’ai beaucoup travaillé sur la manière de m’auto-marketer et me rendre visible. » 

 Source

 

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