Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


« Nerve » : conte des temps connectés

Publié par MaRichesse.Com sur 30 Août 2016, 03:02am

Catégories : #TV, #VIDEO

« Nerve » : conte des temps connectés

Au cinéma, la bonne surprise de la semaine est «  Nerve  », dont l’affiche girly nous faisait craindre une énième bluette pour ados. Le film ressemble davantage à un conte des temps connectés où Emma Roberts (nièce de Julia) et Dave Franco (frère de James), jouent les petits chaperons rouges perdus dans la forêt d’Internet. Avec, dans le rôle du grand méchant loup, le big data.

 

Le Nerve du titre est un jeu en ligne où des internautes appelés «  voyeurs  » poussent des «  joueurs  » à relever les défis les plus fous – du genre rouler à moto les yeux bandés ou s’allonger sur une voie, sous un train en marche – qu’ils filment avec leur smartphone contre de l’argent ou pour la notoriété. Emma Roberts est Vee, ado aussi coincée que fauchée qui participe à « Nerve » par esprit de bravade et appât du gain. Elle fera équipe avec le mystérieux Ian, joué par Dave Franco.

De nombreux critiques ont fait le parallèle entre « Nerve » et certaines applications qui ont récemment défrayé la chronique. On retrouve certes le côté pousse-au-crime d’un Periscope (le suicide d’une adolescente est encore dans toutes les têtes), mais on pense surtout à Pokémon Go tant le jeu est gourmand en données, comme l’apprendra à ses dépens Vee.

Données personnelles avalées par le jeu

Le film s’amuse d’ailleurs à présenter le personnage à partir de ses données personnelles laissées sur le Web en commençant par cacher son visage à travers des plans en vue subjective qui la montrent surfant sur Internet (comme dans le film d’horreur «  Unfriended  » sorti en 2015).

Où, entre deux recherches Google sur fond de Spotify qui nous renseignent sur ses obsessions comme sur ses goûts musicaux, elle like des photos sur Facebook et stalke le profil du quaterback du lycée dont on comprend qu’elle est secrètement amoureuse.

Des données qui seront ensuite avalées puis absorbées par le jeu, faisant de l’adolescente l’équivalent d’un «  serveur  », comme le remarque son ami geek.

« Vampire numérique »

Le Monde parle à juste titre «  d’une offrande de son identité  » aux voyeurs du jeu  :

«  Vampire numérique, le jeu absorbe toutes les données personnelles que la jeune femme a pu relayer sur Internet pour les restituer sous forme d’un “ profil ” aux voyeurs, conférant à ces derniers un terrible pouvoir : adapter les défis aux fantasmes de la joueuse, ou à ses pires angoisses. Dès lors, Vee a un nom – rapidement célèbre – et un corps – presque constamment filmé. Mais elle ne s’appartient plus elle-même.

Les voyeurs la possèdent virtuellement et physiquement, rappelle constamment le film  : ce sont eux qui l’invitent à la rencontre d’un nouvel amour comme à celle de la mort – ils ont toute sa vie à portée de clavier.  »

Le film joue à fond le côté sacrificiel avec son héroïne ingénue à la blancheur virginale. Ainsi, lorsqu’elle se jette dans la gueule du loup, Vee revêt un sweat à capuche rouge qui lui fait ressembler à la petite fille du conte de Perrault.

Quant aux voyeurs, ils se réunissent dans les gradins d’une arène pour décider de son sort. Comme au temps des gladiateurs, à la différence que le pouce baissé est remplacé par un vote sur smartphone. Autant de smartphones qui illuminent la nuit et dévoilent le visage d’un monstre aux mille yeux. 

 Source

Commenter cet article

Archives