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Les océans, une chance pour la France ?

Publié par MaRichesse.Com sur 27 Août 2016, 05:28am

Catégories : #FRANCE, #ECONOMIE, #RICHESSE

Les océans, une chance pour la France ?

La France est un pays riche. C'est la sixième puissance économique mondiale. Potentiellement, elle est un pays encore plus riche. Car, le savez-vous ? la France dispose du deuxième domaine maritime mondial, juste derrière les États-Unis. Si la France terrestre est un nain - ses 643.800 kilomètres carrés ne représentant que 0,43 % de la surface terrestre du globe -, elle est une géante si l'on tient également compte de ses territoires immergés. Si la France est le quarante-troisième pays au monde par sa superficie terrestre, elle se hisse au sixième rang mondial si l'on intègre les surfaces maritimes, devançant le Brésil, la Chine et l'Inde.

En effet, la surface cumulée totale des territoires tricolores dépasse les 11 millions de kilomètres carrés, ce qui fait de la France la deuxième puissance maritime mondiale, juste derrière les États-Unis ! Un domaine qui s'est agrandi en septembre 2015 avec l'extension de sa zone économique exclusive (ZEE) autour de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane, des îles Kerguelen et de la Nouvelle-Calédonie. Au total, ce sont 579.000 kilomètres carrés qui ont été récupérés sous les océans, plus que la surface du territoire métropolitain, qui s'élève à 551.000 kilomètres carrés !

Et l'histoire ne s'arrête pas là. D'une part, le gouvernement attend toujours la décision de la Commission des limites du plateau continental (CLPC) pour La Réunion (océan Indien), Wallis-et-Futuna (Pacifique) et Saint Pierre-et-Miquelon (Atlantique nord). D'autre part, un dossier doit encore être déposé pour augmenter la ZEE de la Polynésie française.

L'État sans vision stratégique

Potentiellement, la France serait donc immensément riche. L'usage du conditionnel est nécessaire. Pour employer le présent, il faudrait que l'État définisse enfin une politique maritime digne de ce nom.

Ce n'est pas le cas et ce, depuis longtemps.

Exemple de ces errements, il n'existe pas de ministère de la Mer de plein exercice depuis 2001. La politique de la mer est le plus souvent absente des discours politiques et seule une poignée de dossiers fait l'objet d'un peu de curiosité de la part des gouvernements qui se succèdent depuis presque deux décennies.

Certes, le Parlement se saisit actuellement du projet de loi sur l'Économie bleue porté par Alain Vidalies, le secrétaire d'État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, depuis août 2014. Mais aucune vision stratégique ne transpire de ce texte. À part quelques mesures sur le soutien au secteur de la pêche et à l'aquaculture, l'essentiel des propositions porte sur la simplification de la réglementation maritime, le renforcement de la sûreté maritime et sur la modernisation du modèle portuaire. Les ports français en ont bien besoin. Face à la concurrence de Rotterdam, Anvers, Duisbourg ou Hambourg, les sept grands ports français (Dunkerque, Le Havre, Marseille, Nantes, La Rochelle, Bordeaux, Rouen) sont en perte de vitesse chronique. Là encore, la responsabilité de l'État est engagée. Depuis de trop nombreuses années, la politique portuaire est aux abonnés absents. La réforme de 2009, qui s'est essentiellement traduite par un transfert des dockers vers les opérateurs privés, n'a pas réellement permis la modernisation des ports.

Un possible modèle de développement durable

« Les opérateurs ont aujourd'hui un rôle à jouer en proposant des services adossés aux grands ports maritimes français, afin de les aider à gagner en compétitivité. La bataille est féroce entre les places portuaires et en particulier dans la compétition avec les ports du Range nord », précise Jean-Michel Genestier, le directeur général adjoint et secrétaire général de SNCF Logistics.

Le texte gouvernemental est-il de nature à accélérer la modernisation des ports français ? Les experts sont dubitatifs.

Les sauvetages multiples des chantiers navals et des compagnies maritimes constituaientils les jalons d'une politique clairement structurée devant permettre aux entreprises françaises du secteur de conquérir le monde ? Il va de soi que l'intervention de l'État dans ces dossiers répondait surtout à des priorités sociales. STX France - ex-Chantiers de l'Atlantique jusqu'en 1976, ex-Alstom marine jusqu'en 2006 qui fusionna ensuite avec le norvégien Aker pour créer Aker Yards -, est depuis 2008 la filiale du groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding. La politique nationale dans ce secteur se résume en fait à la participation de l'État français dans le capital de STX France, à hauteur de 33,34 %. Pourtant, les promesses offertes par l'économie bleue sont immenses. Les études scientifiques le martèlent : la France est assise sur un tas d'or. Comme le précise l'avis du 9 octobre 2013 présenté au Conseil économique, social et environnemental (CESE), le plateau continental serait un véritable trésor. Il pourrait recéler des hydrocarbures, des sulfures hydrothermaux riches en cuivre, zinc, plomb, cobalt, argent et or, des encroûtements cobaltifères, des nodules polymétalliques contenant du fer, du manganèse, du cuivre, du nickel et du cobalt. La liste des richesses biologiques exploitables serait également très longue. L'accès à ces richesses potentielles est « un atout considérable pour notre pays s'il contribue à un nouveau modèle de développement durable, en particulier dans les territoires ultramarins » considère le CESE. Sur le plan géopolitique également, les avantages à tirer de cette présence sont également indéniables. Parce que ses territoires, hérités pour la plupart de son passé colonial, sont éparpillés à travers le globe, elle est aussi le seul pays au monde à pouvoir afficher sa présence sur quatre continents. Seule l'Asie lui échappe. Une situation qui pourrait être compensée à condition que les liens tissés lors de la période coloniale, notamment via la francophonie, soient réactivés. Avec le Royaume-Uni, jusqu'au début du vingtième siècle la France est l'un des deux seuls pays dont le drapeau ne voit jamais le soleil se coucher. Quel pays peut, aujourd'hui, se targuer d'une telle présence sur le planisphère ?

Le tourisme maritime, gisement d'emplois...

Pourtant, la mer n'est pas totalement absente de l'imaginaire populaire. Avec la présentation au Festival de Cannes, en 1956, de son Monde du silence, Jacques-Yves Cousteau a su réveiller les consciences sur la beauté fragile des écosystèmes marins. Les disciples d'Éric Tabarly continuent à faire rêver les navigateurs en herbe. Mais si l'amour de la grande bleue suscite des vocations d'océanographes et de skippers redoutés dans les courses au large, il ne permet pas à de grands capitaines d'industrie d'émerger, à l'exception du tourisme. L'aventure Club Med des frères Gilbert et André Trigano en est le meilleur exemple. Mais là encore, la France peut mieux faire.

En effet, selon une étude de l'Insee, l'économie maritime tricolore employait en 2012 environ 450 000 personnes. Recensés par l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) et l'Observatoire national de la mer et du littoral, ces emplois recouvrent une multitude d'activités, qu'elles soient traditionnelles (pêche, conchyliculture, construction navale, activités portuaires, tourisme...) ou émergentes (énergies marines renouvelables, biotechnologies...). Quels sont les secteurs qui emploient le plus ? Ceux les plus en pointe dans le domaine technologique, énergétique, ou écologique ? Raté. Seules 8000 personnes travaillent dans le secteur de la production d'énergie. Ils ne sont que 1 000 à oeuvrer dans l'extraction de matériaux marins. En revanche, le tourisme littoral emploie 228 000 personnes. S'ils représentent la moitié des travailleurs de l'économie maritime, ils sont assez peu si l'on compare leur nombre aux 2millions de personnes travaillant au total dans le tourisme. Ce sous-développement du tourisme maritime explique-t-il pourquoi la France métropolitaine se fait tailler des croupières par l'Espagne ainsi que par les pays à bas coût du Maghreb et de l'Adriatique ?

La situation est-elle plus réjouissante dans les DOM-COM, les ex-TOM devenus Collectivités d'outre-mer ? Tant s'en faut. Ces confettis de l'empire colonial français tirent très peu parti de leurs atouts. Sur ce point, les experts interrogés par La Tribunes'accordent pour citer la loi Girardin comme la principale, voire l'unique initiative gouvernementale permettant de soutenir les économies ultra-marines. Or, cette niche fiscale, qui offre des avantages aux contribuables métropolitains investissant en outre-mer dans l'optique de développer l'économie de ces territoires, profite surtout au secteur immobilier.

... Mais sous-exploité en métropole et en Dom-Com

Pendant ce temps, le tourisme est en berne. Bien que ces destinations fassent rêver, le tourisme dans les DOM-COM est sous-développé. Selon le rapport annuel de la Cour des comptes publié en février 2014, le tourisme ne représentait alors que 7 % du PIB de la Guadeloupe, 9 % de celui de la Martinique et 7,7 % de celui de la Polynésie française. À La Réunion, il ne pèse que 2,6 % du PIB. Et la Cour d'enfoncer le clou :

quand la Martinique accueillait 487 300 touristes en 2012, la République dominicaine recevait la visite de plus de 4 millions de vacanciers. Quand, cette même année, La Réunion accueillait 446 500 touristes, l'Île Maurice en comptait le double. Bien évidemment, en faisant fuir les touristes de cette région du monde, la propagation du virus Zika sur le continent américain, au début de 2016, n'a pas arrangé les choses.

Nouveau symbole de cette errance politique, Mayotte, devenu département français en 2009, est à la dérive. « Les infrastructures sont déficientes, les services publics très mal assurés notamment dans le domaine de la santé, et la dangerosité est très forte en raison de l'afflux massif de Comoriens illégaux. De fait, la majorité des entrepreneurs mahorais songe sérieusement à quitter l'archipel. Pourtant, que ce soit dans le tourisme ou la production d'épices, les opportunités de Mayotte, qui pourrait être une plaque tournante commerciale entre l'Île Maurice, Madagascar, l'Afrique du Sud et le Mozambique, sont importantes », expliquait en juin dernier Thibault Lanxade, le vice-président du Medef en charge des PME, à peine de retour de Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte.

Nouveaux créneaux pour entrepreneurs mériens"

Les temps sont-ils peut-être en train de changer ? Progressivement, accompagnant les révolutions technologiques en cours, quelques grands groupes investissent en mer, essentiellement dans le secteur du développement durable. Les pôles de compétitivité, les clusters dédiés au monde marin, tentent de mobiliser les énergies. Notamment celles des entreprises innovantes et en particulier des plus petites d'entre elles. Dans la cosmétique, l'agroalimentaire, l'énergie renouvelable notamment, des startups font également de la mer leur terrain de jeu. De beaux projets ont vu le jour. Des pépites ancrées sur quelques niches se sont si bien développées qu'elles font aujourd'hui l'objet des convoitises des investisseurs nationaux ou étrangers. C'est par exemple le cas de Goëmar. Basée à Saint-Malo, la PME innovante spécialisée dans les vaccins pour les plantes a été rachetée en mars 2014 par le japonais Arysta LifeScience.

Sans jeu de mots, quelques figures de proue apparaissent dans le domaine entrepreneurial. Le navigateur Marc Thiercelin en fait partie (lire pages 4 et 5). En 2015, il fonde La Company Thiercelin, une startup aux défis multiples : la création d'une académie de la voile, le tournage d'une série documentaire sur la mer avec Arte et la constitution d'une flotte de trimarans Ultime. Le skipper n'en est pas à son coup d'essai dans le domaine entrepreneurial. Avec sa Fondation de l'Or bleu, il veut faire souffler un vent nouveau sur les métiers de la mer, ceux d'hier bien sûr, mais surtout ceux de demain, notamment dans l'énergie, la santé, le transport, la R & D, l'alimentation, la biotechnologie, l'urbanisme, le loisir et la sécurité, entre autres. Parmi les activités à développer, la Fondation suggère par exemple le démantèlement de navires, dont 95 % des matériaux sont jugés réutilisables, ou encore le nautisme, pour lequel les besoins d'infrastructures et en particulier de capacités d'accueil, sont criants. Selon ses estimations, les ports français ne comptent que 226 000 places alors que 422 000 bateaux sont actuellement actifs.

 

@Fpiliu

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LE CHIFFRE

11 millions de km2

C'est la surface totale cumulée des territoires tricolores, terrestres et maritimes.

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ENCADRÉ

Mer territoriale, plateau continental, ZEE: que dit le droit de la mer ?

C'est à partir de la ligne de base que sont mesurées les largeurs des zones maritimes sous la juridiction d'un État côtier. Celle-ci est normalement constituée par la laisse de basse mer, c'est-à-dire la limite des zones toujours couvertes par la mer, quelle que soit la marée.

La mer territoriale peut s'étendre jusqu'à 12 milles marins (22 kilomètres) à partir des lignes de base qui la séparent des eaux intérieures au sein desquelles se nichent les ports, les havres, les rades, les estuaires et les baies historiques.

Une fois dépassée cette première limite, l'État côtier exerce des droits souverains en matière économique sur plusieurs espaces. Il s'agit du plateau continental, la bordure immergée du littoral descendant en pente douce sous la mer qui s'étend jusqu'à 200 milles marins (370 kilomètres) à partir des lignes de base.

Juridiquement, lorsqu'elle existe, la zone économique exclusive (ZEE) se superpose au plateau continental.

Mais, alors que les droits relatifs au plateau continental sont indépendants de toute revendication, ceux liés à la ZEE n'existent que si l'État côtier a explicitement créé celle-ci dans le respect du droit de la mer, et des droits des autres États côtiers.

Celle-ci est d'une largeur maximale de 200 milles à partir des lignes de base.

Selon la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer, l'État côtier dispose dans une ZEE de « droits souverains aux fins d'exploration et d'exploitation, de conservation et de gestion des ressources naturelles, des eaux sus-jacentes aux fonds marins, des fonds marins et de leur sous-sol ».

L'État côtier peut y réglementer l'activité de pêche, notamment fixer le volume autorisé des captures.

À noter, un pays peut revendiquer le droit d'étendre sa zone économique exclusive au-delà des 200 milles traditionnels et jusque dans une limite de 350 milles en faisant entrer en ligne de compte, études géologiques à l'appui, les limites de son plateau continental. F. P. 

 Source

 

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