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Les humanitaires sous pression à Gaza après l'arrestation de deux travailleurs en Israël

Publié par MaRichesse.Com sur 11 Août 2016, 08:06am

Catégories : #GUERRE, #PAIX

Les humanitaires sous pression à Gaza après l'arrestation de deux travailleurs en Israël

Les autorités israéliennes ont annoncé les arrestations de deux travailleurs humanitaires actifs dans la bande de Gaza. Ces deux Palestiniens étaient au service de grosses organisations internationales. Ils sont accusés d'avoir détourné les moyens de leurs employeurs au profit du Hamas. Le mouvement islamiste, autorité de facto dans la bande de Gaza, est considéré comme organisation terroriste par Israël et par les pays occidentaux.

Mohamed Halabi était le directeur à Gaza de la grande ONG chrétienne américaine World Vision. Il aurait versé des dizaines de millions de dollars prévus pour des projets de développement au Hamas. World Vision a dit prendre ces accusations très au sérieux, tout en s’interrogeant sur l'invraisemblance de certains éléments transmis par la justice israélienne. Les montants que Mohamed Halabi est accusé d’avoir détournés (plus de 7 millions de dollars par an) dépassent de loin l'ensemble du budget de World Vision pour à Gaza (un peu plus 2 millions de dollars en moyenne).

La seconde arrestation a visé un ingénieur qui travaillait pour le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) depuis 13 ans. Walid Borsh a été inculpé en Israël pour avoir fourni une assistance matérielle au Hamas. Il supervisait le déblaiement des décombres laissés par les bombardements israéliens de 2014. L’ingénieur aurait accepté que des camions des gravats servent à la construction d’une jetée bâtie par le Hamas pour ses activités navales. L’acte d’accusation précise qu’il s'agit de sept camions de gravats, sur un total de 26 000 camions évacués. Les services de renseignement israéliens ajoutent que l’employé aurait persuadé ses supérieurs d’accélérer les opérations de reconstruction dans les quartiers où vivent des dirigeants du Hamas.

"L’exploitation systématique des organisations onusiennes par les terroristes"

L'évacuation des gravats se poursuit, deux ans après les bombardements israéliens. Israël accuse un travailleur d'en avoir détourné une partie au profit du Hamas.
L'évacuation des gravats se poursuit, deux ans après les bombardements israéliens. Israël accuse un travailleur d'en avoir détourné une partie au profit du Hamas. - © MOHAMMED ABED - AFP

Les autorités israéliennes ont fortement médiatisé ces deux arrestations. Pour l’ambassadeur d’Israël aux Nations unies, il ne s’agit pas de cas isolés, mais "d’une tendance inquiétante à l’exploitation systématique des organisations onusiennes par les terroristes du Hamas".

Le Pnud s'est dit très inquiet de ces affirmations et a promis un examen minutieux des faits dénoncés. Le coordinateur humanitaire des Nations unies pour les Territoires palestiniens, Robert Pipper, a exprimé ses "graves inquiétudes""Ces actes, s’ils sont établis par une procédure légale adaptée, mérite une condamnation sans réserve", dit-il.

De nombreux responsables humanitaires sont en fait choqués par la virulence des accusations israéliennes qui tendent à mettre en cause tout un secteur vital pour les habitants de la bande de Gaza. La population a subi trois guerres et vit toujours sous un blocus strict imposé par Israël et l'Égypte. Deux tiers de la population est dépendante de l’aide étrangère.

Des contacts, mais pas de collaboration avec le Hamas

"Nous sommes assez inquiets, moi et mes collègues d’autres organisations, parce que ça jette une ombre sur l’action humanitaire à Gaza en général", reconnaît Claire Ha Duong, chef de mission de Médecins Sans Frontière à Jérusalem"En soupçonnant des humanitaires de collaborer avec des entreprises terroristes, on jette un soupçon sur tous les humanitaires et leur action. Que cela s’avère ou pas, le doute est lancé. On a peur que cela nuise à l’efficacité de notre travail dans la bande de Gaza."

Les organisations humanitaires actives dans la bande de Gaza entrent parfois en contact avec les autorités locales, et donc des responsables du Hamas. Mais elles veillent à ne pas se laisser instrumentaliser. "Pour ouvrir une clinique, explique la responsable de MSF, nous devons leur demander l’autorisation. C’est nous qui choisissons où, quand et pour quels besoins. Mais s’ils nous l’interdisent, on ne peut pas le faire."

L’orientation politique des travailleurs ne fait pas partie du processus de recrutement qui est basé sur les compétences des nombreux candidats. "Il y a beaucoup de chômage à Gaza, rappelle Claire Ha Duong. Du coup, il y a une énorme pression sur les emplois disponibles. Nous recrutons essentiellement sur base de compétences médicales."

MSF n’a jamais noté de tentative de détournement de l’aide en faveur du Hamas. "Nous avons un accès direct à nos patients dans nos cliniques. N’importe qui peut venir, nous observons une neutralité absolue. Nous refusons juste que les gens viennent armés et ce n’est jamais arrivé. Il serait difficile de détourner quoi que ce soit, puisque, ce que nous donnons, c’est du soin. On pourrait éventuellement voler un pansement ou des médicaments, mais tout cela est très surveillé."

L'impression que l'on cherche à réduire l'aide aux Palestiniens

Des Palestiniens manifestent pour la libérations de Mohamed Halabi, directeur de World Vision à Gaza.
Des Palestiniens manifestent pour la libérations de Mohamed Halabi, directeur de World Vision à Gaza. - © MAHMUD HAMS / AFP

La plupart des organisations actives dans la bande de Gaza préfèrent ne pas réagir publiquement à ces événements, y compris les agences des Nations unies. Toutes dépendent du bon vouloir israélien pour pouvoir poursuivre leurs activités.

"Ce n’est pas la première fois que de pareilles accusations sont lancées, nous confie un autre responsable humanitaire sous couvert de l’anonymat. Mais ce n’est pas toujours correct. Cela donne l’impression que les autorités israéliennes cherchent à augmenter leur contrôle sur nous et à réduire l’assistance aux Palestiniens. Notre réponse, c’est notre impartialité, notre transparence, et aussi notre refus constant de travailler avec le Hamas."

"Personne ne veut collaborer avec une entreprise terroriste, confirme Claire Ha Duong. Par contre, il y a un vrai besoin des populations qui sont enfermées dans la bande de Gaza. Sans les opérations humanitaires, la situation, qui n’est déjà pas brillante, serait vraiment catastrophique.

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