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Les confidences de François Hollande pour 2017

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Août 2016, 11:15am

Catégories : #POLITIQUE, #PEOPLE, #FRANCE

Les confidences de François Hollande pour 2017

Le chef de l'Etat mûrira sa décision de candidature pendant l'été. S'il n'est pas candidat ou s'il est battu en 2017, il ne fera ni comme Giscard, ni comme Sarkozy, qui ont tenté de revenir. Il se mettra « en retrait » de la vie politique.

De notre envoyée spéciale à Rio

C'est le dernier été avant la présidentielle, peut-être le dernier été à l'Elysée. Ce sont, quoi qu'il en soit, deux semaines décisives pour François Hollande, avant le tourbillon de la rentrée politique. Le chef de l'Etat, qui est rentré samedi de Rio où il a défendu la candidature de Paris pour les Jeux olympiques de 2024, restera aux aguets pendant cette «pause» estivale: il tiendra deux conseils de sécurité les 11 et 17 août et fera un ou deux déplacements en France, notamment en Corrèze, jeudi prochain.

Entre deux impératifs, le président prendra quelques jours de repos qu'il passera entre la résidence de la Lanterne à Versailles et vraisemblablement le Sud de la France. L'occasion pour un chef de l'Etat dévoré par la gestion des urgences de souffler un peu et de mûrir sa décision de candidature qu'il doit dévoiler début décembre aux Français. «Ce n'est pas au cœur de l'été que je vais prendre ma décision, a-t-il confié dans le vol qui le ramenait samedi de Rio. Si j'ai dit que je la prendrai début décembre, c'est bien pour avoir tout le temps nécessaire pour la construire et la justifier. Une décision d'être candidat doit être fondée sur d'autres arguments que la seule continuité. J'ai toujours considéré que c'était très difficile pour un candidat sortant, hors cohabitation, de justifier ce que pourrait être un deuxième mandat, qui ne serait pas simplement le prolongement du premier. Il faut une raison suffisamment forte. Le bilan ne suffit pas.»

Une candidature qui fédère

Toujours aussi impopulaire, critiqué par la droite et contesté dans sa propre famille politique, François Hollande, qu'aucune enquête ne qualifie pour le second tour, assure qu'il ne prendra pas sa décision en fonction des sondages. Même si, pour l'heure, c'est un scénario proche du 21 avril 2002 (avec une élimination du candidat de gauche dès le premier tour) qui se dessine. Le risque d'élimination au premier tour, «c'est une question qui peut être posée à tout candidat», observe Hollande, qui n'est pas persuadé que le FN arrivera au deuxième tour. «Est-on candidat pour témoigner, figurer, affirmer ses positions, ou est-on candidat pour gagner?, poursuit-il. Pour arriver au second tour, il faut éviter une multiplication de candidatures et construire une candidature qui fédère».

A Rio avec Teddy Riner.

 

Le chef de l'Etat semble toujours croire qu'il demeure un point d'équilibre pour la gauche et qu'il est le seul à pouvoir faire la «synthèse» sur un certain nombre de sujets clivants, dont l'Europe. Alors qu'à gauche, Arnaud Montebourg etEmmanuel Macron ne cachent pas leur désir de se présenter en 2017, François Hollande fait mine de ne pas s'en inquiéter: «Certains marchent en hauteur (Montebourg fait l'ascension du Mont Beuvray chaque année, NDLR), d'autres horizontalement (Macron, qui a créé son mouvement En marche!), d'autres de côté… Bref, chacun prend ses chemins…», ironise le président, qui ne croit pas que la période «historique», marquée par le terrorisme et les incertitudes (Brexit, etc.), soit propice à la multiplication des tours de chauffe électoraux. «La réalité s'impose, analyse le président. La réalité, c'est qu'on ne fait pas de la politique pour faire un petit tour mais pour arriver à un résultat. Si nous étions dans une période sereine, calme, avec une économie dynamique, des candidatures pourraient s'échauffer mais on n'est pas dans n'importe quelle période.»

Hollande assure qu'il ne déterminera pas non plus son choix de briguer un deuxième mandat en fonction du candidat de la droite. «Ça ne changera pas la réalité, argue-t-il, à savoir que la droite aura un seul candidat. C'est la force des primaires. C'est pourquoi je n'ai jamais écarté par principe toute initiative politique qui fait qu'au final, il y aura moins de candidatures.»

S'il est candidat, Hollande jouera donc le jeu de la primaire, sans faire mine de rester sur son Aventin. Et tant pis s'il doit quitter ses habits régaliens. «Une campagne, vous redescendez, argue-t-il. Si vous ne redescendez pas, vous restez là-haut et c'est terminé pour vous. Si vous n'acceptez pas de redevenir citoyen, prendre les coups, si vous ne refaites pas tout le parcours, on ne veut pas de vous et on a raison. Il n'y a pas de candidat de droit divin. A chaque fois qu'un candidat a voulu faire le président, il n'a jamais été président».

 

Hollande se dit persuadé que le terrorisme impactera la campagne. Mais si la droite va nécessairement faire assaut de propositions pour mieux lutter contre le terrorisme, le chef de l'Etat juge que la gauche devra, elle, répondre à la question du vivre-ensemble et se poser en rempart contre toute «tentation autoritaire». «Il ne faut pas être dans le débat sur les mesures, explique-t-il. On a déjà pris énormément de décisions, augmenté les moyens… La question, c'est dans quel pays on veut vivre? Comment on change de mode de vie sans changer de règles de vie? L'élection présidentielle doit porter sur ce qu'on peut faire ensemble, ce qu'on doit faire ensemble».

D'autres thèmes seront au cœur de la prochaine présidentielle, croit-il: la question institutionnelle (la longueur de la procédure législative), la question démocratique ou encore la lutte contre les inégalités. Le président anticipe que Nicolas Sarkozy fera campagne sur «l'autorité» et la protection. Et qu'Alain Juppé tentera lui aussi de capitaliser sur la «droitisation de l'électorat de droite» mais sur un autre terrain (économique et social), en rappelant qu'il a été jadis l'un des plus fervents partisans de la réforme contre une droite chiraco-séguiniste plus attentive à la fracture sociale.

Peu de regrets

Aujourd'hui, François Hollande a peu de regrets. Le débat sur la déchéance de la nationalité et la loi travail, qui ont braqué les électeurs de gauche et empoisonné les neuf derniers mois de l'exécutif, lui auront peut-être ôté ses dernières chances de réélection. Mais Hollande ne regrette rien sur le fond. Tout juste aurait-il aimé avoir plus de temps pour mieux ficeler la loi travail, dont le calendrier a été repoussé à cause des attentats de novembre. Idem pour la déchéance: le président regrette la longueur des débats et des procédures, qui n'a pas permis de conclure «avant la fin de l'année», mais sur le fond, il continue de croire que cette mesure «symbolique» était une réponse à l'onde de choc du 13 novembre.

A moins d'un an d'une présidentielle délicate pour la gauche, le président ne peut pas faire l'économie d'une réflexion sur la fin du pouvoir. Lui qui n'a jamais été ministre observe qu'il a exercé le pouvoir «assez peu longtemps». Et qu'il n'est pas «accroc» à une vie plus «dense» ou à un «soit-disant confort», même s'il ne cache pas sa passion pour la politique. En janvier 2012, Nicolas Sarkozy qui doutait de sa réélection avait confié qu'il arrêterait la politique s'il perdait la présidentielle. Il avait alors longuement vanté les mérites d'une possible nouvelle vie, loin du pouvoir et de ses contraintes. «Il était sincère, analyse Hollande a posteriori. A ce moment-là, il a un doute, il se dit qu'il y a une vie ailleurs…»

Interrogé sur l'après-pouvoir, Hollande assure que lui ne tentera pas de revenir. «Etre battu exige une retraite, un retrait, confie-t-il. Ça me paraît impossible de repartir, de se présenter à telle élection législative. Je ne me vois pas briguer un mandat. Giscard, quand il avait terminé son mandat, avait 55 ans. Moi, j'aurai près de 63 ans... Ce qui ne vaut pas dire ne plus s'intéresser à la politique ou même parler politique, intervenir dans le débat politique. Mais briguer un nouveau mandat ou redevenir premier secrétaire du PS, ça non…» Un sourire: «Je veux rassurer Jean-Christophe Cambadélis».

Au-dessus de la mêlée

Quoi qu'il en soit, Hollande entend rester «dans l'action présidentielle» jusqu'à la fin de l'année, en espérant que tout ne soit pas interprété comme calcul électoral: «Ce ne serait pas bon pour le président, pas bon pour le pays». Puis viendra le temps de la campagne, à partir de janvier.

Avant cela, la rentrée du président sera placée sous le signe de l'international et de l'Europe. François Hollande retrouvera Angela Merkel et Matteo Renzi sur l'île de Ventotene en Italie, le 22 août, pour préparer le sommet post Brexit de Bratislava du 16 septembre. Il recevra à Paris les sociaux-démocrates européens le 25 août. Début septembre, il s'envolera pour la Chine (G20) et le Vietnam. Puis, les 20 et 21 septembre, il sera à New York pour la traditionnelle assemblée général de l'ONU. Une rentrée loin de Paris et par la force des choses au-dessus de la mêlée, alors que les candidats à la primaire de la droite affuteront leurs armes et que la gauche fait sa rentrée en ordre dispersé. «Je n'ai pas besoin d'aller rajouter ma voix (à ce tumulte, NDLR), faire des commentaires sur les uns ou sur les autres, être dans la précipitation», philosophe le chef de l'Etat. Donner du temps au temps.

Lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Rio.

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