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Conseils, science, sante et bien-être


Les boissons relaxantes tiennent-elles leurs promesses ?

Publié par MaRichesse.Com sur 16 Août 2016, 15:11pm

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #BOISSON, #SCIENCE

Les boissons relaxantes tiennent-elles leurs promesses ?

Signe des temps : après les boissons énergisantes, voici les boissons... relaxantes. Finie l’ère de la compétition ? Pas si sûr, mais l’heure est au calme. Après le fast, le slow. Le bien-être est tendance et l’industrie agro-alimentaire l’a bien compris. Plus de 400 boissons dites relaxantes seraient ainsi commercialisées dans le monde. Leurs noms: Vacation in a bottle, Relaxing Soda, Mary Jane’s ou Marley’s Mellow Mood qui surfent sur l’image du chanteur Bob Marley… Elles promettent d’apporter la sérénité aux consommateurs grâce aux actifs naturels qu’elles sont censées contenir. La vogue, venue d’outre-Atlantique où le marché explose, gagne peu à peu l’Europe : Slow Cow, une boisson lancée au Québec en 2008, prétend désormais « aider les Français à se relaxer ». La cible : les"cadres stressés, étudiants surchargés, parents surmenés, métronautes énervés, athlètes fatigués". Alors, zénitude assurée?  

 

L-théanine, l’antistress de base

La plupart de ces boissons contiennent de la L-théanine, un acide aminé présent dans le thé, qui favorise la détente. Les effets positifs de cette substance sont plutôt bien documentés. Une étude publiée en 2016 (1) montre que, chez des adultes de 18 à 40 ans, elle réduit signifi cativement le stress dans l’heure qui suit son absorption en agissant sur les ondes alpha du cerveau, activées lors de la méditation par exemple. Elle accroît le taux de sérotonine, de dopamine et de GABA, trois neurotransmetteurs qui interviennent dans la régulation de l’humeur et des capacités cognitives comme l’apprentissage et la mémoire¬(2).

L’impact de la L-théanine s’observe à des doses allant de 50 à 200 mg, une cannette en affichant jusqu’à 100 mg. "Pour des raisons de qualité, il vaut toujours mieux en privilégier l’origine naturelle au synthétique, estime Robert Anton, professeur émérite de la Faculté de pharmacie de Strasbourg et expert européen. Attention en cas de traitement : la L-théanine peut interagir avec les cytochromes, des enzymes participant au métabolisme des médicaments (3)." 

 

Un cocktail de plantes sédatives…

Les boissons relaxantes se composent de plantes censées leur conférer des propriétés "calmantes". Ainsi, une bouteille de 250 ml de Slow Cow est constituée de 75 mg de camomille, autant de passiflore et de valériane, 50 mg de tilleul et de houblon. Des ingrédients aux vertus neurosédatives connues. "Il y a une cohérence dans la formule, chacun des composés apportant effectivement une note apaisante", déclare Robert Anton. Prises isolément, les doses sont inférieures à celles recommandées qui se situent entre 200 et 500 mg d’extrait pour la camomille, par exemple. "Mais le mélange peut éventuellement potentialiser leurs effets", poursuit l’expert. 

 

... dont on connaît mal la composition

La désignation "relaxante" ne correspondant à aucune définition réglementaire, il n’y a donc aucune garantie d’efficacité. "La dénomination internationale, la forme galénique et la partie de la plante utilisée doivent être précisées sur l’étiquette pour que l’on puisse évaluer leur constitution chimique et leur qualité", poursuit Robert Anton. Or, sur trois boissons testées par la revue américaine indépendante Consumer Reports (4), deux contenaient moins de produits actifs qu’annoncé et une en contenait davantage ! Et les plantes ne figuraient parfois qu’à l’état de traces. Autre risque pour le Dr Jean-Michel Morel, président du Syndicat national de la phyto-aromathérapie : "Les préparations ne sont pas personnalisées selon les besoins de chacun."  

 

Les plantes ne sont pas toujours anodines 

C’est le cas du houblon, qui renferme de l’hopéine, un dérivé de la famille des flavonoïdes. Celui-ci a une action oestrogénique susceptible d’entraîner des troubles hormonaux à faibles doses (50 mg) et dont l’usage est déconseillé chez les femmes enceintes et celles ayant un antécédent de cancer du sein. Le houblon ne fait d’ailleurs pas partie des plantes autorisées dans les compléments alimentaires par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF)(5).

Aux États-Unis, certains sodas relaxants renferment du kava, un tranquillisant naturel potentiellement toxique pour le foie, ou de la mélatonine (1 mg chez Marley’s Mellow Mood), une hormone qui agit sur l’endormissement. En France, la mélatonine est considérée comme un médicament au-dessus de 2 mg. "À long terme, la crainte est la dépendance, car la mélatonine est produite par l’organisme qui, en cas d’apport extérieur, en fournira moins", avertit le Dr Jean-Michel Morel. 

 

Attention aux enfants

En 2015 aux États-Unis, la revue Consumer Reports a fait état de cas d’enfants ayant présenté des vomissements, nausées et maux de tête suite à l’ingestion de Marley’s Mellow Mood. Du coup, la Food and Drug Administration a mis en garde le fabricant à propos de la mélatonine que contient cette boisson, considérée comme un additif alimentaire non approuvé (6). En France, la DGCCRF recommande de signaler sur l’étiquette la présence de valériane, déconseillée aux moins de 12 ans.

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