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Le gouvernement veut-il vraiment protéger notre vie privée?

Publié par MaRichesse.Com sur 23 Août 2016, 04:19am

Catégories : #FRANCE, #VIE

Le gouvernement veut-il vraiment protéger notre vie privée?

Un choix forcément binaire.

Sans surprise, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et son homologue allemand Thomas de Maizière ont annoncé, mardi 23 août, qu'ils allaient lancer un plan en plusieurs volets pour lutter contre le terrorisme en Europe, et comme l'indique Le Figaro, l'un de ces volets concerne le chiffrement, un procédé de cryptographie qui permet de protéger nos données –et donc par extension celles de criminels et terroristes– en les rendant illisibles pour personne d'autre que l'émetteur et le destinataire (vous et votre ami, ou vous et votre banque, par exemple):

«Les deux ministres souhaitent notamment proposer à la Commission européenne une loi soumettant les services de messagerie en ligne aux mêmes obligations que les opérateurs télécom, afin de les forcer à collaborer dans le cadre d'enquêtes antiterroristes.»

Le tout, tout en assurant ne pas vouloir remettre en cause le chiffrement «pour éviter des polémiques»:

@BCazeneuve : "pas question de remettre en cause le chiffrement des échanges", pour "éviter polémiques"

 
 

@BCazeneuve veut que "dans le cadre de procédures judiciaire", des coms chiffrées "puissent être identifiées et utilisées comme preuves"

 
 

Le problème des backdooors

«Une façon de déminer le terrain, alors que les sourcils se froncent de plus en plus», estime Télérama, quand La Tribune évoque «un subtil jeu d'équilibriste que Bernard Cazeneuve et le gouvernement maîtrisent à la perfection»:

«Pas à une contradiction près, Bernard Cazeneuve a bien précisé qu'il ne s'agissait pas de remettre en cause le chiffrement, qu'il considère utile pour la sécurité des communications en général. Mais... Si le problème est le contenu chiffré sur des messageries comme Telegram, et que l'objectif est d'accéder à ces informations, alors il faut casser le chiffrement. Et pour cela, il faut obliger les entreprises en question à créer des "portes dérobées" (backdoors), c'est-à-dire des passages secrets, comme un petit trou dans une combinaison étanche –qui du coup ne le serait plus–, pour permettre aux forces de police et aux services de renseignement de récupérer le contenu visé.»

Et ça, comme nous l'avons rappelé à plusieurs reprises, il s'agit d'un problème qui inquiète une grande partie des experts informatiques, qui assurent en chœur que si on laisse une vulnérabilité quelque part (pour que des forces de police aient accès aux données par exemple), c'est, comme l'expliquait le journaliste Glenn Greenwald, prendre le risque que des pirates, d’autres services de renseignement (chinois, iraniens, russes…) ou d’autres acteurs non-étatiques trouvent cette vulnérabilité et décident à leur tour d'en profiter.

Quiproquo gouvernemental

Pour en revenir au chiffrement, le gouvernement a largement brouillé les signaux ces derniers mois. La Tribune rappelle ainsi justement qu'il «a retoqué tous les amendements visant à attaquer le chiffrement dans la loi Numérique, adoptée en juin dernier. Mieux: il a même laissé passer un article qui ajoute aux missions de la CNIL celle de promouvoir le chiffrement...»

Cette loi Numérique était portée par le secrétaire d'État au Numérique, qui semble assez marginalisée dans toute cette histoire. Comme l'indique Rue89, par la voix d'Axelle Lemaire, «officiellement, la France pense que le chiffrement est une bonne chose».

«En mai dernier, quand une rumeur insistante évoquait la préparation à Bruxelles d’un texte sur le sujet, et avant ça en novembre, quand Rue89 la recevait, Axelle Lemaire l’affirmait alors sans détour: “Il n’y a pas de volonté de lutter contre le chiffrement en France.”

Ce “choix du gouvernement” s’incarne selon elle dans un volet de la loi numérique, qui ajoute aux missions de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) celle de promouvoir le chiffrement.»

Et quand «Bernard Cazeneuve promet des “propositions” sur le sujet», reprend Rue89, Axelle Lemaire répète son argumentaire sur Twitter:

.@tryonisos Dans la loi République numérique la promotion du devient 1 mission officielle de la Cnil.

 
 

.@tryonisos Pourquoi ? Parce que le  protège les citoyens, les entreprises, et l'Etat.

 
 

La secrétaire d'État ne s'est d'ailleurs pas privée de relayer la tribune du Conseil national du numérique la veille de l'annonce des ministres franco-allemand. Son président Mounir Mahjoubi et d'autres personnalités y assuraient notamment que «limiter le chiffrement, c’est affaiblir la sécurité sur l’ensemble des réseaux»:

«Chaque jour, le chiffrement protège des milliards d’individus contre des cybermenaces qui se font toujours plus redoutables. Il est donc le levier majeur de la confiance dans l’univers numérique. C’est grâce au chiffrement que nous pouvons effectuer un virement bancaire en toute sécurité. C’est grâce au chiffrement que nous pouvons stocker nos données de santé dans un dossier médical partagé (DMP) en ligne.»

Nul doute que les prochaines réunions gouvernementales sur le sujet risquent d'être tendues. 

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