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Conseils, science, sante et bien-être


«Le bore-out, c’est la détérioration mentale et physique d’une personne»

Publié par MaRichesse.Com sur 29 Août 2016, 08:24am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #CERVEAU

«Le bore-out, c’est la détérioration mentale et physique d’une personne»

Christian Bourion est rédacteur en chef de la Revue internationale de psychosociologie, docteur en sciences économiques et auteur de l’ouvrage Le Bore-out syndrom (Albin Michel, 2016). Il y explique comment l’inactivité au travail peut être synonyme de grande souffrance.

 

Pouvez-vous rappeler ce qu’est le bore-out ?

Le bore-out, c’est la détérioration mentale et physique d’une personne, induite par deux conditions simultanées: à la fois le respect, par la structure ou l’entreprise, du contrat de travail de l’individu (versement d’un salaire etc.) et, en même temps, la transgression du contrat psychologique implicite qui les lie aux employés. Dans le cas du bore-out, cette transgression est le fait de ne confier aucune mission au salarié, ce qui détruit toute notion de confiance et de bienveillance. Il faut bien distinguer travail et activité: on peut avoir le premier mais ne rien faire, ce qui fait que les gens se déstructurent complètement.

Selon vous, une personne salariée peut-elle souffrir de cette pathologie lorsqu’elle n’est même plus tenue de se rendre au travail mais continue à être payé ?
 

Oui, tout à fait. Non seulement son contrat de travail est rompu car elle n’a plus d’activité professionnelle alors que, légalement, elle est censée l’exercer, mais, en plus, le contrat psychologique est brisé: elle ne peut pas travailler, même si elle en a envie. Que cette personne se rende au bureau ou bien qu’elle reste chez elle, le résultat est le même, dans le sens où elle est inactive. Le bore-out se caractérise par quatre étapes: d’abord l’ennui au travail, puis une réaction des salariés pour chercher une solution. Vient ensuite la dépression profonde, pendant laquelle la personne se déstructure, puis, la «sortie par le haut», où le malade trouve un autre travail. Mais les quatre étapes peuvent être simultanées. En tout cas, le fait d’alerter quelqu’un sur sa situation de souffrance est déjà très positif.

Dans une société où la valeur travail est si forte, est-il tout de même possible de s’épanouir quand on n’occupe pas d’emploi ?

Il y a quelques années, la réalisation personnelle se construisait autour de la famille. Puis, avant guerre, il y a eu une inversion: maintenant, la majorité des gens construisent leur réussite sur le professionnel. Mais, en soi, l’emploi est seulement un vecteur de transformation de l’individu, car en ayant une activité, il fait des efforts pour répondre à des tâches et problèmes et ainsi apprend des choses. Or, c’est de la stimulation du cerveau que viennent le plaisir et la satisfaction. Donc quelqu’un qui ne travaille pas, mais qui est confronté à des problématiques qu’il faut résoudre, ou qui agit, apprend, peut être fier de lui. En revanche, tous ceux qui n’ont pas d’objectif, c’est simple, ils «meurent». Si vous voulez «tuer» quelqu’un, c’est facile: vous le mettez dans une pièce où il n’y a absolument rien à faire. Si cette personne ne réussit pas à se créer un imaginaire intérieur, elle va peu à peu tout lâcher. C’est typiquement ce que l’on appelle la mise au placard. 

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