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Conseils, science, sante et bien-être


La pharmacie postale, un recul pour les patients

Publié par MaRichesse.Com sur 2 Août 2016, 09:55am

Catégories : #CANADA, #SANTE-BIEN-ETRE

La pharmacie postale, un recul pour les patients

Permettez-moi d'émettre des réserves concernant cette pharmacie dont Stéphanie Grammond prétend qu'elle est d'avant-garde.

Pour cela, j'aimerais décrire ma journée de travail régulière. Au-delà de l'analyse et de la vérification de prescriptions et de piluliers pour m'assurer que mes patients reçoivent les bons médicaments, j'ai eu à faire plusieurs consultations pharmaceutiques ainsi que plusieurs interventions auprès de médecins pour régler certains problèmes pharmacologiques. 

J'ai effectué un ajustement de warfarine dont le résultat reçu était anormal et qui nécessitait un ajustement de dosage. J'ai aussi questionné mon patient sur ses habitudes de vie et les changements dans son alimentation pour tenter d'expliquer les résultats anormaux. 

Aussi, j'ai fait le suivi auprès d'un autre patient, pour lequel j'ai demandé un test de laboratoire afin d'évaluer son traitement pour le diabète. Le résultat m'a confirmé que ce patient est à grand risque de développer des complications, qu'il aurait besoin rapidement d'un ajustement de son traitement et un suivi plus étroit de sa thérapie. Ce patient n'a pas vu de médecin depuis plus d'un an et ses ordonnances étaient échues! 

Bilan en fin de journée : 15 patients n'ont pas eu à se rendre à l'urgence de l'hôpital!

Comment pouvons-nous faire toutes ces analyses et ces suivis de façon optimale dans un contexte de pharmacie postale?

Quelle est la valeur économique réelle de mes interventions, qui ont potentiellement sauvé des hospitalisations au-delà du coût de la médication pour mes patients et du coût pour notre système de santé?

Une pharmacie postale gère-t-elle de façon efficace un patient qui va sortir de l'hôpital un vendredi soir et qui aura ses médicaments pour la douleur seulement le mardi suivant?

Et pour une prescription d'antibiotique dont le traitement doit être débuté rapidement?

 

Que dire sur les consultations des nouvelles activités de la loi 41 et de la contraception orale d'urgence sans la présence du patient pour poser toutes les questions pertinentes?

Difficile d'assurer un bon suivi de traitement et d'atteindre les standards de pratique dans ces conditions. On a beau mobiliser les ressources technologiques, rien ne remplace la rencontre du pharmacien et son patient!

La pharmacie postale doit aussi s'assurer de standards pour livrer les médicaments. Un changement de température sur certains médicaments peut être néfaste pour la santé du patient. Ces facteurs sont-ils contrôlables par Postes Canada, dont la pharmacie utilise le service?

Postez simplement un médicament, sans vérifier l'enseignement au patient et la bonne utilisation du médicament, ce n'est pas sorcier et c'est loin d'être révolutionnaire. Mais qui va s'occuper réellement des patients vulnérables, ceux qui requièrent le plus de soins de santé? 

La solution serait d'adapter une approche clinique axée sur la valeur ajoutée du pharmacien et offrant un service spécialisé, s'intéressant à la globalité de la santé des patients, en plus d'approfondir les soins pharmaceutiques et cliniques.

Pour faire cela il faut voir régulièrement son patient, ce qu'offrent les pharmacies traditionnelles.

Le débat ne devrait jamais s'arrêter uniquement sur le simple coût d'une prescription pour la santé de la population.

En terminant, je dirai qu'il faut magasiner les services de son pharmacien et non les prix des prescriptions, puisque les médicaments ne sont pas des biens de consommation ordinaires, ni dépourvus de risques. 

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