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Conseils, science, sante et bien-être


La durée de l'obésité favorise les cancers

Publié par MaRichesse.Com sur 21 Août 2016, 11:34am

Catégories : #OBESITE, #CANCER, #SANTE-BIEN-ETRE, #SPORTS

La durée de l'obésité favorise les cancers
Le risque de tumeur au sein et à l'endomètre (utérus) est accru après des décennies passées en surpoids.

 

L'obésité n'est pas la seule cause de cancers mais elle y contribue. Pour chaque décennie passée en surpoids à l'âge adulte, les femmes ajoutent 7% à leur risque de cancer du sein survenant après la ménopause et 17% à celui d'avoir un cancer de l'endomètre (muqueuse de l'utérus). Globalement, le risque de cancer lié à l'obésité est accru de 7% par décennie passée en surpoids. Des surrisques moyens qui sont encore majorés en cas d'obésité importante.

«Nous savions déjà à partir d'études précédentes qu'il existait un lien entre l'obésité et plusieurs sortes de cancers», explique Melina Arnold, épidémiologiste au Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l'Organisation mondiale de la santé, à Lyon, et première signataire de l'article paru dans la revue en ligne Plos Medicine du 16 août. «Dans notre étude, ajoute-t-elle, nous avons pour la première fois évalué la façon dont la durée du surpoids et de l'obésité au cours de l'âge adulte impactait le risque de développer un cancer.»

Melina Arnold s'est donc plongée, avec une douzaine de collègues de différentes universités américaines et israéliennes, dans les données recueillies depuis les années 1990 auprès de 74.000 femmes ménopausées, âgées de 50 à 79 ans lors de leur recrutement, dans une étude baptisée Women's Health Initiative (WHI). L'inconvénient de la WHI est qu'elle ne comporte que des femmes, américaines de surcroît ; elle permet en revanche de suivre au cours des années la trajectoire pondérale des femmes, dont la corpulence a été régulièrement évaluée. 

 

Des résultats biologiquement plausibles

Avec une douzaine d'années de recul en moyenne, seulement 40% des femmes n'ont jamais été en surpoids. Et pas moins de 30% d'entre elles ont été obèses (indice de masse corporelle d'au moins 30 kg/m2). Pour les femmes concernées par ces kilos en trop, les chercheurs ont calculé que la durée moyenne «d'exposition au risque» était de trente et une années pour le surpoids et de vingt années pour l'obésité. «Nos résultats sont biologiquement plausibles, explique l'épidémiologiste. En effet, il a été démontré qu'une exposition précoce et prolongée au surpoids augmentait le risque et la gravité de l'hypertension, la résistance à l'insuline, l'inflammation chronique, les lésions de l'ADN et les modifications du métabolisme hormonal. Des mécanismes clés connus pour augmenter le risque du cancer.»

Pourquoi le risque de cancer de l'endomètre ne devient-il statistiquement significatif, dans cette étude, qu'après vingt-six années de surpoids? «À la ménopause et sans relais par un traitement hormonal ménopause (THM), le facteur de risque supplémentaire que représente l'obésité peut alors apparaître», suggère le Dr William Jacot, oncologue à l'Institut du cancer de Montpellier. 

 

Le rôle des hormones sexuelles stéroïdes

«Il y a différents facteurs et mécanismes qui lient l'obésité au cancer, selon l'organe concerné, précise Melina Arnold, et pour le cancer de l'endomètre, on connaît le rôle majeur joué par les hormones sexuelles stéroïdes.»«Pour le cancer de l'endomètre, l'obésité est vraiment un facteur de risque majeur, en particulier via l'insulinorésistance et la production d'œstrogènes», complète le Pr Anne Gompel, responsable de l'unité de gynécologie endocrinienne (Cochin-Hôtel-Dieu, Broca).

D'ailleurs, tant que les femmes ménopausées de la WHI qui sont en surpoids prennent des traitements hormonaux combinés (œstrogènes et progestérones), l'étude du CIRC montre qu'il n'y a pas d'augmentation significative du risque de cancer de l'endomètre. Ce qui n'est pas le cas pour le sein. Pour ces femmes, ménopausées en surpoids sous THM: «Le risque de cancer du sein reste plus élevé, écrivent les auteurs de l'étude, même si c'est à un niveau plus faible que chez celles qui n'ont jamais pris de THM.»

Faut-il traiter les femmes obèses ménopausées par THM? «Cette étude conforte d'autres données, issues de l'étude Million Women Study publiée en 2005, en montrant qu'il n'y a pas de surrisque de cancer du sein mais une protection pour l'endomètre à donner des THM comportant des progestatifs à des femmes ménopausées obèses», souligne le Pr Gompel.

Enfin, l'augmentation du risque induit par l'obésité pour certains cancers est progressive pour le côlon, le sein, le rein. «Cela signifie que tous ceux qui ont été en surpoids n'auront pas forcément un cancer ni que le surrisque apparaît dès le premier jour passé avec des kilos en trop, pondère Melina Arnold, et de plus toutes les conclusions de notre étude ne s'appliquent pas directement à chacun, personnellement. Les causes du cancer sont multifactorielles, ce qui signifie qu'à la fois la génétique et l'environnement peuvent jouer un rôle.» 

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