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La candidature Trump menacée d'implosion

Publié par MaRichesse.Com sur 16 Août 2016, 14:48pm

Catégories : #POLITIQUE, #ETATS-UNIS, #MONDE, #PEOPLE

La candidature Trump menacée d'implosion

Malgré sa chute dans les sondages et une défiance croissante dans son propre camp, le candidat républicain à la Maison-Blanche croit toujours en ses chances et refuse de réorienter sa campagne.

 

Soudain, après avoir battu la campagne sabre au clair et crinière au vent, Donald Trump se fige et semble gagné par le doute. L'homme pour lequel il n'est de pire insulte que loser envisage la possibilité d'un échec dans sa course à la Maison-Blanche. «Si dans quatre-vingt-dix jours je finis second, alors que je suis censé être le plus intelligent et avoir beaucoup de bonnes idées, ce ne sera pas si grave. Je retournerai à une vie très douce», a-t-il déclaré jeudi dernier sur NBC.

Cette sobre analyse, inédite de sa part, ne procède pas d'un examen de conscience. Au contraire: c'est parce que, pressé de toutes parts de changer sa manière de faire campagne, il s'y refuse, que le candidat républicain à la Maison-Blanche évoque l'hypothèse d'une défaite le 8 novembre face à Hillary Clinton. Une série de mauvais sondages, non seulement dans des États âprement disputés - la Floride, la Pennsylvanie, l'Ohio -, mais aussi dans des bastions républicains traditionnels - l'Arizona, la Géorgie, la Caroline du Nord -, met clairement sa candidature en danger. Les élus républicains à travers le pays tirent la sonnette d'alarme et sont de plus en plus nombreux à briser les rangs. Le spectre de son effondrement avant la ligne d'arrivée devient même une hypothèse de travail pour la cohorte grandissante de ses adversaires dans son propre camp.

 

Donald Trump va-t-il en tirer les conséquences en corrigeant la trajectoire de sa campagne? «Je vais juste continuer à faire ce que je fais, répond-il sur NBC. À l'arrivée, soit ça marche, soit j'aurai de très longues et belles vacances.» Quand Bill O'Reilly, sur Fox News, s'inquiète du peu de moyens déployés sur le terrain pour mobiliser les électeurs, il minimise le problème: «Je ne suis pas convaincu que nous en ayons besoin.» À une journaliste qui lui demande «Vous vous rendez compte que la campagne est différente maintenant (de celle des primaires) ?», il rétorque: «Non. (…) Ce qui doit arriver arrivera. Je suis direct avec les électeurs. Je ne sais pas si ça va marcher parce que je ne suis pas un professionnel de la politique, et ça, j'en suis fier. Mais je fais un super boulot, politiquement.»

Le promoteur immobilier sur lequel personne ne pariait au début des primaires est persuadé d'avoir pris la température du pays comme nul autre. Son principal critère d'analyse paraît être le nombre et l'enthousiasme de ses supporteurs, pour lesquels aucune salle n'est assez grande. À ceux qui jugent suicidaire son mépris pour les règles classiques d'une campagne présidentielle, il oppose un scepticisme fondé sur sa faculté démontrée de déjouer les pronostics: «J'écoute des gens qui me disent d'être moins agressif, plus gentil, moins brutal. OK, je veux bien. Mais personnellement, je ne suis pas sûr que ce soit ce que veut le pays», déclare-t-il au magazine Time.

Cette fondamentale divergence de vues avec l'appareil du Parti républicain est d'une certaine façon arbitrée par les sondages. Il est désormais distancé par Hillary Clinton de 9 points en moyenne en Pennsylvanie, de 8 points en Virginie, de 11 points dans le Colorado, de 7 points dans le New Hampshire… Mais aussi, quoique par des marges plus étroites, en Floride, dans l'Ohio, en Géorgie, en Caroline du Nord, dans l'Iowa, l'Arizona, le Nevada… L'homme qui, juste après la convention de son parti à Cleveland, promettait de l'emporter dans des États «auxquels les républicains ne pensent même pas depuis des décennies» tant ils sont solidement acquis aux démocrates fait maintenant entendre un autre son de cloche. «Nous avons un énorme problème dans l'Utah», confie-t-il devant des pasteurs évangéliques. Dans l'Ohio, «nous avons besoin d'aide». En Virginie, «tout dépendra de la mobilisation des électeurs chrétiens». En Pennsylvanie, «la seule façon qu'Hillary ait de gagner, c'est en trichant dans certaines parties de l'État».

L'accusation récurrente d'une élection «truquée» résiste mal à l'examen. Les États sont responsables de l'organisation des scrutins, et 31 sur 50 sont gouvernés par des républicains. S'il y est en danger, c'est plutôt parce que 60 % des électeurs du Grand Old Party (GOP) désapprouvent ses provocations, de la querelle avec la famille d'un soldat tué en Irak à l'accusation selon laquelle Obama a «fondé l'État islamique» en passant par l'allusion semblant inciter les militants du port d'armes à agir contre Hillary Clinton. Mais Donald Trump semble imperméable à ces reproches. «Je ne comprends pas que nous ne soyons pas largement en tête», a-t-il dit à ses partisans en Floride. C'est forcément un «complot»: il commence d'ailleurs à enrôler des «observateurs» pour surveiller le vote du 8 novembre.

Le candidat s'enferme ainsi dans une logique qui l'isole de plus en plus. Pour tout vainqueur des primaires, démocrate ou républicain, le défi de la présidentielle consiste à élargir sa base. Trump, lui, ne cesse de la réduire. Il est écrasé par Clinton auprès des minorités - en particulier noires et latinos - et fait à peine jeu égal auprès des indépendants, le premier bloc électoral du pays (39 %). À moins de trois mois du scrutin, c'est devenu tellement inquiétant que les pressions des dirigeants républicains virent à l'ultimatum.

Plus de cent d'entre eux viennent de signer une lettre ouverte au président du Comité national du parti, Reince Priebus, le suppliant de réorienter l'argent et la logistique disponibles vers les autres enjeux du 8 novembre (le renouvellement de la Chambre des représentants, d'un tiers du Sénat et de 12 postes de gouverneur). «Tout dollar dépensé sur Donald Trump est un dollar gaspillé en faveur d'un candidat qui affaiblit le GOP», écrivent-ils. Bon nombre de grands donateurs républicains ont déjà fait cette analyse et ne misent plus un sou sur lui. Sa candidature peut-elle imploser avant la ligne d'arrivée? Il y a péril en la demeure. Selon le quotidien du Congrès The Hill, s'il n'a pas redressé la barre d'ici à la Fête du travail (Labor Day), le 5 septembre, son parti le laissera tomber. C'est ce qui était arrivé à Bob Dole en 1996, lorsque sa défaite face à Bill Clinton ne faisait plus de doute.


Remplacer «le Donald»?

L'hypothèse est plus qu'improbable. Le candidat républicain croit toujours fermement en ses chances et n'est pas du genre à s'effacer. En dépit des efforts de certains élus ou de mouvements comme Dump Trump ou Never Trump, il est impossible de l'y forcer. La clause n° 9 du règlement du Parti républicain prévoit la possibilité de remplacer un candidat à la présidentielle «en cas de mort, d'incapacité ou autre», ce qui est assez vague. Les 168 membres du Comité national républicain se réuniraient alors avec deux options: soit convoquer une nouvelle convention - mais il est un peu tard -, soit choisir eux-mêmes un remplaçant.

Ces représentants des cinquante États exprimeraient le même nombre de voix que leur État comptait de délégués à la convention. Ils pourraient choisir n'importe qui, pas nécessairement l'un des vaincus des primaires, ni même l'un des leurs. Mais le casse-tête serait dans la mise en œuvre d'un tel changement. La plupart des délais fixés par les États pour être inscrit sur les bulletins de vote sont en train d'expirer (le 10 août dans l'Ohio, le 15 en Pennsylvanie, etc.) Outre la complication logistique de faire réimprimer les bulletins dans cinquante États, l'opération ne manquerait pas d'être contestée en justice par les démocrates à peu près partout. Autant dire qu'à la convention de Cleveland, le Parti républicain a lié son sort à Donald Trump pour le meilleur et pour le pire. 

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betty 18/08/2016 14:19

On a l'impression qu'il sabote volontairement sa campagne présidentielle.

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