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Conseils, science, sante et bien-être


La bombe atomique affecte moins les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki qu’on ne le pense

Publié par MaRichesse.Com sur 18 Août 2016, 02:23am

Catégories : #GUERRE, #SANTE-BIEN-ETRE, #JAPON

La bombe atomique affecte moins les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki qu’on ne le pense

Une synthèse de près de 100 papiers scientifiques sur le sujet montre que notre perception des effets médicaux de la bombe nucléaire lancée sur Hiroshima et Nagasaki est déformée par rapport aux résultats réels.

Le 6 août 1945, une bombe nucléaire de 15.000 tonnes de TNT (unité de base de mesure de l’énergie libérée par l’explosion) s’abat sur la ville d’Hiroshima, au Japon. Trois jours plus tard, le 9 août, une seconde, plus puissante (20.000 tonnes de TNT), est lancée sur Nagasaki, à 400 km de la première. Ces deux bombes, lâchées à l’initiative du gouvernement américain pour poser un ultimatum à l’État japonais à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, font près de 200.000 morts et des milliers de blessés en quelques jours. Mais qu'arrive t-il aux autres, ceux qui ont survécus à l'explosion mais ont été touchés par les radiations? 

Dès 1947, la fondation américano-japonaise Atomic Bomb Casualy Commission, devenue en 1975 la Radiation Effects Research Foundation, lance une étude sur 120.000 survivants des bombardements (100.000 exposés directement et 20.000 non-radiés) et 77.000 descendants de victimes, afin d’analyser les effets à posteriori des rayons sur leur santé et leur espérance de vie. Au total, près d’une centaine de papiers scientifiques sont écrits au fil des années, aujourd’hui résumés par Bertrand R. Jordan, directeur de recherche émérite au CNRS.

Impact quantifiable, mais limité

En toute logique, les études mettent en corrélation l’exposition aux radiations et le nombre de cas de cancer chez les survivants du bombardement: plus les radiations sont fortes, plus on trouve un nombre de cancers supérieur à la normale: chez les survivants radié à hauteur de 1 gray (Gy) [soit 1.000 fois la dose annuelle reconnue comme acceptable aujourd’hui], il existe une hausse de 42% du nombre de cancer.

Cependant, comme l’explique le professeur Jordan, il ne faut pas tirer de conclusions hâtives:

«Il serait erroné de dire que tous les survivants [à des radiations de 0.5-1 Gy, ndlr] sont touchés par le cancer, puisque, même parmi eux, la fraction de malades est seulement d'un peu plus de 20%, dont moins d'un tiers pour lesquels le cancer est directement imputable à l'exposition aux radiations.»

En clair, le taux de radiation entraîne une augmentation significative du nombre de cancer, mais la grand majorité des radiés n’est pas atteinte. Il n’existe pas non plus d’influence majeure sur l’espérance de vie: une année de perdue pour ceux exposés à 1Gy de radiation. À titre de comparaison, la Russie a, elle, perdu cinq ans d’espérance de vie entre 1990 et 1994, «à cause des problèmes sociaux ayant impacté la santé et les conditions de vie des habitants», explique Bertrand R. Jordan.

Pas de maladie chez les descendants

Autre pavé dans la mare des croyances populaires: les radiations n’affecteraient pas les descendants. Si l’étude des enfants de radiés est encore en cours –précision importante, elle ne tient pas compte des radiés in-utero–, elle n’a, pour le moment, pas mis en lumière des cas de malformation ou de maladie génétique dûs à l’exposition des parents: la fréquence de malformation à la naissance chez des enfants dont les deux parents ont reçu de haute dose de radiation est de seulement 0,7%, ce qui est extrêmement bas:

«Cela ne veut pas dire que les radiations reçues par les parents n’ont pas de conséquences génétiques, mais uniquement que ce n’est pas détectable avec nos technologies. [...] L’étude pourrait montrer à l’avenir des effets secondaires que nous avons manqués, mais ils semblent qu’ils soient tout de même fortement limités», modère Bertrand R. Jordan.

S’il ne faut en aucun cas se servir de cette étude pour minimiser les impacts du nucléaire sur les populations, il faut néanmoins tenir compte des différences entre notre perception accrue du danger, dûe à à notre manque de connaissance sur le sujet et à notre faible confiance envers les autorités, et les conséquences réelles.

D’autant plus que ces distorsions peuvent fausser le débat public, surtout concernant les programmes énergétiques futurs. Éclaircir les questions relatives au nucléaire est un réel enjeu pour Bertrand R. Jordan, qui affirme qu’expliquer«les conclusions scientifiques au plus grand nombre, quand elles existent, permet un débat neutre et des prises de décisions rationnelles». 

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