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L’or olympique, trésor des petites nations

Publié par MaRichesse.Com sur 9 Août 2016, 05:46am

Catégories : #SPORTS, #MONDE

L’or olympique, trésor des petites nations

Les maîtres-nageurs qui surveillent le bassin olympique de natation (c’est une obligation légale dans l’Etat de Rio) doivent peut-être espérer que Michael Phelps prenne un bain avec toutes ses médailles d’or. Dix-neuf d’un coup autour du cou, il y a de quoi le faire couler et donner enfin du travail aux guarda-vidas. A lui seul, le nageur américain est aussi titré en quatre participations que des pays comme le Mexique, l’Egypte, l’Autriche ou l’Argentine dans toute leur histoire olympique.

Aux Jeux, le jeté de coups d’œil au tableau des médailles est l’un des sports les plus pratiqués, même si c’est une discipline en principe interdite. La charte olympique, même dans son édition récemment mise à jour, précise bien que les JO sont «une compétition entre athlètes et non entre nations». Il n’empêche, tous les pays – à l’exception notable de l’Inde, qui s’en désintéresse comme de sa première batte de cricket – espèrent bien figurer dans le classement. «Je suis le premier à le consulter», nous a même avoué le président du CIO Thomas Bach, qui a l’air de penser que cette entorse au règlement n’est pas très grave.

Lundi, la France se désespérait ainsi de n’avoir toujours pas gagné la moindre médaille d’or. Cela viendra. C’est déjà venu, au moins une fois, pour 17 pays. Le 21 août, au soir du bilan final, ils devraient être une cinquantaine, soit environ un CNO (Comité national olympique) sur quatre. C’est l’une des victoires de l’olympisme que de s’être ouvert à un nombre toujours croissant de pays. Aux Jeux de Séoul en 1988, on dénombrait 31 pays comptant au moins un(e) champion (ne) olympique. Ils étaient 37 quatre ans plus tard à Barcelone et 53 en 1996 à Atlanta. A Athènes, Pékin et Londres, ils étaient 54, avec à chaque fois quelques pays célébrant pour la première fois un titre olympique. C’est déjà le cas à Rio pour le Kosovo et le Vietnam.

Que le Kosovo n’ait jamais obtenu de médaille d’or, et même de médaille tout court, est assez normal: la petite république balkanique (1,8 million d’habitants) n’est reconnue par le CIO que depuis décembre 2014. Pour la première participation aux Jeux olympiques, vendredi lors de la cérémonie d’ouverture, personne n’était mieux indiqué pour porter le drapeau bleu aux six étoiles que Majlinda Kelmendi. La petite judokate (1m61) au sourire placide était la grande favorite de sa catégorie (- 52 kilos). Lors de son second titre mondial en 2014 en Russie, son retour à Pristina était retransmis à la télévision et le président Atifete Jahjaga en personne l’attendait à sa descente d’avion.

En 2012, Majlinda Kelmendi avait participé à Londres sous le drapeau de l’Albanie. «Parce que le Kosovo n’était pas encore reconnu», expliqua-t-elle sereinement dimanche après sa victoire en finale sur l’Italienne Odette Giuffrida. Aucun problème pour elle. «L’Albanie et le Kosovo, ce sont les mêmes gens dans deux pays différents.» En revanche, elle n’aurait pas pu adopter les couleurs d’un autre pays. L’Azerbaïdjan et la Turquie lui ont offert un pont d’or. «J’ai refusé des millions pour prendre la nationalité de certains pays. Mais tout cet argent ne m’aurait jamais rendue aussi fière et heureuse que je l’ai été au moment où le drapeau kosovar a été hissé et où l’hymne a retenti.»

Si les observateurs expliquent facilement sa victoire (une force prodigieuse dans les mains et les bras, là où tout se joue en judo au moment de la prise du kimono adverse), ils sont plus en peine d’expliquer sa méthode. Majlinda Kelmendi s’entraîne dans des conditions dérisoires à Pristina, avec peu de partenaires, pas de soigneur et un minibus pour aller d’un tournoi à l’autre. Mais c’est peut-être cet extrême dénuement qui fait sa force. Elevée à la dure durant la guerre, elle a trouvé dans le judo une manière d’exorciser ses peurs et sa rage. «Dans la vie, je suis souriante et tranquille, mais sur le tatami, je deviens une autre personne.» Une championne olympique.

Si Majlinda Kelmendi s’est refusée à prendre les armes, Hoàng Xuân Vinh le fait tous les jours. Ce Vietnamien de 41 ans est militaire de carrière. Il est aussi champion de tir au pistolet et, depuis samedi 6 août, champion olympique. La date est historique au Vietnam, pays de 92 millions d’habitants qui, en quinze participations aux JO, n’avait remporté jusqu’ici que deux médailles d’argent. Hoàng Xuân Vinh était l’un des plus sûrs espoirs de sa délégation, forte de 23 athlètes seulement (dans dix disciplines). Il n’a pas déçu et, comble de félicité, a gagné en battant le vieil ennemi chinois, en l’occurrence Pan Wei, médaille de bronze.

La nouvelle a été fêtée avec la solennité qui convient pour l’occasion dans un pays communiste. «Cette victoire vient de l’esprit de courage et de la détermination de l’athlète, de ses entraîneurs et des investissements faits avant les jeux olympiques par l’Etat vietnamien», a déclaré le ministre des Sports, Nguyen Ngoc Thien, en n’oubliant personne. Les réseaux sociaux n’ont pas été en reste. Seul le nouveau héros national, à qui le régime a promis une prime d’Etat de 100 000 dollars (près de 100 fois le salaire annuel moyen), est finalement resté sobre. Il participe mercredi au tir à 50 m, avec l’espoir de faire grimper son pays au tableau des médailles. 

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