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JO: le corps humain a-t-il atteint ses limites?

Publié par MaRichesse.Com sur 4 Août 2016, 04:16am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #SPORTS

JO: le corps humain a-t-il atteint ses limites?
Les chercheurs de l'Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologie du sport ont remarqué l'apparition d'un plafond physiologique dans la plupart des disciplines depuis les années 1980.

 

«Citius, Altius, Fortius», telle est la devise des Jeux olympiques. «Plus vite, plus haut, plus fort». Pour Henri Didon, prêtre français et auteur de ces mots, «ils sont le fondement et la raison d'être des sports athlétiques». Pourtant, les records du monde sont en danger.

Selon une étude de l'Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologie du sport (Irmes) publiée en 2015 dans Sports Medecine, les performances stagnent. Non seulement les records se font de plus en plus rares mais l'écart entre eux s'affaiblit. «Dans quelques années, il faudra chronométrer les courses au millième de seconde près pour continuer à avoir des records du monde», estime Jean-François Toussaint, directeur de l'Irmes. 

 

Produits dopants

En analysant les dix meilleures performances réalisées chaque année dans 147  disciplines depuis le début du XXe siècle, les chercheurs français ont remarqué l'apparition d'un plafond physiologique dans la plupart des disciplines depuis les années 1980. Ainsi, les 10 meilleures athlètes du 400 m féminin peinent depuis trente ans pour s'éloigner de la barre des 8 m/s alors que celle-ci se situait encore autour de 7,3 m/s en 1960. Ce même phénomène de saturation est observable dans de nombreuses disciplines comme le triple saut masculin, la natation, 100 m et 200 m nage libre, ou encore le tir à l'arc. «Nous avons atteint les limites humaines», estime Geoffroy Berthelot, chercheur à l'Irmes et coauteur de l'étude.

De nombreux facteurs sont entrés en jeu pour permettre aux athlètes d'aller aussi vite, aussi haut et aussi fort que possible. En tête de liste, «la guerre froide et la professionnalisation des sports ont amplifié l'esprit de compétition et permirent une progression très rapide», explique Geoffroy Berthelot. Afin de toujours éloigner les rivaux géopolitiques, les techniques et les stratégies de course ont été affinées, les mouvements optimisés pour limiter les pertes d'énergie. Parfois dans l'excès, avec une utilisation très répandue de produits dopants notamment dans de très nombreux pays de l'Est et de l'Ouest. 

 

Spécialisation par la morphologie

La technologie a sa part de responsabilité. En un siècle, les équipements et les conditions dans lesquelles les athlètes s'entraînent et concourent ont permis de gagner quelques centimètres ou dixièmes de seconde. «En 1936, quand Jesse Owens établit le record du 100 m, il court sur des escarbilles, des cendres de bois brûlé. Aujourd'hui, Usain Bolt court sur des surfaces qui gaspillent bien moins d'énergie», raconte David Epstein, auteur du livre Le Gène du sport aux éditions Talent Sport.

Une fois ces équipements mis en place, l'athlète n'a plus qu'à tirer le meilleur de lui-même dans la limite de sa morphologie. «Aujourd'hui, nous savons que chaque sport demande un profil différent. Pour courir le 100 m, il vaut mieux être grand et puissant alors que c'est l'exact inverse pour un marathon», explique Jean-François Toussaint. Exemple remarquable de ce phénomène de spécialisation par la morphologie, Michael Phelps, champion de natation, et Hicham El Guerrouj, recordman du 1.500 m, ont 18 cm de différence, pourtant leurs jambes mesurent la même longueur. Cela s'explique par la nécessité de posséder un grand torse quand on nage. Un attribut au contraire très pénalisant en demi-fond. 

 

«Nous ne pouvons pas courir aussi vite qu'un guépard»

«Les athlètes ont compris qu'ils devaient exploiter leur morphologie dans les disciplines qui leur convient le mieux», estime le chercheur. Quitte à en abandonner certaines. Ainsi, alors que les Scandinaves, aux gabarits imposants, dominaient le demi-fond dans les années 1970, la montée en puissance d'Africains plus petits les décennies suivantes les ont fait chuter du classement. Leur morphologie leur permettant des records inatteignables pour les Scandinaves qui ont petit à petit abandonné cette discipline.

«Cette histoire de plafond maximal dans les performances n'est peut-être pas un mal, estime Geoffroy Berthelot. L'espèce humaine est la seule à pouvoir faire de la physique nucléaire, en contrepartie, nous ne pouvons pas courir aussi vite qu'un guépard. Il faut l'accepter.» 

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