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Histoire des noms et prénoms des Israélites du Maroc

Publié par MaRichesse.Com sur 23 Août 2016, 16:20pm

Catégories : #AFRIQUE, #VIE

Histoire des noms et prénoms des Israélites du Maroc

Le sujet et dossier des noms juifs du Maroc et d’Afrique du Nord, a souvent été traité et développé, à travers de nombreux ouvrages de référence :  Ismaël Hamet en 1928 dans un petit livret: Les Juifs du Nord de l'Afrique: noms et surnoms. Maurice Eisenbeth (Alger, 1935) et Joseph Tolédano (Jérusalem, 1999) traitent des noms de familles des trois pays d'Afrique du Nord (Algérie, Maroc et Tunisie). Jacques Taieb comprend la Libye en plus de l'Algérie, Maroc et Tunisie. Abraham Laredo (Madrid, 1978), uniquement dédié aux noms des Juifs du Maroc et pour finir Paul Sebag (Paris, 2002) ne s'est penché que sur les noms des Juifs de Tunisie.

Ici, nous reprenons un article de Isaac D. ABBOU, publié dans la voix des communautés de 1962 et qui développe assez succinctement mais joliment les origines des noms et prénoms de nos ancêtres.

Je dis bien "nos aïeux", car il n’est plus tellement « tendance » aujourd’hui de nommer, comme vous le découvrirez, nos progénitures de tels prénoms anciens, la tendance francophone, anglophone, hébraïque et biblique a repris le dessus et pour exemple, le prénom de « Liam » sera préféré à « Rahamim », celui de « Adina » sera surement plus choisi que « Sollica », etc. Au mieux, il sera préféré à titre d’hommage à un parent défunt et aimé, mais uniquement en deuxième prénom. Ce sera aussi par souci de donner un prénom avec une consonance et sonorité plaisante ou moderne. Mais tout cela est bien légitime car il est la marque d’une époque, d’une société, de l’esprit d’un individu ou d’une collectivité.

Ainsi certains prénoms correspondent à la traduction populaire des prénoms hébraïques ou judéo-arabes : les Soltana deviennent Irène, les Isaac et les Jacob deviennent Jacques, les Michaël se transforment en Michel, les Mesaouda en Fortune ou Fortunée; les petites filles des Hayim – « vie » en hébreu - se féminiseront en Viviane — deux fois « vie » — ; les Abraham sont traduits en Albert et les Ruben en Robert.

Pour ma part, j'ai hérité d'un prénom de la "francophonie prédominante" dans la nomination chez les juifs du Maroc d'une époque. Georges mais également Joseph, qui fut également le prénom en hommage à un oncle paternel.

Bonne lecture !!

Georges Joseph SEBAT

Photo AIU.

Photo AIU.

Quoique les siècles se soient chargés de modifier certains noms de famille, on peut constater qu'un grand nombre de réfugiés d'Espagne habitant l'Afrique du Nord et plus particulièrement le Maroc ont réussi à conserver leurs noms d'origine espagnole ou portugaise. A Tétouan, à Tanger, à Fès, à Meknès et à Rabat, nous relevons des noms très fréquents tels que Pariente, Pimienta, Pinto, Falcon, Franco, Larédo, Garson, Bueno, Gazes, Sasportas, Tapiéro, Pilo, Verdugo, Caro, Monsonego, Marquez Manzano, Pena, Cerezo, Rodriguez, Cabeza Firjuelos, Peso, Vivas (Bibas) etc. Ces noms ont souvent une signification en langue castillane et la plupart d'entre eux sont porté, aussi bien en Espagne qu'en Afrique du Nord et en Orient.

A l'exemple de certaines familles musulmanes originaires d'Espagne, quelques familles juives portent aussi le nom de la ville ou de la province où étaient fixés leurs ancêtres. On doit admettre, par exemple, que les Murciano sont originaires de Murcie, les Tarragano de Tarragone, les Tolédano de Tolède, les Isbili de Séville, les Barchilon de Barcelone, les Marrache de Malaga, les Navarro de Navarre, les Conqui de Cuenca, les Davila de Avila, les Valency de Valence, les Ajuelos d'Ojuelos, les Djian de Jaen, les Bejarano de Beja, les Tapiéro de Tapiro, les Gueron de Gerona, etc.

Comme on le voit, si les premiers ont pu conserver intacts à travers les siècles leurs noms d'origine, les seconds étaient simplement désignés par le nom de la province d'où ils venaient. Peut-être le fait s'explique-t-il par la difficulté que durent éprouver les autochtones à prononcer des noms à consonance espagnole. Vraisemblablement, ils remplacèrent les noms véritables par d'autres plus faciles à prononcer ; la profession ou le métier exercé par chacun, parfois même les tares physiques servirent de motif pour lancer un nom qui se perpétua avec le temps. 

Marchand d'objets en cuivre et le pâtissier - Marrakech 1950.
Marchand d'objets en cuivre et le pâtissier - Marrakech 1950.
 
 

Marchand d'objets en cuivre et le pâtissier - Marrakech 1950.

LES NOMS DE LEUR PROFESSON

Il est certain qu'à leur arrivée au Maroc, bon nombre de Juifs espagnols entreprirent un commerce ou un métier capable d'assurer leur existence. Il y eut certainement des épiciers, des teinturiers, des menuisiers, des orfèvres, des forgerons, des tailleurs, des changeurs de monnaies, des graveurs, des interprètes, etc. Les autochtones avaient, sans aucun doute, trouvé plus simple de les désigner par le nom de leur profession. Le fils de l'épicier (Attar en arabe) devenait Ben Attar, puis Benatar, le teinturier Sebbag ; le menuisier Anidjar ; l'orfèvre Essayag, puis Assayag ou encore Benasayag ; le forgeron El Haddad ; le tailleur Khiat ; le changeur de monnaies Serraf, puis Aserraf ou Benazeraf ; le graveur Nakache et l'interprète Tordjman. Ou peut dire de même pour tous ceux dont le nom indique un métier, avec cette seule nuance que la particule « Ben » se note chez les uns et ne se note pas chez d'autres. Ceux que la nature avait frappé d'un défaut physique se voyaient souvent attribuer le nom même de leur infirmité. Le sourd fut nommé Altars (devenu par la suite Altaraz), le gaucher El Hesri (devenu Lasry), le roux Laskar, Ghekroun, Chocron ; l'homme au bras cassé Edheri (devenu Edery, Dray, Dery) ; l'unijambiste, Bourgel (devenu Abergel, Aborgel, Bergel) ; l'homme au teint verdâtre, Lakhdar, etc. Remarquons encore que certaines familles Israélites portent un simple prénom tenant lieu de nom, devenu par la suite leur nom véritable. C'est le cas des Belicha (Ben Elichah), des Benchmouyal (Ben Samuel), des Benchaya (Ben Ichaïa), des Benichou (Ben Joseph) etc.

Les Cohen et les Lévi ont pu conserver leurs noms sans changement à travers les siècles. Toutefois, ces Cohen et ces Lévi se divisent en branches différentes. Chez les Cohen, on distingue des Cohen-Scali, des Cohen-Khallas, des Cohen-Haddad, des Cohen-Solal et des Cohen-Hadria. Chez les Lévi, des Lévy-Soussan, des Lévy-Fachena, des Lévy-Benchetton, des Lévy-Lebhar et des Lévy-Provençal, ces derniers étant certainement d'origine française. 

 

AUCUNE CONSONANCE EUROPEENNE

Il ne semble pas que l’Algérie, la Tunisie et la Tripolitaine aient reçu autrefois un grand nombre de réfugiés d'Espagne. Les noms qu'on relève dans ces contrées, différent totalement de ceux que nous entendons au Maroc, n'ont aucune consonance européenne et on ne leur découvre même aucun sens arabe. A Oran, on rencontre bien des noms d'origine espagnole, mais ceux-ci sont portés, le plus souvent, par des familles originaires de Tétouan.

On enregistre cependant en Tunisie, une communauté juive d'origine Livournaise, bien que de vieille souche espagnole, qu'on appelle communément les « Grana » et qui fait le pendant de ce que nous appelons Judéo-Espagnols au Maroc. Ces « Grana », jusqu'à ces derniers temps, avaient tenu à vivre absolument à l'écart des Juifs autochtones au point d'avoir leurs cimetières, leurs temples et leurs rabbins particuliers.

Les Hassarfati ou Serfaty, très nombreux en Afrique du Nord, sont d'origine française, de même que les Narboni sont originaires de Narbonne.

 

DE SOUCHE «ACHKENAZE»

On rencontre aussi, ou Maroc, dos Juifs do souche Achkenaz comme les Wizman et les Schloutz dont l'origine serait polonaise, les Loch dont les ancêtres étaient venus d'Alsace et les Majus, nom qui paraît avoir une origine Roumaine,

Nous devoirs convenir que les noms qui n'ont un sens ni en espagnol ni en arabe ne peuvent être que d'origine berbère, Par ailleurs, on sait que «wa» et «o» signifient Ben (fils de) en berbère, ce qui nous amène à dire que tous les noms commençant par «wo», comme Wahnish, Wahnono, Wahknin, Wakrat, etc. et par «o», comme Ohana, Ohayon, Ohnona ou encore par «i» comme Ilouz, Ibghi, Ittah, Ifergan, etc. sont de vieille souche berbère. Ils ne sont peut-être pas moins des Judéo-Espagnols comme les autres, avec toutefois cette seule remarque que leurs ancêtres ayant habité le Sud de l'Andalousie, contrée qui fut pendant longtemps sous domination berbère, ils ont gardé leurs noms de consonance berbère, hypothèse qui n'exclut pas non plus une descendance purement marocaine.

Il est possible, d'autre part, que certains Judéo-Espagnols arrivés en Afrique du Nord aient eu, pour des causes diverses, à modifier leurs noms en leur donnant une signification arabe correspondante. C'est ainsi que Bueno ou Buenos ost devenu Elmaleh au Maroc et Taïb ou Taïeb en Tunisie. 

Bal des enfants, dans ce que l'on appelle aujourd'hui "Le Cercle de l'Union" - Casablanca 1930.

Bal des enfants, dans ce que l'on appelle aujourd'hui "Le Cercle de l'Union" - Casablanca 1930.

CHACUN SELON SA CONVENANCE

On rencontre en Espagne des gens qui portent les noms de Carpintero, Izquierdo, Esterero, Cambiador, Rubio, Falcon, Herrero et il ne serait pas étonnant que des Juifs venus au Maroc porteurs de noms semblables aient cherché eux-mêmes, par une modification appropriée, à les mettre à la portée de leurs coreligionnaires autochtones. Carpintero (menuisier) est devenu Anidjar ; Izquierdo (gaucher) El Hesri ou Lasry; Estororo (nattier) Serrero ; Cambiador (changeur de monnaies) Asseraf; Rubio (roux) Laskar ou Chocron ; Falcon (faucon) Elbaz, Herrero (forgeron) El Haddad ; Ganancia (profit) Abourbeh, etc.

Dans certains cas, chaque milieu sut trouver une traduction à sa convenance. Ainsi, le nom de Vivas qui dérive du mot « vie », a eu en Afrique du Nord des traductions hébraïque ou arabe, selon les régions. A Tétouan, il a pu conserver sa consonance espagnole, sauf pour les autochtones qui, ne prononçant pas la lettre V, en ont fait Bibas au lieu de Vivas. Pour ceux qui ont opté pour une traduction de ce nom en hébreu, ils ont choisi Abenhaïm (arrangé plus lard on Benaïm) tandis que les habitants du Sud en avaient fait Benhehich ou encore Benouahich. Si nous rapprochions maintenant ce même nom et ses modifications avec celui de Ohayon, Hayon, Benhayon, Benayoun, etc., nous le trouverons issu de la même source, puisque le mot «vie » en est la racine. De même, les Aboudarham (probablement d'anciens percepteurs) sont devenus par la suite des Drihem, Bendrihem, Zrihen, Benzrihen.

Enfin, nous relèverons les noms ayant une signification en hébreu. Benzaquen fils de vieux, Benzacar (fils mâle), Bendayan (fils de juge) et d'autres purement hébraïques comme Kadosch (saint ou sacré), Massiah (Messie), Tobelem (beau garçon), Roffe (médecin), Schammash (bedeau ou domestique), etc. Les Abihsera, de leur vrai noir Abi-Hachira (pères de la poésie), et les Benzimra (musiciens), sont les uns et les autres de descendance espagnole et plus particulièrement tolédane.

DES PRENOMS COMPOSES

L'examen des prénoms usités au Maroc mérite une attention particulière. Les Judéo-Espagnols, suivant leur coutume ancestrale, continuent à donner à leurs enfant; les prénoms portés par leurs grands-parents, parvenant ainsi à conserver les prénoms de leurs ancêtres d'Espagne. On est parfois surpris de remarquer dans des villes du Sud du Maroc où les réfugiés d'Espagne n'ont pu être très nombreux, des prénoms féminins à consonance espagnole. Citons ici les plus courants, entendus dans presque toutes les contrées du Maroc, qui ont un sens dans la langue castillane :

Estrella, Luna, Sol, Reina, Rica, Clara, Gracia, Alegria, Preciada, Fortuna, Paloma, Perla, Oro, Orovida, Orabuena, Orduena, etc

On remarque dans la zone espagnole du Maroc des prénoms à forme composée, tel que Sazbona et Azibuena, contradiction et déformation de « Esa es buena » et « Asi es buena » ; ils sont d'ailleurs rarement portés.

A la liste que nous venons d'énumérer, ajoutons les prénoms à consonance italienne, tels que Bonina, Laeticia (devenu Ledicia), Seté (chiffre 7), Donna (Madame), Bella (belle) et FFado qui semble être de consonance portugaise.

Comme nous l'avons déjà vu pour les noms, nous assistons à une évolution ou plutôt à une adaptation des prénoms espagnols, lesquels semblent s'être effacés devant les prénoms arabes de même signification. C'est ainsi que Nedjma a remplacé Estrella, Luna est devenue Kamra ; Chemsa : Sol ; Sultana : Reina ; Freha : Alegria ; Zohra : Perla ; etc.

Cette assimilation fut poussée si loin que, dans un grand nombre de familles, des prénoms uniquement arabes sont donnés aux jeunes filles. Citons-en quelques-uns : :
Aïcha, Rahma, Alla, Meshoda, Hasiba, Jamila, Gimol, Djohra, Zahra, Freha, Nedjma, Chemsa, Kamra, Aziza, Srira, Malia, Saada, Hadra, Menna, Allo, Hanina, Yacot, Macnine, Yamna, Habiha, etc.

Tous ces prénoms ont, bien entendu, une signification flatteuse en arabe, ce qui explique que plusieurs d'entre eux sont aussi portés par des Musulmanes. Dans les villes de l'intérieur, la confusion aidant, on n'a pas cherché à connaître le sens d'un prénom espagnol, si bien que dans une même famille, deux sœurs portent les petits noms d'Alégria et Freha, ou encore de Sultana et Reina, lesquels ont l'un et l'autre le même sens, dans deux langues différentes. 

Divers noms d'Israélites du Maroc.
Divers noms d'Israélites du Maroc.
Divers noms d'Israélites du Maroc.
Divers noms d'Israélites du Maroc.
Divers noms d'Israélites du Maroc.
Divers noms d'Israélites du Maroc.
Divers noms d'Israélites du Maroc.
Divers noms d'Israélites du Maroc.
Divers noms d'Israélites du Maroc.
Divers noms d'Israélites du Maroc.
Divers noms d'Israélites du Maroc.
Divers noms d'Israélites du Maroc.
Divers noms d'Israélites du Maroc.
 
 

Divers noms d'Israélites du Maroc.

UNE ETRANGE ANOMALIE

Une étrange anomalie est relevée dans certaines villes du Nord et plus particulièrement à Tanger. Dans ces régions, où les noms d'origine auraient dû être conservés intacts, il est bizarre d'entendre des prénoms comme Allo, Holla, Gimol, qui paraissent y avoir élu domicile. Rares sont les familles qui n'ont pas leur Gimol à Tanger. Ces prénoms ne sont autres que Alia, Rachel et Jamila, amplement déformés au point de perdre tout sens.

Gibraltar, ville anglaise dont les habitants sont en grande partie d'origine tétouanaise, donne l'impression d'avoir tant concilié en incorporant une terminaison anglaise à certains prénoms arabes ou même hébraïques. De Meshoda, on a fait Messody, de Yacot, Coty, de Miriam, Mery, de Simha, Simy, de Menna, Meny, etc.

Nous terminerons cet examen sommaire par ces trois prénoms, puisés dans la langue hébraïque comme: Simha (joie); Mazaltob (heureuse destinée), Bekhora (fille aînée). Dans l'Europe centrale, la série des petits noms à signification hébraïque est bien plus longue et on y entend souvent des Beroukha (bénie) ; Haya (vivante) ; Heftsiba (mon désir en elle) ; Beria (capable) ; Yehoudith (descendante de Judah), etc. Nous n'aurons pas à citer les petits noms d'essence biblique comme Rebecca, Rachel Léa, etc., ceci étant en dehors de notre étude.

Il résulte donc de cet examen que les prénoms féminins portés dans ce pays, sont à scinder comme suit :
De source biblique : — Exemple : Sarah, Rebecca, Rachel, etc,
De source espagnole : — Exemple : Estrella, Sol, Luna, Rica, etc.
De source arabe : — Exemple : Aïcha, Rahma, Alia, Hadra, etc.
De source hébraïque : — Exemple : Simha, Mazaltob, Bekhora, etc.
Enfin, une cinquième source purement berbère qui ne comprendrait d'ailleurs que peu de prénoms, parmi lesquels Izza, Itta et Tammou.

Communautés Juives du sud du Maroc - Mellah de Aït Bouguemez (Photo Flamand). Mai 1952.

Communautés Juives du sud du Maroc - Mellah de Aït Bouguemez (Photo Flamand). Mai 1952.

LES PRENOMS MASCULINS

Essayons maintenant de jeter un coup d'œil sur les prénoms masculins portés couramment par les Juifs du Maroc.

Abstraction faite de ceux très nombreux puisés dans la Bible et la période postbiblique, plusieurs sont empruntés à la langue arabe. Sur l'origine de ces derniers, nous ne pourrions être très catégorique, vu que les Juifs qui ont habité le Sud de l'Espagne en même temps que les Musulmans ont pu conserver ces prénoms qu'ils ont pu garder depuis des siècles. Il est cependant très curieux d'observer que chez les hommes on n'entend que des prénoms de source biblique, hébraïque ou arabe, alors que pour le sexe féminin le choix des prénoms de langue castillane est très vaste. Indépendamment des prénoms d'essence biblique ou postbiblique, voici la liste de ceux ayant une origine purement arabe, entendus très fréquemment dans ce pays :
Yehich, Yahia, Ayouch, qui dérivent du mot arabe « vie ».
Mojluf, Khalifa, Khalfon, prénoms qu'on donna généralement aux enfants qui ont remplacé les garçons décédés dans une famille.

Meshod, Saluloun, Shid, Saadi, Maimon, Frija, évoquent en langue arabe le bonheur et la prospérité.
Lahziz, Azouz, Lahbib, Elghadi, signifient « êtres chers, aimés ».
Ayad, dérive du mot arabe « aid » (fête).
Sellam, Salem, signifient « bien portant », « exempt du mal ».

On peut dire que les noms ci-dessus ont dû être également usités en Espagne pendant l'occupation maure, puisqu'il nous est donné de relever des Yahia et des Maimon dans l'histoire des Juifs en Espagne musulmane. Il n'est pas superflu d'ajouter que, du temps des Maures en Espagne, Musulmans et Juifs portaient souvent certains prénoms et qu'ils en ont gardé l'habitude en arrivant au Maroc.

Mais, à côté des prénoms purement arabes, nous devons aussi mentionner ceux qui, sans être bibliques, ne sont pas moins d'origine essentiellement hébraïque, tels que Semtob (beau nom) ; Yomtob (beau jour ou jour de fête); Haïm (vie); Habib (cher); Chalom (paix) ; Meir (luminaire) ; Nissim (miracles) ; Menahem (consolateur) ; Rahamim (miséricorde) ; Sasson (bonheur) ; Baruk'h (béni) ; Massiah (Messie), e c. A cette énumération, ajoutons les noms d'anges comme Raphael, Michael, Icoutiel, Immannuel, etc.

Dans l'étude à laquelle nous nous sommes livrés, il ne s'agit de notre part que de déductions où notre imagination s’est donné libre cours. Si nous devions chercher à trop prouver, nous ne prouverions rien. Notre analyse, en la circonstance, ne peut pas être d'une exactitude rigoureuse, chacun de nous ayant une façon particulière de juger de la question et de l'expliquer d'une manière toute personnelle.

 

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