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Feyisa Lilesa: "Je risque d'être tué en rentrant en Ethiopie"

Publié par MaRichesse.Com sur 21 Août 2016, 02:03am

Catégories : #AFRIQUE, #PEOPLE, #SPORTS

Feyisa Lilesa: "Je risque d'être tué en rentrant en Ethiopie"

Médaille d'argent du marathon, l'athlète éthiopien a affiché son soutien aux opposants du gouvernement de son pays. Un geste et des paroles qui risquent de lui coûter la vie.

 

Derrière le Kenyan Eliud Kipchoge, Feyisa Lilesa passe la ligne d'arrivée en deuxième position du marathon. L'Ethiopien croise les poings au niveau de sa tête, un geste qu'il expliquera plus tard en conférence de presse.

"C'est un signe de soutien aux manifestants qui sont tués par le gouvernement de mon pays" dit-il dans des propos restranscrits par L'Equipe. "Ils font le même signe là-bas. Je voulais montrer que je n'étais pas d'accord avec ce qui se passe, j'ai des proches et des amis en prison. Le gouvernement tue mon peuple, les Oromos, des gens sans ressource". Son geste osé contre le gouvernement pourrait-il avoir des répercussions? "Peut-être que je vais être tué, peut-être que je vais être mis en prison, retenu à l'aéroport, ou obligé de partir dans un autre pays".

L'Ethiopie connait actuellement une période de trouble avec des manifestations antigouvernementales suite à l'appel d'opposants appartenant aux deux principales ethnies de la nation (Oromo et Amhara) contre une politique d'appropriation de leurs terres et un autoritarisme du pouvoir, appartenant à l'ethnie minoritaire des Tigréens. Plus d'une cinquantaine de manifestants ont ainsi été tués par les forces gouvernementales. "Les forces de sécurité publiques ont fait un usage excessif et fatal de la force contre des manifestations essentiellement pacifistes qu'a connues la région Oromia", affirmait dans un rapport publié en juin l'organisation Human Rights Watch.

"L'Ethiopie a beaucoup d'ethnies. Certains ont été privés de leurs terres, tués par le gouvernement. On défend nos droits, on veut la paix, la démocratie. Pour mon peuple, c'est important de parler de ces sujets. Il y a des manifestations depuis neuf mois, plus de 1000 décès je pense. C'est dangereux de parler de ça, mais les pays occidentaux supportent ce gouvernement. Pourquoi ?" a-t-il encore ajouté avant de réitérer son geste et d'être applaudi par la salle de conférence de presse. 

Le Comité international olympique (CIO) prendra probablement ses distances avec de tels commentaires, l'expression de points de vue politiques n'étant pas autorisée aux Jeux. Théoriquement, le coureur pourrait même être disqualifié. 

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