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Expats à Shanghai, tous alcooliques ?

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Août 2016, 09:49am

Catégories : #CHINE, #MONDE, #ALCOOL

Expats à Shanghai, tous alcooliques ?

S’il y a une chose que j’ai remarquée chez les expatriés de Shanghai, c’est qu’ils sont davantage portés sur la boisson et les “modes de vie alternatifs” que s’ils n’étaient pas partis en Asie pour prendre part au miracle économique chinois.

On rencontre généralement des membres aguerris de la “communauté expat” dans n’importe quel endroit qui sert de l’alcool, des bars à bière artisanale de Yongkang Road aux clubs surtaxés du Bund [artère chic de Shanghai]. Mais ce qui me frappe le plus, et qui me semble unique dans le spectacle hédoniste offert par les étrangers de Shanghai, c’est l’absence de joie.

Il y a bien une jovialité, mais elle est forcée : la crispation de leur mâchoire et leurs traits tirés trahissent des nuits blanches agitées, des dégustations de vin à répétition et des soirées dans les villas cossues [des quartiers] de Jinqiao et de Hongqiao. C’est comme si l’impact conjugué du choc culturel, de l’ennui, du mal du pays et du cafard susceptibles de frapper tous les étrangers installés en Chine se mesurait directement à la quantité d’alcool qu’ils ingurgitent.  

 

Explosion de la consommation d’alcool

La multiplication des bars et des clubs en construction à travers la ville est directement liée à l’explosion de la consommation d’alcool. Dans les magazines de loisirs destinés aux expats, par exemple, les rares articles vaguement informatifs sur la culture chinoise sont noyés depuis belle lurette par des articles à rallonge sur les nouveaux bars et des publicités pour des boîtes de nuit.

Et ce ne sont plus seulement les célibataires mâles qui sortent en ville. On dénombre de plus en plus de femmes dans les rangs des cadres supérieurs affectés à l’étranger. Le cliché de l’épouse qui se morfond toute la sainte journée dans une villa déserte en éclusant des bouteilles de pinot grigio se décline aujourd’hui aussi au masculin, et touche toutes les nationalités et professions. Ce qui n’a pas changé, en revanche, c’est la tendance des étrangers qui vivent dans les banlieues de Shanghai à conjurer l’isolement et l’ennui en buvant plus que de raison.

Certes, il n’est pas rare, dans la plupart des sociétés de ce monde, que les employés de bureau aillent siroter quelques cocktails à la fin d’une semaine de travail pour décompresser. Mais c’est une pratique particulièrement ancrée dans la vie sociale des expatriés, y compris dans des situations où l’on peut se demander si elle est bien appropriée. Dans quelle autre ville les familles d’expatriés se servent-elles de leurs indemnités pour organiser tous les dimanches de fastueux brunchs au champagne qui se transforment en six heures de cuite, au terme desquelles les parents ont une attitude encore plus puérile que leur petit dernier ? 

 

En famille ou en solo, toujours le même cafard

Malgré ses infrastructures dernier cri, Shanghai manque toujours de lieux autres que les débits de boisson pour les étrangers. Entravés par la barrière de la langue, les expatriés n’ont aucun autre endroit où aller dépenser leur argent de poche. C’est ainsi qu’on peut voir 40 vice-présidents de divers départements Asie sifflant ensemble des bouteilles sur le Bund tous les vendredis soir pendant que leurs épouses, à Hongqiao, s’alcoolisent dans les jardins de leurs résidences.

Les enfants se retrouvent seuls à la maison avec leurs bataillons d’ayi [nourrices] à se demander pourquoi papa et maman ne passent plus de temps avec eux depuis qu’ils sont installés à Shanghai. L’ironie veut que les cadres qui ont laissé leur petite famille au pays cafardent également et qu’on les retrouve eux aussi dans les bars. J’ai rencontré un jour un industriel bulgare qui n’avait pas quitté son tabouret de bar en six ans. Miné par le mal du pays, se languissant de sa femme et de ses enfants, il passait tout son temps en dehors du bureau à écluser de la bière et du whisky.  

 

Des applis pour trouver de la marijuana

Pour l’anecdote, malgré la législation draconienne de la Chine en matière de consommation et de trafic de stupéfiants, le pourcentage d’étrangers qui en consomment en Chine est à peu près le même que dans les pays occidentaux. Les gens qui prennent des drogues récréatives à Shanghai, par exemple, sont les mêmes que ceux qui consomment des drogues à Madrid, Boston ou Leeds.

Il suffit de se promener sur Yongkang Road ou de passer devant les bouis-bouis qui jalonnent Hengshan Road pour voir des trafics de tous types de substances au grand jour, généralement vendues par des Shanghaïens à des hipsters reconnaissables à leur col relevé et à leur fedora. La marijuana fait un tel tabac parmi les légions d’étrangers désœuvrés de Shanghai que des applis ont été créées pour les aider à s’en procurer.

Un phénomène absurde dans une ville qui a tant à offrir. Au lieu de végéter dans leur villa toute la journée, les expatriés de Shanghai devraient peut-être essayer autre chose, par exemple sortir et partir à la découverte de cette culture passionnante. Il suffit pour cela de grimper dans un bus et de descendre à un arrêt au hasard. Il y a des tas de quartiers, comme Songjiang, Yangpu ou Baoshan, dans lesquels les étrangers ne mettent pour ainsi dire jamais les pieds. Croyez-le ou non, mais il y a une vie en dehors des bars à vin de Jing’an [quartier central de Shanghai] et des brasseries de Hongqiao. 

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