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Et Neymar mit le Maracanã en transe

Publié par MaRichesse.Com sur 22 Août 2016, 04:39am

Catégories : #BRESIL, #SPORTS

Et Neymar mit le Maracanã en transe

Le Brésil, l’Allemagne, le Maracanã. Trois mythes du football réunis pour la finale du tournoi olympique. Pas mal pour une épreuve que l’on disait sans intérêt. Mais les Brésiliens l’avaient dit et répété, il leur fallait absolument remporter deux titres ici: le beach-volley et le football. Surtout le football, où il s’agit d’effacer trois traumatismes: une incapacité crasse à gagner à domicile (Coupe du monde 1950 et 2014), un palmarès inexplicablement vierge aux Jeux olympiques (trois finales, toutes perdues, en 1984, 1988 et 2012), une humiliation historique contre cette même Allemagne en demi-finale de la Coupe du monde 2014 (défaite 7-1).

Du Brésil, de l’Allemagne et du Maracanã, c’est le troisième protagoniste de cette finale qui attire le plus l’observateur neutre. Il faut avoir vu au moins une fois ce volcan de béton se réveiller, gronder, palpiter, exploser. Trois heures avant le match, une lave jaune, masse compacte et fluide, sort du métro, s’écoule déjà le long des rampes et glisse silencieusement dans les tribunes.

Un but très tardif

En 1982, pour un match amical Brésil RFA diffusé nuitamment sur la télé française, le gamin avait veillé tard. Le commentateur – pourtant un bavard – avait annoncé que, si le Brésil marquait, il se tairait pour faire entendre le bruit que pouvaient faire 156 000 spectateurs. Cette promesse avait créé une tension d’autant plus extraordinaire que le seul but du match, un une-deux aérien conclu par une volée magistrale de Junior, n’était tombé qu’à la 86e minute. De ce match mythique et fantasmé, il ne reste que Horst Hrubesch, qui a l’air de l’Allemand qui a laissé sa serviette de plage à Copacabana mais qui est bien l’entraîneur de la Mannschaft, et le gamin, désormais en tribune de presse.

A l’époque, le jaune du Brésil contre le blanc de l’Allemagne sur un petit poste en noir et blanc; ça ne donnait pas grand-chose. En vrai, l’impression de la tenue jaune-bleu-blanc des Brésiliens est superbe. Elle date de la perte de la Coupe du monde en 1950. Après ce séisme («Je n’avais jamais vu des adultes pleurer, c’était comme si le pays avait perdu une guerre», écrira Pelé dans l’une de ses autobiographies), le Brésil a abandonné sa tenue blanche qui portait la poisse pour un maillot auriverde. Depuis, il gagne. Sauf au Maracanã, sauf contre l’Allemagne.

La rumeur du stade

Les jeunes Allemands sont tout près d’ouvrir le score mais Brandt trouve la transversale (19e). La première action un peu dangereuse côté brésilien réveille le monstre assoupi. Le bruit du Maracanã est unique. Ample et rond, quasi fermé, le stade offre une caisse de résonance aux sonorités métalliques. Les stades traditionnels ont une acoustique de guitare classique; le Maracanã semble doté d’une pédale wah-wah qui accentue et prolonge la vibration. A chaque action, on croit entendre une gigantesque vague qui s’écrase sur une plage de gravier.

Le public bouillonne chaque fois que Neymar touche le ballon, c’est-à-dire chaque fois que le Brésil est à l’attaque. Il est le buteur, le meneur de jeu, le capitaine, le grand frère, le sauveur. En 2014, le Brésil avait implosé contre l’Allemagne parce, Neymar blessé, il s’en était entièrement remis à Dieu. Seule star brésilienne (avec, à un degré moindre, le Parisien Marquinhos) à être venue renforcer les M23 de Rogério Micale, l’attaquant du FC Barcelone a fait de la conquête de l’or olympique une mission quasi divine.

Un orgasme collectif

C’est sur coup franc qu’il a le plus de chance de réaliser son miracle. Un premier (19e) est un peu trop lointain. Le second (24e) est idéalement placé. Le ballon heurte le dessous de la barre transversale, rebondit sur la ligne et entre dans le but (1-0). Revient alors la promesse du commentateur de 1982. Se taire, fermer les yeux et écouter. Ce n’est pas une explosion, plutôt un craquement qui libère un cri venu des entrailles du Brésil. C’est une transe, un orgasme collectif. Et ça dure, ça dure, ça n’en finit pas.

Le match n’est pas terminé. Les Allemands, qui ont frappé trois fois sur les montants en première mi-temps, égalisent à l’heure de jeu par Maximilian Meyer. Ils n’ont rien fait de spécial pour cela: changement de jeu, décalage, centre en retrait, reprise ras terre (1-1). Deutsche Qualität.

Le Brésil est un pays qui doute facilement de lui-même, mais pas de Neymar. La star change de place, repique dans l’axe, joue plus près du but. Ses efforts n’évitent pas les prolongations. Ce n’est que lorsqu’il montre des signes évidents de fatigue que le public commence à prendre peur. Pour la première fois, les Allemands sont sifflés lorsqu’ils ont le ballon.

Un tir parfait

Si le Brésil doit vaincre sa malédiction, ce sera par l’épreuve du feu: la séance des tirs au but, face aux spécialistes du genre. On redoute l’émotivité des Brésiliens, mais les quatre premiers tireurs réussissent un sans-faute et le gardien Weverton stoppe le cinquième tir allemand. Maracanã explose puis se reprend: il faut encore marquer le dernier tir au but. C’est Neymar qui s’avance et embrasse le ballon. Le scénario est parfait. Le tir aussi.
Alors Maracanã se libère. Ivre de joie, la foule est une houle qui tangue et se lève. Tout le monde pleure, rit, et pleure encore. Folie, folie, folie. 

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