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Conseils, science, sante et bien-être


En Europe, on meurt de moins en moins du cœur

Publié par MaRichesse.Com sur 16 Août 2016, 14:59pm

Catégories : #INFOGRAPHIE, #SANTE-BIEN-ETRE, #EUROPE

En Europe, on meurt de moins en moins du cœur
La mortalité cardio-vasculaire est désormais devancée par la mortalité par cancer dans douze pays d'Europe, dont la France.

 

On oublie parfois à quel point l'Europe a tiré vers le haut la santé des populations. Pourtant, l'amélioration de celle-ci mesurée à partir d'indicateurs de mortalité montre clairement les progrès réalisés au sein de l'Union européenne, ne serait-ce que depuis un quart de siècle. On meurt proportionnellement moins de causes cardio-vasculaires au sein de l'Union, selon l'étude publiée ce 15 août dans le European Heart Journal. «Et l'effet est d'autant plus marqué que l'on est membre de l'Union européenne depuis longtemps », remarque Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille.

Pour réaliser leur étude, les chercheurs du centre de la British Heart Foundation à l'université d'Oxford se sont basés sur les derniers chiffres transmis à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) par 52 pays à la date du 25 novembre 2015. Alors que 33 % des décès annuels qui surviennent dans les pays de l'ancienne «Europe des 15» sont désormais de cause cardio-vasculaire (notamment infarctus du myocarde et accidents vasculaires cérébraux), cette proportion est encore de 38 % pour l'Europe actuelle à 28 membres et elle atteint 54 % dans les autres pays non membres de l'Union européenne. «Le principal résultat est que d'énormes inégalités peuvent être trouvées en Europe, qu'il s'agisse de mortalité, morbidité (conséquences de la maladie, NDLR) et de traitement, avec en général les pires résultats en Europe de l'Est», explique au Figaro le Pr Nick Townsend (université d'Oxford), qui a dirigé l'étude. «Ce n'est pas vraiment une surprise car on observait déjà cette évolution depuis des années, mais l'ampleur des inégalités est choquante», ajoute-t-il.

La qualité du système de santé

Avec son équipe, il a particulièrement étudié dans les différents pays le moment où ce ne sont plus les maladies cardio-vasculaires qui représentent la première cause de mortalité mais les cancers. Une transition qui pourrait refléter la qualité du système de santé, car la prévention et la prise en charge des cancers, pris comme point de comparaison, progressent aussi. C'est d'ailleurs en France, dont la qualité des soins est si souvent louée, que la transition s'est faite le plus tôt. En 1988, selon l'équipe d'Oxford. «Plus probablement entre 1995 et 2000, selon les données de l'étude française Prime, qui a commencé en 1991, ce qui nous rapprocherait de l'Espagne et serait plus cohérent», estime pour sa part le Pr Amouyel.

Une discordance qui pourrait venir d'une différence de méthodologie dans la rédaction des certificats de décès. «D'autant, abonde le Pr Townsend, que si la France est bien sortie en tête des 190 systèmes de santé évalués par l'Organisation mondiale de la santé en 2000, elle ne se distingue pas aussi nettement des autres si l'on considère les différents facteurs de risque cardio-vasculaires: tabac, alimentation, activité physique et alcool.»

Et pas question cette fois de ressortir un quelconque «paradoxe français» selon lequel une faible consommation d'alcool aurait des effets protecteurs sur la santé. «En matière de cancers, il est prouvé que les risques liés à l'alcool sont linéaires, c'est-à-dire qu'ils augmentent proportionnellement à la consommation, quel que soit son niveau», explique le Pr Amouyel.

«La transition des maladies cardio-vasculaires aux cancers comme première cause de décès est un bon reflet des inégalités entre les pays, estime le Pr Townsend, une transition que connaissent les pays occidentaux et en particulier ceux de l'Union européenne.»

Comment expliquer la transition relativement tardive du Royaume-Uni? «C'est vrai si l'on compare à la France, mais la France est l'exception, rétorque le Pr Townsend. Il n'y a que 12 pays qui ont connu cette transition, de sorte que le Royaume-Uni n'est pas en retard par rapport à la plupart du reste de l'Europe.» L'honneur anglais est sauf. «Depuis les années 1960-1970, le Royaume-Uni a connu une plus grande baisse de la mortalité cardio-vasculaire que la France, mais comme nous partions de taux plus élevés, il fallait afficher des progrès plus importants pour que cette transition ait lieu», ajoute le Pr Townsend. Quoi qu'il en soit, «c'est d'abord globalement qu'il faut regarder ces chiffres et ils confirment l'impulsion positive de l'Union européenne, estime le Pr Amouyel, même s'il sera intéressant de voir ce qui se passe au Royaume-Uni dans dix ans».

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