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Donald Trump est-il prêt à utiliser l'arme nucléaire?

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Août 2016, 05:48am

Catégories : #PEOPLE, #GUERRE, #ETATS-UNIS, #POLITIQUE

Donald Trump est-il prêt à utiliser l'arme nucléaire?

Depuis des mois, tout son discours sur la bombe atomique est incohérent et terrifiant. N'est-ce qu'un discours?

«La guerre! C’est une chose trop grave pour la confier à des militaires.» Quand il s’adressait en 1884 au général Boulanger, Clémenceau avait certainement raison. Mais en présence de Donald Trump, on pourrait renverser la sentence: l’arme nucléaire est une chose trop grave pour la confier à n’importe quel civil. Le candidat républicain aux élections présidentielles de novembre a mis la communauté des experts militaires américains en émoi par des déclarations pour le moins intempestives sur l’arme nucléaire. Elles auraient pu passer inaperçuesau milieu de gaffes à répétition, la marque du magnat de l’immobilier qui lui vaut l’appui enthousiaste de ses partisans, des remarques de plus en plus en acides des caciques républicains et des sondages en berne chez les électeurs indécis.

Toutefois l’occasion était trop belle pour ses adversaires de souligner l’incompétence et l’ignorance crasse de Donald Trump sur les sujets stratégiques et internationaux. Interrogé sur la question de savoir d’où il tirait ses connaissances en la matière, il a répondu: des séries télévisées.

 

Dans l’émission de la chaine MSNBC «Morning Joe», le présentateur Joe Scarborough a raconté la semaine dernière avoir parlé avec un conseiller de Trump pour la politique étrangère qu’il n’a pas nommé. Celui-ci lui aurait révélé qu’il y a quelques mois, au cours d’un entretien d’une heure, le candidat lui avait par trois fois posé la même question: «Si nous avons des armes nucléaires, pourquoi ne pas les utiliser?» Le général Michael Hayden, ancien chef de la CIA sous Bill Clinton et George W. Bush, invité de Joe Scarborough, a immédiatement réagi:

«Avec des déclarations pareilles tu fais peur à tes amis et tu provoques tes ennemis.»

 

 

 

L’équipe du candidat républicain a démenti et le conseiller cité ne s’est pas manifesté. Mais ce ne serait pas la première fois que Trump aurait laissé percer ses lacunes en matière stratégique. Dans un entretien à la télévision, il a envisagé l’utilisation d’armes nucléaires tactiques contre l’Etat islamique«Je n’exclus rien,a-t-dit. L’EI frappe et vous ne vous défendriez pas avec des armes nucléaires? Alors pourquoi on en construit?» 

 

Pourquoi ne pas bombarder l'Europe?

Et si on peut les utiliser au Moyen-Orient, pourquoi pas aussi en Europe?«L’Europe est assez vaste», sous-entendu: tout le continent ne serait pas contaminé. Par ailleurs, le candidat républicain a suggéré que les Etats-Unis n’avaient pas à intervenir si un de leurs alliés européens de l’OTAN était menacé. On se demande alors ce qu’on doit le plus craindre: l’abstention d’une Amérique dirigée par Trump ou son activisme nucléaire.

Il a appris au moins une leçon: il faut laisser l’ennemi dans l’incertitude, comme dans la négociation d’un gros contrat immobilier: «Jamais je n’exclurai quoi que ce soit. Je ne vous le dirai pas. Même si je ne voulais pas [employer l’arme nucléaire], je ne vous le dirais pas. Je veux qu’il [l’ennemi] pense que je les utiliserai.» Pour ne pas passer pour un Docteur Folamour, il ajoute: «J’étais contre la guerre en Irak. Je serais le dernier à les utiliser.» Ce qui, vérification faite par les fact checkers américains, n’est pas aussi clair. Trump était plutôt pour la guerre avant mars 2003 et contre après son déclenchement.

En tous cas, il ignore tout, de toute évidence, de la doctrine nucléaire américaine, de son évolution au cours des dernières décennies, du principe de la dissuasion –les armes nucléaires sont produites pour ne pas être utilisées–, des idées de Barack Obama. Peu de temps après son arrivée à la Maison blanche, celui-ci avait prononcé à Prague un discours en faveur de l’élimination complète des armes nucléaires. Vision utopique, qu’il pourrait remplacer avant la fin de son mandat par une proposition plus modeste sur le non-usage en premier de l’arme nucléaire (no first use).

 

Le Maître de la Bombe

Les observateurs américains soulignent que la décision de déclencher le feu nucléaire appartient au président, commander in chief, et à lui seul. Dans une mallette (surnommée «Football»), portée par un officier qui accompagne le président 24h sur 24, celui-ci lit à un général du Pentagone sur un papier (surnommé «le biscuit») un code d’identification et ordonne une frappe quelque part dans le monde. Cette décision n’impose aucune discussion préalable ni aucun contrôle, a fortiori démocratique. C’est une décision souveraine.

Il en va de même en France, comme le notent Jean Guisnel et Bruno Tertrais dans leur livre Le Président et la bombe. Le président est le décideur unique, le«maître de la Bombe». C’est la condition nécessaire à la rapidité de la décision et à la crédibilité de la dissuasion. «Une réalité terrible et une perpétuelle perplexité», disait De Gaulle.

D’où la riposte d’Hillary Clinton aux remarques imprudentes de son adversaire:«On ne peut pas confier l’arsenal nucléaire à quelqu’un qui s’énerve pour un tweet». A quoi Donald Trump rétorque: «Sous pression, je serai étonnement calme». Le monde se demande avec quelque inquiétude si les électeurs américains sont prêts à prendre le pari. 

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