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Conseils, science, sante et bien-être


De l’insuline en pilule

Publié par MaRichesse.Com sur 29 Août 2016, 09:41am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #MEDICAMENT

De l’insuline en pilule

Au moins une piqûre de seringue par jour pour recevoir de l’insuline, tel est le quotidien de plus de 400 millions de personnes diabétiques à travers le monde. N’existerait-il pas une alternative plus pratique et moins douloureuse? Des chercheurs de l’Université de Niagara aux Etats-Unis se sont penchés sur la question. Ils ont développé une pilule d’insuline qu’ils ont présentée le 24 août lors de la 252e réunion de la Société américaine de chimie à Philadelphie.

Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt? «Cela fait plus de trente ans que le principe est étudié, sans succès jusque-là», annonce Jacques Philippe, chef du service de diabétologie à l’Hôpital universitaire de Genève. Le problème majeur est que l’insuline est dégradée dans l’environnement acide de l’estomac et n’est pas absorbée par la membrane intestinale.

Le principe développé par l’équipe de Mary McCourt, membre du laboratoire de recherche américain, paraît bien simple: «Nous utilisons de petites vésicules qui encapsulent l’insuline, selon un principe que nous avons développé antérieurement, le Cholestosome.» L’insuline est donc enrobée par une couche d’esters lipidiques, des molécules qui composent les graisses. Une fois avalées, ces capsules peuvent traverser l’estomac sans se faire dégrader et être ensuite absorbées par les intestins. De là, elles passent dans le flux sanguin, pour être ensuite assimilées par les cellules. Pour l’heure, il ne s’agit que de résultats préliminaires obtenus chez le rat, mais les tests montrent que l’insuline est bien arrivée à destination.

Indispensable à la survie


Naturellement produite par le pancréas, l’insuline est une hormone essentielle à la régulation du taux de sucre dans le sang. Après un apport alimentaire, quand du sucre circule en quantité dans le sang, l’insuline favorise son utilisation et son stockage par les cellules.

Or, les personnes diabétiques souffrent d’une insuffisance en insuline. «Sans cette hormone, le corps ne peut pas survivre», indique David Beran, chercheur rattaché au Centre facultaire du diabète de l’Université de Genève. Depuis la découverte de l’insuline en 1921, les diabétiques peuvent en recevoir un apport externe. Que ce soit sous forme d’injection quotidienne par seringue ou par une pompe à insuline (réservoir d’insuline apposé sur la peau du patient), le traitement est toujours douloureux et fastidieux.

Sur le principe, ces pilules d’insuline pourraient réellement apporter un confort de vie aux personnes diabétiques. Mais il reste encore beaucoup d’inconnues. «Qu’en est-il du dosage? interroge Jacques Philippe. L’insuline est une hormone qui demande une régulation complexe. Il est indispensable de pouvoir constamment moduler son taux, en fonction de l’apport alimentaire et de l’activité physique du patient.» Avec ces pilules, il faudrait savoir exactement en quelle quantité, quand et pour combien de temps l’insuline est présente dans le sang.

«De plus, si elle est régulièrement absorbée au niveau du tube digestif, il y a des risques que le corps produise desanticorps pour s’en protéger. Cela bloquerait potentiellement l’effet de l’insuline, même de celle produite naturellement par le corps», indique le médecin.

Inhalateur cancérigène


Ce n’est pas la première fois que des solutions alternatives à la prise d’insuline sont proposées. L’inhalateur à insuline Exubera a notamment été commercialisé de 2006 à 2008. Puis, il y a eu l’Afrezza de 2015 à avril 2016, une version plus petite et pratique. Faute de succès, selon la version officielle, ces inhalateurs ont très vite été retirés du marché. Ils sont surtout suspectés d’être cancérigènes. «Il existe un problème de sécurité à long terme. On ne connaît pas le risque potentiel de développement de cancers du poumon chez les sujets à risque, par exemple les fumeurs, explique François Jornayvaz du service de diabétologie du CHUV à Lausanne. Afin d’avoir une concentration sanguine suffisante, les doses d’insuline à inhaler doivent être très élevées pour obtenir le même effet qu’une injection sous-cutanée. Or, l’insuline a un rôle de facteur de croissance.»

Au-delà des recherches de l’Université américaine de Niagara, Mary McCourt indique que des pilules à insuline, à prise orale, sont également en cours de développement dans cinq firmes (notamment les sociétés Rhani Therapeutics et Oramed, ou encore le géant pharmaceutique Novo Nordisk). François Jornayaz est optimiste: «La firme israélienne Oramed semble être à un stade de développement relativement avancé. Peut-être qu’une version commercialisable verra le jour dans une dizaine d’années.»

Et la demande sera grande. Il faut dire que le diabète représente un énorme marché. «La Fédération internationale du diabète estime qu’il y a 415 millions de personnes diabétiques au niveau mondial, dont environ 500 000 en Suisse, indique David Beran. Et ces chiffres ne vont aller qu’en augmentant. Ils seraient 642 millions en 2040!» Cette augmentation viendrait principalement des pays émergents, où l’obésité serait en hausse (90% des cas de diabète sont liés à l’obésité). En ce qui concerne la Suisse, on peut citer le vieillissement de la population, qui serait un des facteurs entraînant l’augmentation du nombre de diabétiques. 

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