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Conseils, science, sante et bien-être


Connaissez-vous la pêche électrique ?

Publié par MaRichesse.Com sur 22 Août 2016, 04:21am

Catégories : #ENTREPRISE

Connaissez-vous la pêche électrique ?

« Le chalut électrique ? Une arme de destruction massive perfectionnée. » Fondateur de l'association de protection de l'homme et de l'environnement Robin des Bois , Jacky Bonnemains éprouve un sentiment de colère analogue à celui des fileyeurs dunkerquois et boulonnais. Depuis dix ans, une pêche non conventionnelle provoque des remous dans la moitié sud de la mer du Nord, leur espace maritime. Proscrite enEurope depuis 1998, cette pratique décriée consiste peu ou prou à paralyser les poissons plats au moyen d'un courant envoyé dans les fonds marins pour mieux les capturer une fois délogés des profondeurs.

Contre toute attente, les pays riverains de l'étendue d'eau en question ont obtenu le droit, en 2006, d'équiper 5 % de leurs bateaux en filets garnis d'électrodes « à titre expérimental ». Une technique imparable, selon ses défenseurs, des Néerlandais pour la plupart. Ces derniers plaident la cause d'un chalutage moins nocif d'un point de vue écologique. La manœuvre évite en effet aux pêcheurs de racler le sol à l'aide de chaînes de nature à détruire une bonne partie de l'écosystème. En outre, ces embarcations, délestées de leurs pesants maillons, consommeraient 50 % de fuel en moins. Répondant à une demande d'éclaircissement de l'Hexagone, une équipe de scientifiques du CIEM (Conseil international pour l'exploration de la mer) a d'ailleurs conclu, en 2012, que « la stimulation de l'impulsion électrique peut offrir une alternative écologiquement plus bénigne » que celle du chalutage de fond traditionnelle.

 

Une méthode destructrice et déloyale

Depuis, les Pays-Bas invoquent cet argument dans l'espoir que la Commission européenne consente à les laisser outiller jusqu'à 10 % de leur flottille. En effet, cette méthode d'un genre nouveau a déjà permis aux pêcheurs hollandais d'augmenter de 150 % leurs revenus net, au grand dam de leurs homologues français. « Un engin interdit en France ne devrait pas exploiter nos ressources dans nos eaux », s'emporte Stéphane Pinto, représentant CFDT des fileyeurs au Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEN) Nord-Pas-de-Calais/Picardie. Fidèle du port de Boulogne-sur-Mer, il dénonce un procédé déloyal, dont on ignore le véritable impact. Et de pointer un alarmant constat : « On s'est aperçu d'une diminution constante du stock de poissons dans les eaux françaises. » Pas étonnant, si l'on considère le tonnage de leurs concurrents, que la pêche électrique a multiplié par trois. « De 1 000 tonnes, ils pêchent maintenant à 2 000 voire à 3 000 tonnes ! » tempête-t-il. De quoi faire bientôt main basse sur l'espèce constituant 90 % du chiffre d'affaires des fileyeurs de la côte d'Opale : la sole.

Chargé de mission sur les questions environnementales au CRPMEM, Antony Viera compatit : « Ça fait quatre ans qu'on tire la sonnette d'alarme. » Pour l'ingénieur, nos voisins ont trouvé une combine habile pour renouveler leurs navires. Il s'explique : « Les Hollandais étaient dans le collimateur depuis quelques années parce qu'ils ont recours au chalutage classique. Les experts du CIEM ont jugé bon qu'ils cessent de gratter les fonds marins avec des chaluts à perche. » Seule ombre au tableau : ce groupe de travail basé au Danemark est présidé par un... Néerlandais. « Ça fait un peu conflit d'intérêts… » déplore Antony Viera. Toujours est-il que la pêche électrique reçoit, chez ces chercheurs, un accueil de plus en plus mitigé.

 

Fractures, brûlures et hémorragies

Les (rares) études sur ce mode de prise révèlent que les poissons visés présentent des taux anormaux d'hémorragies et de ruptures de la moelle épinière. Individus vulnérables, les cabillauds se brisent souvent la colonne vertébrale, conséquence du sursaut provoqué par la charge. Les coquillages, embryons et autres juvéniles ne passeraient pas non plus à travers les mailles. Quant aux victimes collatérales, cibles indirectes du champ magnétique, leur peau écoperait de brûlures. « En tant que protecteur des animaux, on estime que cette méthode inflige une cruauté tout à fait inutile aux espèces concernées », clame le président de Robin des Bois. Si elle appâte d'ores et déjà les Belges, la pratique n'a pas la cote sur notre territoire, où règne une pêcherie artisanale. Du moins pas pour l'instant. « La France risque d'être prise en tenaille entre les pays du Nord et l'Espagne, redoute le militant. Si elle ne cède pas, on lui saura gré. » Stéphane Pinto balaie l'hypothèse d'un revers de main. « Pas tant que je serai vivant. » 

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