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Comment la Chine s'implante à coup de milliards dans le football international

Publié par MaRichesse.Com sur 9 Août 2016, 10:55am

Catégories : #CHINE, #SPORTS, #ECONOMIE

La deuxième puissance économique mondiale multiplie les investissements dans le secteur sportif avec comme dernier fait d'arme, le rachat pour 740 millions d'euros du club lombard de l'A.C. Milan appartenant depuis 1986 à Fininvest, la holding de Silvio Berlusconi. Une stratégie globale de conquête d'un secteur à fort potentiel.

Comment la Chine s'implante à coup de milliards dans le football international

Le président chinois Xi Jinping est amateur de football, et les investisseurs du pays le lui rendent bien. "C'est humiliant pour la Chine, compétitive partout, de ne pas l'être dans le sport universel", déclare Pascal Boniface géopolitologue français. Seulement, au cours de ces derniers mois, tout s'accélère. Un nombre impressionnant de clubs de football européens sont partiellement ou totalement rachetés par de riches hommes d'affaires chinois.

 

La France et l'Angleterre courtisées

En décembre dernier c'est Manchester City appartenant au Cheick Mansour d'Abou Dhabi qui a cédé 13% de ses parts, pour 375 millions d'euros, à un consortium des fonds d'investissements China Media Capital et CITIC Capital. Une implantation dans les championnats anglais également matérialisée par le rachat du club d'Aston Villa par le Dr Tony Jiantong Xia (groupe Recon) pour 75 millions d'euros en mai dernier et celui de West Bromwich Albion par Guochuan Lai, à la tête de Yunyi Guokai (Shanghai) Sports, en août.

En France, c'est l'OGC Nice, le FC Sochaux-Montbéliard et l'AJ Auxerre qui ont dernièrement bénéficié d'investissements venant de Chine. En l'espace de trois mois, ce sont les deux clubs rivaux de la ville de Milan en Italie, l'Internazionale (groupe Suning) et l'A.C. Milan (Sino-Europe Sports Investment Management Changxing) qui sont passés sous pavillon chinois, voyant les deux actionnaires historiques, Massimo Moratti et Silvio Berlusconi, céder la totalité de leurs parts.L'homme le plus riche de Chine, Wang Jianlin, propriétaire du groupe Dalian Wanda détient quant à lui depuis janvier 2015, 20% du club finaliste de la dernière ligue des champions, l'Atlético Madrid.

 

Le début d'une longue série d'investissements ?

C'est une arrivée fulgurante dans le milieu du football où le Qatar (PSG), les Emirats arabes unis (Manchester City), les Etats-Unis (Arsenal) et la Russie (Chelsea) sont présents depuis plusieurs années, au plus haut niveau. Un modèle que la Chine semble suivre et qui paraît profitable selon David Hornby, directeur sport de Mailman, une entreprise de gestion de marque basée à Shanghai : "Ces opérations sont réalisées en nombre et rapidement, donc elles alimentent certainement une bulle. Mais celle-ci ne devrait pas éclater de sitôt." En outre, certains investissements sont réalisés avec un timing précis : un club mythique en difficulté financière, comme le Milan A.C. ou relégué d'une division (donc moins onéreux) comme Aston Villa.

 

Un gain de visibilité

"Nous souhaitons utiliser l'histoire d'Aston Villa et son importante base de fans pour promouvoir les produits Lotus Health et nos services plus globalement. Le scénario idéal pour nous serait de voir les fans apprécier les produits Lotus Health au sein du Lotus Villa Park, cela ferait une très bonne publicité pour les deux marques" a déclaré Tony Jiantong Xia, propriétaire d'Aston Villa. Evidemment ces investissements permettent aux marques chinoises d'utiliser ces clubs sportifs comme un vecteur d'internationalisation, par l'intermédiaire du sponsoring. Les Emirats arabes unis ont ainsi pu promouvoir Fly Emirates, grâce à des partenariats entre la marque et certains clubs européens ainsi que par la construction de l'Emirates Stadium à Londres. Clubs, stades, mais aussi championnats sont affublés de noms d'entreprises chinoises puisque la deuxième division de football portugaise (LigaPro) portera le nom d'une multinationale, Ledman, qui devient sponsor officiel pour la prochaine saison. Ce sponsoring permettra en contre partie à la Chine d'intégrer dix joueurs et trois entraîneurs en LigaPro.

 

La course aux droits de diffusion

 

Plus que le rachat isolé de certains clubs sportifs, c'est une approche globale de l'industrie du football qui est entreprise par Pékin. Ce sont naturellement les droits de diffusion d'événements sportifs, qui ont explosé tous les records en Première League anglaise (avec 7 milliards pour les saisons 2016-2019), qui intéressent les investisseurs. MP et Silva, une agence commercialisant les droits de retransmission des cinq grands championnats football européens, de Roland Garros, de la Formule 1 et du tournois des Six nations, est passée sous pavillon chinois en mai dernier.

Wang Jianlin (Dalian Wanda) a lui déboursé 1.05 milliards d'euros pour acquérir la société de marketing sportif possédant les droits de diffusion de la Coupe du monde football, Infront Sport & Medias dirigée par Phillipe Blatter, neveu de l'ex-président de la FIFA. Le groupe Wanda est également devenu en mars le premier partenaire chinois de la FIFA. L'homme d'affaire chinois a en outre déboursé 650 millions d'euros pour acheter la World Triathlon Corporation en Septembre dernier, entreprise possédant les droits des courses « Ironman », surfant sur la belle popularité du « cross-fit ».

 

Faire de la chine une grande nation du football

Ces mouvement de capitaux ont tous été encouragés par le président Chinois Xi Jinping qui voit le football autant comme un vecteur de soft power que de développement économique pour son pays. Car si la Chine possède le deuxième meilleur PIB mondial, elle n'occupe que la 81ème place au classement FIFA. La construction de 50.000 écoles de football d'ici à 2025 est un objectif fixé par Pékin, à l'image de l'Evergrande International Football School, qui est devenue la plus grande académie de football au monde.

Encore contrainte par certaines règles (pas le droit de recruter plus de cinq joueurs étrangers par équipe), la Chinese Super League est pourtant de plus en plus attractive. Elle été le championnat le plus dépensier (328 millions) sur la période de mercato hivernale 2015/2016. Il faut pour que cette compétition se développe mondialement, assurer par exemple le remplissage des stades (19.000 spectateurs en moyenne en 2015) ainsi que la compétitivité avec les autres championnats d'Asie pour créer une dynamique et donc un produit exportable à l'international.

Faire participer les industriels dans l'économie sportive nationale (Le groupe Alibaba, copropriétaire de l'équipe de Guangzhou) et internationale, investir dans les droits de diffusions d'événements sportifs mondiaux, recruter des athlètes parmi les meilleurs de la planète (Hulk, Ramirez, J. Martinez pour le football) et promouvoir dans son pays le sport dès le plus jeune âge sont autant d'éléments qui traduisent une politique de réhabilitation du football comme centre d'intérêt national. Avec comme objectif d'organiser (et gagner) la Coupe du monde 2026 ou 2030, quelques années après avoir accueillis les JO d'hiver de Pékin 2022. 

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