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Comment est né l'avertissement «Ceci est une œuvre de fiction»

Publié par MaRichesse.Com sur 28 Août 2016, 11:01am

Catégories : #INSOLITE, #FAITSDIVERS

Comment est né l'avertissement «Ceci est une œuvre de fiction»

Si les studios prennent leurs précautions quand ils s'inspirent d'une histoire vraie, c'est à cause de Raspoutine et d'un procès coûteux.

Pourquoi tellement de films s'ouvrent-ils ou se ferment-ils sur un carton précisant que «ceci est une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des personnages ayant réellement existé serait purement fortuite»Slate.com nous livre la clef de ce mystère: c'est à cause de Raspoutine, le mystérieux conseiller du tsar russe Nicolas II.

En 1933, un prince russe en exil à Paris, Félix Ioussoupov, poursuit la MGM en lui reprochant des inexactitudes le concernant dans le film Raspoutine et sa cour de Richard Boleslawski, où s'il s'est reconnu sous les traits de Paul Chegodieff, un personnage fictif qui tue Raspoutine, interprété par John Barrymore (représentant d'une lignée mythique d'acteurs, et grand-père de Drew Barrymore). Il est bien placé pour le savoir puisque, avec d'autres membres de l'aristocratie russe, il a participé à l'assassinat du mage, en décembre 1916. Ioussoupov reproche notamment au film de contenir une scène montrant Raspoutine hypnotiser et violer la femme de Chegodieff, alors que dans la réalité, le mage et la femme de Ioussoupov, Irina, la nièce du tsar, ne se sont jamais rencontrés.

Cette inexactitude a été signalée au patron du studio, Irving Thalberg, par Maria de Acosta, une employée chargée de mener des recherches sur le scénario, qui a contacté Félix Ioussoupov et s'est entendue répondre qu'il poursuivrait si le script restait en l'état. La MGM décide finalement de maintenir la scène et renvoie Acosta. Le procès en diffamation, qui a lieu en Angleterre (Ioussoupov choisit ce pays en raison de lois plus strictes sur la vie privée et pour profiter de ses liens familiaux avec la famille royale britannique), débouche sur la condamnation de la MGM à 125.000 dollars de dommages et intérêts, soit environ 1 million de dollars d'aujourd'hui. En effet, le film s'ouvre sur un carton (imaginé par le producteur Bernie Hyman) qui précise que «certains des personnages sont toujours en vie –les autres ont rencontré une mort violente», ruinant l'argumentaire selon lequel il s'agit d'une œuvre de pure fiction.

Le studio décide alors, pour la diffusion américaine du film, de proposer un arrangement de 900.000 dollars de l'époque à Ioussoupov. Surtout, un juriste lui explique alors qu'il aurait eu une chance de remporter le procès s'il avait mis un message expliquant qu'il s'agissait d'une œuvre de fiction au début, ce que les producteurs ne manqueront pas de faire dans les annéees qui suivront.

Le livre Truth and Lives on Film: The Legal Problems of Depicting Real Persons and Events in a Fictional Medium, qui raconte en détail toute l'affaire, ajoute une précision ironique: en 1934, Raspoutine et sa cour n'a reçu qu'une seule nomination aux Oscars, celle... de la meilleure histoire originale. 

 Source

 

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