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Brésil : Dilma Rousseff, victime d'un coup d'Etat ? - LCI

Publié par MaRichesse.Com sur 30 Août 2016, 06:20am

Catégories : #BRESIL, #POLITIQUE, #MONDE

Brésil : Dilma Rousseff, victime d'un coup d'Etat ? - LCI
Devant les sénateurs brésiliens, la présidente Dilma Rousseff a plaidé sa cause et dénoncé un "coup d'Etat". Sa destitution peut-elle être qualifiée de la sorte ?

TF1 group

 

C'était sûrement sa dernière chance de plaider sa cause. Lundi 29 août, devant le Sénat brésilien, Dilma Rousseff venait se défendre du procès en destitution dont elle fait l'objet. Un procès "injuste et arbitraire", a dénoncé la présidente du Brésil. Par ailleurs, d'autres voix viennent lui faire écho, qualifiant toute cette affaire de "coup d'Etat institutionnel".

 

Dilma Rousseff est accusée par l'opposition d'"irresponsabilité" budgétaire. Concrètement, on lui reproche d'avoir sciemment maquillé les comptes publics et signé des décrets libérant des dépenses sans l'aval du Parlement, et ainsi caché plus de 9,8 milliards d'euros de dépenses. Une pratique courante au Brésil, dont rien ne prouve qu'elle ait tiré un enrichissement quelconque. Les affaires de corruption de son parti et de son prédesseceur Lula lui ont certainement porté préjudice.

 

Coup d'Etat institutionnel ?

 

Pour autant, la mise hors-jeu de Rousseff est-elle un coup d'Etat ? La procédure est prévue par la constitution brésilienne. Mais ce n'est pas la légalité de sa destitution qui est mise en cause. Certains parlent alors de "coup d'Etat légal". Ainsi de ces 40 élus démocrates américains qui appellent le secrétaire d'Etat John Kerry à relayer leur "inquiétude vis-à-vis des récents événements et à soutenir la démocratie constitutionnelle". Ou de ces neuf juristes internationaux dénonçant une procédure "illégale" et une "grave violation du processus démocratique".

 

Sur son blog Mediapart, le sociologue franco-brésilien Michaël Lowy analysait ainsi la situation : "L'élite capitaliste financière, industrielle et agricole ne se contente plus de concessions : elle veut la totalité du pouvoir. Elle ne veut plus négocier, mais gouverner directement, par ses hommes de confiance, et abolir les quelques acquis sociaux des dernières années." Reste que la grande faiblesse de Dilma Rousseff, dans cette épreuve, est de ne plus disposer du soutien populaire nécéssaire pour résister aux charges de la droite. Les manifestations appelant à sa démission, à peine contrebalancées par la mobilisation en sa faveur, depuis la Coupe du monde 2014, sont là pour le rappeler.

 

 

Accusée par des politiques corrompus

 

Mais Rousseff partie, pas sûr que les Brésiliens y gagnent en matière de probité politique. C'est Eduardo Cunha, président de la Chambre des députés, qui a initié cette procédure d'impeachment. Membre du parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), héritier d'un des deux partis de la dictature militaire qui a touché le pays entre 1964 et 1985. Un parti mentionné dans l'affaire Panama papers pour blanchiment et corruption.

 

En remplacement de Dilma Rousseff, Michel Temer assurera l'intérim jusqu'aux prochaines élections, pas avant 2018. Vice-président du PMDB, il s'est assuré du vote de nombre de sénateurs contre la présidente, en échange d'une promesse de promotions futures. Comme le soulignait 20 minutes, Temer est cité dans de nombreuses affaires de corruption, notamment le scandale Petrobras, qui touche également un certain... Lula.

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