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Adama Traoré et le défilé étouffé

Publié par MaRichesse.Com sur 1 Août 2016, 02:08am

Catégories : #RACISME, #FRANCE, #POLICE

Adama Traoré et le défilé étouffé

La marche bloquée. Samedi après-midi, un millier de personnes se retrouvent devant la Gare du Nord, à Paris. Certains viennent des alentours, d’autres de très loin. La jeunesse, la colère, l’incompréhension et la tristesse s’affichent sur les visages. La violence est absente. Ils crient «justice» et demandent des comptes : le 19 juillet, Adama Traoré décède – le jour de son anniversaire – après son interpellation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise). Il avait 24 ans. La famille court sans relâche après les réponses pour faire son deuil.

 

Personne ne bouge

Depuis, deux autopsies, plusieurs versions et des doutes. Yves Jannier, le procureur, n’a jamais communiqué sur le syndrome d’asphyxie, présent dans les deux rapports. Il a préféré mettre en avant l’absence des «traces de violences» sur le corps et «une infection très grave touchant plusieurs organes». Les proches, eux, regardent en direction des forces de l’ordre et parlent de «bavures»Selon l’Obs, les gendarmes qui ont arrêté Adama Traoré ont expliqué aux enquêteurs : «Nous avons employé la force strictement nécessaire pour le maîtriser. Il a pris le poids de nos corps à tous les trois au moment de son interpellation.» Les deux enquêtes, menées parallèlement par la section de recherches et l’inspection générale de la gendarmerie, sont toujours en cours.

Il est 16h30. La marche s’élance et s’arrête. La police entoure la foule et une nasse se forme. Personne ne bouge. Comprendre : le rassemblement est autorisé mais pas le défilé alors que la famille avait déposé une demande en préfecture la veille. Le seul hic, la déclaration préalable doit être déposée trois jours en amont. Le cortège devait aller jusqu’à la place de la Bastille. De son côté, la préfecture de police évoque dans un communiqué des raisons de sécurité pour justifier sa décision. La foule, bloquée, s’installe sur les pavés. Les prises de paroles s’enchaînent. Les doléances aussi. Un genre «d’après-midi debout» sauf que cette fois, la couleur est en force. Quelques âmes tentent un passage entre les casques. En vain. Les CRS desserrent la nasse sur les coups de 19h 

 

Bilan sévère pour la France

La famille et les marcheurs frustrés se dispatchent, en silence, lentement mais avec un goût amer qui s’ajoute à celui de la colère initiale. Logique, ils pensaient avoir le droit de marcher, pancartes à la main, et crier au monde leurs revendications après les doutes qui entourent la mort d’Adama. Mais non. Alors que les politiques et observateurs expliquent après chaque événement (malheureux) que la violence n’est pas la seule arme pour se faire entendre. Du coup, le bilan de ce samedi à la Gare du Nord est sévère pour la France : une partie de la jeunesse est restée sur le trottoir pour défendre ses droits. L’égalité ne doit pas être que des mots. Après certains s’étonnent, débattent et lâchent des grandes théories face aux fractures qui se creusent chaque jour un peu plus dans le pays. 

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