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A Jackson Hole, les banquiers centraux face à leur impuissance

Publié par MaRichesse.Com sur 27 Août 2016, 04:40am

Catégories : #ECONOMIE, #MONDE

A Jackson Hole, les banquiers centraux face à leur impuissance

La croissance est faible dans les pays développés, et il va probablement falloir s’y faire. C’est le constat que partagent les banquiers centraux du monde entier qui se rendaient cette fin de semaine dans les montagnes américaines du Wyoming pour leur rendez-vous annuel.

Depuis quelques jours, les marchés ne vivent que dans l’attente de déclarations des responsables des grandes banques centrales. Pourtant, même si Janet Yellen a évoqué vendredi matin l’éventualité d’une nouvelle hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale (Fed) avant la fin de l’année, ce n’est pas ce qui taraudait le plus les banquiers centraux eux-mêmes.

 

Fritz Zurbrügg représentera la BNS

Si les marchés attendent toujours des indications de prochaines décisions et ils ont été servis ces dernières années (lire aussi ci-dessous), comme Cédric Tille le rappelle, la réunion de Jackson Hole est plutôt l’occasion de réfléchir autour d’une grande thématique qui agite le monde des banquiers centraux et des experts académiques de la politique monétaire. Côté suisse, c’est le numéro deux de la Banque nationale suisse (BNS), Fritz Zurbrugg qui devait s’y rendre.

«Nous sommes dans une période intéressante: les banques centrales ont produit une panoplie de nouveaux outils pour lutter contre la crise financière, la déflation, puis relancer l’économie. Que faut-il en faire? Continuer à les utiliser?», souligne Cédric Tille, professeur d’économie à l’Institut des Hautes études internationales et du développement à Genève. Face à une croissance qui peine à décoller, une inflation toujours absente malgré les centaines de milliards injectés dans le système avec les programmes de rachats d’actifs, que peuvent encore faire les banques centrales? «Il faut se préparer à l’idée que, puisque la croissance structurelle est plus faible, les taux d’intérêt vont rester faibles», poursuit le professeur. 

 

Attentes «trop élevées»

Ainsi, c’est plutôt aux grands argentiers de faire passer le message qu’ils ne sont pas omnipotents. «Comme toujours, les attentes autour de Jackson Hole sont trop élevées. La politique monétaire ne peut pas relever le potentiel de croissance d’une économie, ni résoudre les problèmes structurels du secteur financier. En même temps, les banques centrales sont critiquées en raison des effets indésirables de leurs politiques non-conventionnelles et des taux bas», soulignent les économistes de la banque J.Safra Sarasin. «En réalité, poursuivent-ils dans une note, ces taux bas reflètent le déclin de la croissance potentielle et le fait que de nombreux pays ne s’attaquent pas de manière adéquate au défi des changements démocratiques, aux déséquilibres et aux importants niveaux de dettes.»

A partir de ce diagnostic, les grands argentiers n’ont plus grand-chose dans leur besace si le dynamisme de l’économie faiblit à nouveau. Soit ils poursuivent avec leurs mesures non-conventionnelles d’injection de liquidités – tout en sachant qu’elles ont des effets de moins en moins importants à mesure que le temps passe – ou de taux négatifs. Si l’Europe s’y est mise, notamment la zone euro, la Suisse et les pays scandinaves, les Etats-Unis y sont largement réfractaires. Reste une option sur laquelle planchent désormais les experts: s’autoriser une plus importante inflation. Au lieu de se limiter à l’objectif de 2%, fixé plus ou moins officiellement par les institutions des pays développés, elles pourraient le relever. «2%, ce n’est pas un chiffre magique et, à ce niveau ou à 4%, c’est suffisamment bas pour qu’on n’y pense pas», rappelle Cédric Tille. Cela laisserait plus de marge pour les taux d’intérêt. Mais pour l’heure, l’inflation ne montre de toute façon très peu, voire aucun signe de vivacité. Et ce n’est probablement pas à Jackson Hole que ce problème sera résolu.


La réunion des grandes annonces

Généralement, la réunion annuelle des banquiers centraux à Jackson Hole représente l’occasion pour l’un d’entre eux de lancer un message, de préparer les marchés à une grande manœuvre. Et pas seulement pour les Américains. En 2014, Mario Draghi avait saisi l’opportunité d’un discours dans la station du Wyoming pour évoquer un plan massif de rachat d’actifs (QE), mis en place quelques mois plus tard. Cela lui avait valu de «voler la vedette» à ces homologues cette année-là, selon le Financial Times.

L’Italien à la tête de la Banque centrale européenne constitue plutôt une exception. D’habitude, ce sont les grands argentiers américains qui préviennent les investisseurs de l’imminence d’une décision. Deux ans plus tôt, Ben Bernanke, alors président de la Fed, avait ouvert la voie au troisième programme de «QE». Cette année, bien que l’ampleur soit moindre, Janet Yellen, actuelle responsable de la Fed, n’a pas fait exception: l’éventualité d’une hausse des taux avant la fin de l’année, même en septembre, est devenue bien plus concrète après son discours.

Pourtant, lors de cette édition, certains se sont montrés plus bruyants que les banquiers centraux et les experts réunis dans les montagnes américaines: le groupe «Fed Up» (jeu de mots entre la Fed et l’expression «en avoir assez») accusant l’institution de négliger les intérêts des plus pauvres pour lutter contre une inflation imaginaire a fait irruption dans la réunion. Jeudi, l’association a pu rencontrer des représentants de la Fed pour leur faire part de leurs préoccupations, une première avec autant de participants et de hauts cadres, dont certains sièges au comité de politique monétaire, comme Stanley Fischer. Signe qu’ils sont pris au sérieux, c’était même le premier point au programme du week-end. 

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