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Voyager dans l’espace : mauvais pour le cœur des astronautes ?

Publié par MaRichesse.Com sur 29 Juillet 2016, 11:45am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #ESPACE, #NASA

Une étude américaine a démontré que les astronautes étaient plus vulnérables aux maladies cardiovasculaires. Une étude capitale à l’aube des premiers vols habités sur Mars.

Voyager dans l’espace : mauvais pour le cœur des astronautes ?

Et si la limite aux voyages dans l’espace, c’était le corps humain ? La santé de 24 astronautes du programme Apollo envoyés dans l’espace entre 1960 et 1970 a servi de terrain d’analyse pour une étude de la Nasa. Parmi eux, on trouve Neil Armstrong et Buzz Aldrin, qui ont posé le pied sur la lune le 20 juillet 1969.

Les scientifiques ont découvert que le taux de décès de maladies cardiovasculaires est quatre à cinq fois plus important chez les astronautes du programme Apollo, envoyés en orbite haute, que chez les astronautes envoyés en orbite basse ou chez ceux restés à terre. On vous explique.

Jusqu’ici, on n’avait rien vu

D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les maladies cardiovasculaires demeurent la principale cause de décès dans le monde. Elles ont fait près de 17,5 millions de morts en 2012, soit 3 décès sur 10.

L’étude de la Nasa révèle un taux supérieur chez les astronautes du programme Apollo : un peu moins de la moitié d’entre eux (45 %) sont morts d’une maladie cardiovasculaire. Le faible écart avec la moyenne de l’OMS, associé au faible échantillon d’astronautes étudiés, n’a tout d’abord pas permis de donner un sens à ce résultat.

Comparatif de décès liés à une maladie cardiovasculaire
Comparatif de décès liés à une maladie cardiovasculaire - Nature

Les scientifiques de la Nasa ont ensuite comparé le taux de mortalité d’une maladie cardiovasculaire des astronautes d’Apollo aux astronautes restés en orbite basse (c’est-à-dire jusqu’à 2 000 kilomètres d’altitude) et à ceux restés à terre.

Parce qu’ils ont un mode de vie sain et un entrainement régulier, la plus part des astronautes étaient peu concernés par les maladies cardiovasculaires :

  • 9 % des astronautes restés à terre sont décédés d’une maladie cardiovasculaire.
  • Le chiffre monte à 11 % pour ceux ayant voyagé en orbite basse.

Mais d’un coup, le taux de mortalité passait à 45 % pour les passagers des missions Apollo – qui partageaient le même mode de vie que leurs collègues. La différence était là significative.

Comment ça se fait ?

Un humain qui va dans l’espace est confronté à différents types de rayonnements. L’étude de la Nasa en cite plusieurs :

« Durant un voyage interplanétaire, les astronautes sont exposés à plusieurs sources de rayonnements ionisants [autrement dit, radioactifs].

Citons le rayonnement cosmique [qui circulent dans le vide interstellaire], les éruptions solaires et les rayonnements piégés dans la ceinture de Van Allen [Là, c’est plus compliqué. En gros, à l’approche de la planète Terre, les rayonnements de l’espace sont piégés par le champ magnétique terrestre. Cette zone contient une grande densité de particules énergétiques : elle est radioactive. Or, c’est un point de passage quasi-obligatoire pour les astronautes voyageant en haute orbite. Les missions Apollo ont fait en sorte de passer par les zones les plus faibles en densité radioactive.] »

Sur Terre, nous sommes à l’abri, protégés à la fois par l’atmosphère et lamagnétosphère. Plus un être humain s’éloigne du plancher des vaches, plus il est vulnérable. En orbite basse, l’atmosphère est déjà loin mais le champ magnétique de la terre continue de protéger les astronautes.

En orbite haute, ils sont « livrés » aux rayonnements cosmiques.

Quelles solutions ?

L’une des pistes explorées par la Nasa pour réduire les risques d’exposition aux rayonnements consiste à augmenter la rapidité des navettes parcourant l’espace.

Jeff Hoffman, ancien astronaute désormais professeur d’aéronautique et astronautique au MIT, explique au Guardian :

« Le moins de temps vous passez dans l’espace, le moins de temps vous êtes exposé aux rayonnements. »

L'astronaute Jim Irwin sur la lune, auprès du premier rover lunaire (1971)
L’astronaute Jim Irwin sur la lune, auprès du premier rover lunaire (1971) - Nasa

L’idée serait donc de voyager le plus rapidement possible entre deux astres, afin de réduire drastiquement la durée d’exposition aux rayonnements de l’espace.

Des solutions d’ordre matérielle sont, elles aussi, envisageables, comme des combinaisons et une navette renforcées. La société Space X d’Elon Musk travaillerait actuellement sur ce sujet mais n’en a pas encore dévoilé de détails. 

Continuer la recherche

L’étude américaine présente une faille. Elle est basée sur un échantillon de 24 astronautes (545 personnes ont été envoyées dans l’espace depuisGagarine en 1961).

Les auteurs envisagent la collaboration avec plusieurs autres agences spatiales, dont l’européenne ESA et la canadienne CSA, pour continuer leur recherche avant l’envoi des nouvelles missions lunaires ou des premiers vols habités direction Mars.

Il vaut mieux qu’ils ne perdent pas trop de temps : Elon Musk prévoit un vol dès 2024 et la Nasa vers 2030.

Aldrin marche sur la Lune
Aldrin marche sur la Lune - Nasa

Jeff Hoffman, interrogé par le Guardian : 

« Il est primordial de trouver les réponses à ces questions avant de renvoyer des humains dans l’espace profond. »

Mais au-delà de l’aventure spatiale, c’est la santé des astronautes revenus sur Terre qui est en jeu. L’ancien astronaute poursuit :

« Tous les ans, je me rends à la Nasa pour une visite médicale approfondie. S’ils savent que les astronautes sont plus vulnérables aux maladie cardiovasculaires, ils vont adapter leur examen et peut-être, je l’espère, diminuer le risque de mort prématurée liée aux maladies du cœur. »

A 71 ans, Jeff Hoffman a enregistré plus de 1 211 heures de vol dans l’espace. 

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