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Conseils, science, sante et bien-être


Vacances, repos : quel impact sur la santé ?

Publié par MaRichesse.Com sur 9 Juillet 2016, 07:45am

Catégories : #VACANCES, #SANTE-BIEN-ETRE

Vacances, repos : quel impact sur la santé ?
Les effets bénéfiques des congés sur la santé sont nombreux. Cependant, ils restent très dépendants des conditions de travail.

 

Les vacances sont-elles bonnes pour la santé? La réponse semble tenir de l'évidence. La préservation de la santé faisait d'ailleurs partie des objectifs de l'instauration des congés payés en 1936. Quelques études de longue durée comme celles sur la vaste cohorte de la population de Framingham, suivie depuis 1948, montrent une augmentation du risque d'accidents cardio-vasculaires chez les personnes qui prennent peu de congés. «Mais ces études indiquent aussi que les personnes qui partent régulièrement en vacances ont tendance à avoir un mode de vie globalement plus sain», souligne la chercheuse finlandaise Jessica de Bloom. Et ceux qui partent ne sont pas vraiment représentatifs de la population générale: en France, seuls 40 % des foyers à faibles revenus, mais 68 % des classes moyennes supérieures et 86 % des hauts revenus sont partis en vacances (c'est-à-dire, ont passé plus de quatre jours consécutifs hors de leur domicile) en 2014, selon une enquête du Crédoc. Et 40 % des Français ne sont pas partis du tout. D'où un biais de comparaison entre ceux qui partent et les autres.

«Certaines pathologies chroniques comme l'eczéma, les allergies, l'asthme, s'atténuent ou disparaissent pendant les vacances», rappelle le Pr Yves Roquelaure, médecin du travail (CHU Angers). Mais est-ce dû seulement à l'effet des vacances, ou aussi à l'arrêt de l'exposition professionnelle à des facteurs déclenchants?

Les antidépresseurs boudés en juillet

C'est peut-être la relation entre santé psychique, bien-être et vacances qui est la plus manifeste. Selon l'enquête du Crédoc, 74 % des personnes qui s'estiment globalement heureuses sont parties en vacances dans l'année, contre seulement 38 % de celles qui ne sont pas parties. Les vacances réduisent le risque de dépression, confirment plusieurs études. L'une d'elles, menée en Suède en 2013, a ainsi montré une baisse des ventes d'antidépresseurs avec l'augmentation, en juillet, du nombre des salariés en vacances. Mais, là encore, des biais sont possibles, comme l'ensoleillement estival qui accroît la production d'un neurotransmetteur à effet antidépresseur, la sérotonine.

Pour réduire ces biais, plusieurs chercheurs comme Jessica de Bloom ont évalué l'état des sujets juste avant, pendant et juste après les vacances. Résultat: celles-ci réduisent bien la fatigue accumulée, les plaintes de santé et améliorent le sentiment de bien-être. Mais cet effet reste modéré et s'efface dans les deux à quatre semaines suivant la reprise du travail…

Une pause hebdomadaire nécessaire

Il y a finalement plus de données sur l'effet de longues durées quotidiennes ou hebdomadaires de travail sur la santé que sur celui du repos. «Plus la charge physique de travail est élevée, plus on voit de syndromes métaboliques, de diabète, d'hypertension. Quelques études anciennes ont aussi montré, notamment dans la sidérurgie, qu'au-delà de 40 heures par semaine le travail avait un impact sur la santé. D'où la nécessité d'une pause hebdomadaire», explique le Pr Roquelaure. «C'est plus difficile d'évaluer la durée optimale des congés annuels, car les situations sont très différentes d'un pays à l'autre. Ainsi, les Américains ne prennent guère plus de quinze jours de congés annuels mais s'octroient bien plus souvent des week-ends prolongés.» Certains groupes restent toutefois exposés à une durée de travail excessive, comme les internes en médecine des hôpitaux. Récemment, celle-ci a été très théoriquement limitée à 48 heures hebdomadaires en France… et à 80 heures aux États-Unis!

Préserver un temps au loisir

Au-delà de la durée de travail, c'est de plus en plus son intensité qui a des répercussions sur la santé. «En France, le passage aux 35 heures s'est accompagné d'une intensification, d'une productivité accrue, avec une charge de travail qui dépasse souvent ce qui est faisable en 35 heures», analyse le Pr Jean-François Gehanno, médecin du travail (CHU Rouen). «De nombreuses études montrent que la charge excessive de travail, le stress constituent des facteurs de risque cardio-vasculaires.» Ainsi, le stress au travail augmente autant le risques d'infarctus que l'obésité abdominale. Selon une étude finlandaise, la réduction des conditions de travail défavorables (charge de travail, stress, travail posté…) permettrait de diminuer de 10 % le risque d'infarctus et de 18 % celui des décès par AVC.

«Cette intensification du travail accroît aussi le risque de dépression et de burn-out», souligne le médecin. Pour préserver la santé mentale, des coupures, des périodes de repos sont indispensables afin de pouvoir décrocher physiquement et psychiquement. Leurs modalités peuvent varier d'un continent, d'une culture à l'autre. En Europe, le mois de congé annuel est la règle. Mais pour le Pr Roquelaure, «ne voir dans le travail qu'une contrainte serait simpliste, voire dangereux. Le travail est aussi une ressource qui permet de se construire. Plus un travail est intéressant, valorisant, permet d'apprendre, plus il est protecteur. C'est donc l'équilibre entre temps de travail et temps de loisir qu'il faut préserver». 

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