Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Une prise de sang pour repérer d'éventuels terroristes ?

Publié par MaRichesse.Com sur 13 Juillet 2016, 04:35am

Catégories : #SCIENCE, #JUSTICE

Une prise de sang pour repérer d'éventuels terroristes ?

Des traces d'explosifs ont été retrouvées dans le sang des assaillants des attentats de Bruxelles, rapportait récemment la chaîne télévisée flamande VTM. Cette découverte pourrait, selon la police belge, faciliter les enquêtes à l'avenir. En France, on reste prudent sur cette méthode qui doit encore faire ses preuves.

Un simple prélèvement sanguin permettra-t-il de confondre un individu suspecté de terrorisme? Cette question, les enquêteurs belges se la posent depuis que des traces de TATP, un explosif très utilisé par les terroristes, ont été retrouvées dans le sang des assaillants des attaques de Bruxelles. Des analyses sanguines ont été réalisées et des «concentrations élevées» de ce mélange instable ont été détectées, rapportait la chaîne télévisée flamande VTM, la semaine dernière. Ce produit instable avait également été utilisé par les kamikazes lors des attaques du 13 novembre à Paris et Saint-Denis.

Pour les enquêteurs belges, cette méthode pourrait, à l'avenir, faciliter leurs investigations: il suffirait de prélever un échantillon de sang sur un suspect et de vérifier la présence de traces de TATP pour voir s'il a été en contact avec cet explosif, écrit la chaîne VTM. Ce produit, dont les composants s'achètent facilement en pharmacie ou à la droguerie du quartier, se présente sous la forme d'une poudre blanche. En tant que produit volatile, le TATP passerait dans le sang par simple inhalation. «C'est le principe même du masque anesthésique ou du sniff de colle par des collégiens», nous explique un policier de l'Institut national de la police scientifique (INPS), sous couvert d'anonymat. «Il faut juste que les molécules soient suffisamment petites pour passer la barrière des alvéoles pulmonaires». 

 

Des analyses jamais effectuées en France

Selon plusieurs sources interrogées par Le Figaro, de telles analyses ne semblent jamais avoir été faites en France. Que ce soit du côté de l'Institut national de police scientifique (INPS) ou de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), qui sont les seuls services habilités à faire des analyses sur le TATP dans l'Hexagone. En effet, «aucun laboratoire privé ne peut travailler avec ce genre de molécule. C'est un domaine réservé à la défense», confirme le Dr Pascal Kintz, spécialiste en toxicologie et médecine légale.

Quand les enquêteurs français recherchent du TATP, ils ont davantage l'habitude de travailler sur «des traces de contact» laissées par un individu. C'est-à-dire sur ses vêtements, à son domicile, sur les poignées de porte, dans ses poubelles, dans sa voiture. En mars dernier, la police avait ainsi découvert du TATP dans un appartement d'Argenteuil (Val-d'Oise) perquisitionné dans le cadre d'une enquête visant à déjouer un attentat. «On n'est pas dans une démarche toxicologique mais ça vaudrait le coup d'essayer, c'est assez novateur», nous confie une source haut placée. 

 

Une méthode qui doit faire ses preuves

Si la méthode des Belges faisait ses preuves, elle pourrait à terme intéresser les magistrats et les enquêteurs français en charge des dossiers terroristes. «Mais il faudrait d'abord travailler sur la fiabilité de la méthodologie», prévient une source policière, qui appelle à la prudence. «C'est un produit dont on ne connaît pas encore les principes d'assimilation dans le corps humain». Ainsi, on ignore encore quelle quantité de toxique doit être manipulée ou inhalée pour que des traces de TATP se retrouvent dans le sang d'un individu. On ne sait pas non plus au bout de combien de temps le produit disparaît du corps. Il n'y aurait d'ailleurs aucune étude scientifique à ce sujet. «On sait seulement que le TATP est une molécule instable qui se dégrade rapidement, surtout dans le sang», commente une source, qui connaît bien les explosifs.

Une meilleure connaissance du produit dans le sang serait pourtant essentielle pour les enquêteurs. «Sans cela, les résultats obtenus constitueraient une orientation, un indice plus qu'une preuve formelle», commente Samuel Rémy, secrétaire général du Syndicat national des personnels de police scientifique (SNPPS-Unsa). Cet ingénieur à l'INPS émet aussi des réserves quant à l'intérêt de telles expertises, qui pourraient s'avérer «longues et complexes». «Il est possible qu'on ne retrouve que très rarement du TATP dans les analyses. Il suffit que l'individu ait pris toutes les précautions hygiéniques [gants, masques, nldr] ou que le temps écoulé entre l'exposition et l'analyse soit suffisamment long pour que les résultats de l'expertise soient négatifs». 

 Source

 

Commenter cet article

Archives