Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Toulon récompense les beautés intérieures

Publié par MaRichesse.Com sur 9 Juillet 2016, 07:14am

Catégories : #INSOLITE

Toulon récompense les beautés intérieures

Le cadre est sublime. C’est celui de la Villa Noailles construite à Hyères par Robert Mallet-Stevens en 1923 pour Charles et Marie-Laure de Noailles, couple d’aristocrates mécènes des arts qui hébergèrent là leurs amis avant-gardistes. Depuis 11 ans, la maison aux lignes modernes chics accueille la Design Parade consacrée à l’objet d’aujourd’hui. Jean-Pierre Blanc, patron et fondateur de l’événement, qui dirige aussi, au même endroit mais en avril, le Festival international de la mode et de la photo de mode rappelle qu’Andrée Putman avait été la première marraine de Design Parade. «Et qu’elle avait alors choisi Ronan et Erwan Bouroullec pour présider le jury.»

La décoratrice d’intérieur est décédée en 2013. Trois ans plus tard, ce sont ses poulains, designers aux talents reconnus partout dans le monde, qui posent désormais leur bienveillance sur un nouveau concours soutenu par un aréopage de marques luxueuses (Van Cleef & Arpels, Chanel, Vitra, Hermès) et de partenaires locaux.

Ville Art déco

Car cette année, Jean-Pierre Blanc a décidé de doubler les plaisirs sur cette Côte d’Azur écrasée par la chaleur. A 25 kilomètres d’Hyères, il a développé une section consacrée à l’architecture d’intérieur. «Le projet est né de la ville de Toulon qui cherchait un moyen de mettre en valeur ses collections d’art contemporain. De mon côté, je réfléchissais depuis longtemps à l’organisation d’un concours international d’architecture d’intérieur. Toulon est une ville qui entretient un lien fort avec les arts décoratifs. C’est une ville qui a été riche et qui l’est restée. Mais c’est une ville que l’on connaît mal, moi le premier pour qui, comme beaucoup de Hyérois, elle est cet endroit où on allait faire les courses quand on était gamin.»

Son idée? Lumineuse: proposer à la mairie d’organiser une compétition grandeur nature ouverte aux jeunes créateurs et dont le président du jury ferait du Musée municipal des beaux-arts sa maison en imaginant la scénographie d’une exposition. Une présidente en l’occurrence, vu que c’est India Madhavi qui accroche des pièces de César, Sol LeWitt, Richard Long sur les murs de l’institution toulonnaise sous l’intitulé Bleus Méditerranée.

India présidente

L’architecte, décoratrice et designer est née en Orient mais a été éduquée aux Etats-Unis, en Allemagne et en France, où elle est désormais installée. Depuis quelques années, elle a popularisé un style coloré et confortable qui fait craquer les grandes marques, les restaurants et les hôtels pour qui elle décore les boutiques et les établissements, mais aussi les privés chez qui elle réaménage les intérieurs à tour de bras. «Pour moi, ce n’est pas très important d’être la première présidente du jury de ce premier prix, explique India Madhavi. Si j’ai tout de suite répondu oui à Jean-Pierre Blanc, c’est parce qu’il fait un travail merveilleux de dénicheur de talents.»

Et il y en a au premier étage de l’Hôtel Michelot, ancien hôtel particulier appelé à devenir un hôtel tout court, qu’une dizaine d’architectes d’intérieur venus de France, de Suisse, des Pays-Bas et d’Indonésie retenus sur une centaine de dossiers ont aménagé, décoré, repensé, bref transformé. «Je tenais à ce que les candidats travaillent avec la réalité et pas juste devoir se contenter d’une exposition de plan et de visuel 3D. Ce type de concours n’existe nulle part ailleurs. Le challenge est de trouver chaque année un lieu comme celui-ci qui nous laisse carte blanche», continue Jean-Pierre Blanc, qui peut aussi compter sur l’important réseau européen des écoles d’art et de design pour alimenter son vivier. La plupart des candidats du concours sortent de Camondo, établissement rattaché au Musée des arts décoratifs de Paris, de l’Ecole bleue (Paris), de la HEAD-Genève, de l’ECAL à Lausanne et de La Cambre de Bruxelles.

La sensation de cette première édition est néerlandaise mais n’est diplômée d’aucun de ces établissements. Rikkert Paauw s’est inscrit en revendiquant son statut d’autodidacte. Sa chambre, il l’a aménagée en utilisant uniquement des matériaux trouvés sur place comme la table à manger découpée dans un morceau du sol recouvert de ces carreaux rouges de Salernes typiques de la région. C’est intelligent et sensationnel, mais sans doute un peu trop radical pour décrocher le premier prix au milieu d’autres propositions plus en phase avec l’énoncé du concours: «Une pièce sur la Méditerranée». Même chose du côté du côté de la salle à manger. Le trio franco-suisse formé de Paquita Barletta, Joséphine Devaud (diplômée de la HEAD-Genève) et Aurélie Vial (elle de l’ECAL) propose «Cène», une incroyable table en résine posée sur des pieds en granit de synthèse, mais encore située un peu trop loin de la mer.

Un bureau sous l’eau

Il fallait plutôt miser sur l’Immersed Office de l’Atelier Quetzal (Benjamin Lina, Louise Naegelen et Adrien Gader) qui, comme son nom l’indique, évoque un bureau sous-marin. «C’est notre lien avec Toulon, deuxième ville portuaire de France. L’idée était de concevoir une bibliothèque et un espace de travail comme une coque de bateau mais renversée, explique Benjamin Lina en mettant le poing sur le bureau en bois courbé qui fait corps avec les rayonnages qui l’encerclent complètement. «On a voulu créer une bulle, un endroit coupé du monde.» Ce projet élégant et très beau avec ses murs peints en bleu des grandes profondeurs a convaincu le jury qui lui a décerné le premier prix à l’unanimité.

«L’intérêt de ce concours, c’est aussi de mettre en lumière une profession que le grand public ne comprend pas toujours très bien, reprend India Madhavi. Pour lui, engager un architecte d’intérieur est synonyme de luxe, de coût et de prix. Alors que c’est un corps de métier qui vous guide dans les choix, qui va pouvoir révéler une fonction à laquelle vous ne vous attendiez pas et va vous aider à choisir les bonnes entreprises.»

L’architecte d’intérieur comme un chef d’orchestre. Ou plutôt comme un peintre pour filer la métaphore avec cette palette de couleurs qui fait le succès de la designer. «Lorsque je suis engagée par un particulier, je travaille comme une portraitiste. Ce qui m’intéresse ce n’est pas de faire un lieu qui me ressemble, mais de faire un lieu qui ressemble à la personne qui va vivre dedans au travers de mon regard. Qu’est-ce qui m’a touchée chez elle? Qu’est-ce que je révèle de sa personnalité? Alors oui, on est aussi un peu psychologue. Et c’est ce qui me passionne.»  

 Source

 

Commenter cet article

Archives