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Marichesse.com

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Conseils, science, sante et bien-être


Sous le soleil… prudemment

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Juillet 2016, 07:53am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE

Sous le soleil… prudemment

Chaque été, quand vient le besoin de « recharger ses batteries » se repose toujours la même question : jusqu’où profiter des bienfaits du soleil sans mettre sa santé en danger ? Dans l’immédiat et surtout à long terme.

Ah, l'été, enfin. La plage et la mer. Ou la montagne. Ou la campagne. Et, avant tout : le-so-leil ! Chaque année, « j'espère qu'il va faire beau » est sûrement la phrase la plus prononcée au moment de faire les valises. Chapeaux et lunettes ressortent des placards, on jette la vieille crème pour acheter la nouvelle. Mais le soleil est un ami qui peut aussi nous vouloir du mal. À notre corps défendant. « Un matin, j'ai remarqué sur mon torse un petit grain de beauté qui avait tendance à grossir et à changer d'aspect. Sans m'inquiéter plus que de raison, j'ai quand même préféré consulter mon dermato. Bien m'en a pris, c'était un mélanome. » Gérard, le très sportif patron d'une start-up, l'a échappé belle. Traité très tôt, il a évité les métastases et l'ablation n'a laissé qu'une petite cicatrice. Il est l'un des 11 000 nouveaux cas de mélanomes dépistés chaque année, dont 20% seront mortels. « Les cancers cutanés sont de plus en plus nombreux et de plus en plus précoces. On en dépiste près de 200 000 nouveaux tous les ans », assure la dermatologue Catherine Oliveres-Ghouti. Des cancers très largement dus à des expositions répétées au soleil, souvent depuis l'enfance. Et pour certains - phénomène plus récent -, à l'usage de « cabines à bronzer » qui décuplent les risques de mélanomes et de carcinomes (voir encadré p. 61). Breton, Gérard pratique la voile depuis sa jeunesse, sans réellement se protéger du soleil. Phototype particulièrement sensible - peau, yeux et cheveux clairs -, à 40 ans, il a déjà largement entamé ce « capital soleil » très lié à la carnation dont chacun dispose à la naissance et qui va s'étioler plus ou moins rapidement au fil des bronzettes. Depuis, le marin est plus vigilant, se couvre, ne lésine pas sur les onguents protecteurs et évite l'exposition directe quand l'astre est à son zénith. Même s'il reconnaît parfois quelques entorses aux conseils prodigués par son médecin.

Normal. Il est difficile de passer son temps à raser les murs ou à ne sortir qu'avant l'aube et à la tombée de la nuit. Ce serait même contre-productif. À trop vouloir thésauriser son capital soleil, on risque au final d'écorner son capital santé. « Attention, le soleil est indispensable », tient en effet à rappeler Catherine Oliveres-Ghouti. « Ses rayons infrarouges, qui pénètrent en profondeur jusqu'à l'hypoderme, dispensent de la chaleur ; c'est aussi un antidépresseur, il stimule le système hormonal qui produit des endorphines ("la molécule du bonheur"), de la sérotonine. Ses UV servent également à soigner des maladies de la peau, comme l'eczéma ou le psoriasis. Ils sont aussi au coeur du processus de synthèse de la vitamine D, dont la carence est impliquée dans diverses pathologies, notamment dans le rachitisme. Il suffit de dix minutes d'exposition tous les jours, les avant-bras dénudés, pour que le corps fabrique ce dont il a besoin. » Éviter le soleil et ses rayons augmenterait également le risque de mortalité, toutes causes confondues, a montré une équipe de chercheurs, en passant au crible les habitudes de 30 000 Suédoises pendant vingt ans (Journal of Internal Medicine, juillet 2014). Une autre étude lierait le faible ensoleillement en hiverà l'augmentation du nombre d'accidents vasculaires cérébraux (AVC) et d'insuffisances cardiaques. La cause ? Les artères seraient plus fragilisées à cette période de l'année, moins ensoleillée. Et, plus étrange, les bains de soleil, au terme d'un processus complexe, faciliteraient l'assimilation des aliments ce qui éviterait d'accumuler les kilos.

Le soleil ami ou ennemi ? Pour la peau - comme pour les yeux - tout est une question de dose reçue et accumulée de rayons ultraviolets, les fameux UV. Rares, ils ne représentent que 5% de l'énergie solaire totale. Ils sont cependant très énergétiques et, surtout, invisibles. La quantité qui parvient au sol est tributaire de deux paramètres clés : la distance Terre-Soleil et l'épaisseur de la couche d'atmosphère traversée. Ce qui explique qu'au final, la saison, la latitude, l'heure et l'altitude modulent la dose reçue par la peau. Les UV sont ainsi 100 fois plus intenses en été et cette intensité augmente de 3% environ quand on gagne 400 mètres en altitude. Rien de commun, donc, entre s'exposer en août à midi par temps clair à 2 500 mètres et à 10 heures du matin en hiver au niveau de la mer par temps couvert. Ces UV sont eux-mêmes constitués à 98% d'UVA et à 2% d'UVB, aux propriétés physiques et aux effets sur la peau différents. Schématiquement, les A pénètrent profondément, jusqu'au derme. Ils traversent les nuages et le verre (à 70% par un pare-brise standard). Ce sont de gros producteurs de radicaux libres - comme le tabac - qui, à long terme, portent atteinte aux membranes des cellules et à l'ADN. Les B, beaucoup plus rares mais très énergétiques, sont stoppés par le verre (à 90% par un pare-brise) et leur action, plus superficielle, ne touche que l'épiderme.

B COMME BRÛLURE, A COMME ÂGE

Dans tous les cas, l'impact des UV n'est jamais anodin, en particulier pour les profils à risques : les phototypes clairs (peau laiteuse, yeux et cheveux clairs), les peaux à grains de beauté ou à taches de rousseur... Reçus à petite dose, les UV - surtout les B - stimulent la production de mélanine, un pigment contenu dans la peau qui la colore et sert aussi de filtre aux UV, créant ainsi un cercle vertueux. L'épiderme s'épaissit également, contribuant à renforcer la protection des couches plus profondes, sensibles aux UVA. D'où l'intérêt d'acquérir, mais progressivement, un hâle léger naturel. Et à condition que ce ne soit pas le prétexte pour prendre plus de soleil, on peut « préparer » sa peau avec des compléments alimentaires (riches en lycopène et en bêtacarotène) ou simplement augmenter sa consommation de tomates et de carottes ! Mais, à plus hautes doses, les effets dommageables, de court et de long terme, superficiels et profonds, prennent vite le dessus : brûlures (coups de soleil), allergies (rougeurs, démangeaisons, boutons...), poussées d'herpès, atteintes pigmentaires (taches brunes, blanches, masque de grossesse), rides, cancers cutanés (carcinomes, mélanomes)...

Mais entre les UVA et les UVB, comment s'y retrouver ? « Retenez simplement ceci, enseigne Catherine Oliveres-Ghouti : B comme Bronzage et Brûlure, A comme Âge et Allergie. » Les UVB, cela peut être autant le bon hâle mais qui peut vite virer au « coup de soleil » (érythème), une véritable brûlure de la peau qui va de la rougeur (premier degré) à la formation de cloques (deuxième degré) avec le risque ultérieur de taches solaires résiduelles disgracieuses. Les UVA, c'est le vieillissement prématuré de la peau, la perte d'élasticité, la flétrissure, les rides...

Le soleil ne fait pas non plus toujours bon ménage avec certaines substances - médicaments, plantes, fruits (pamplemousse), parfums -, dites photosensibilisantes qui peuvent provoquer des réactions : rougeurs, éruptions, démangeaisons... Phototoxiques, elles touchent tout le monde, sont localisées aux zones exposées et liées à la dose d'UV encaissée. Photo-allergiques, elles dépendent de chaque individu, pas de la quantité de soleil absorbée, et s'étendent aux zones du corps non exposées. Ainsi, folâtrer dans les fougères en plein « cagnard », en sueur et légèrement vêtu, se rouler dans l'herbe à la sortie du bain ou utiliser sa tondeuse à gazon sans bac de ramassage peut se payer d'une bonne dermite des prés. Sans gravité réelle, elle provoque un à deux jours plus tard une éruption cutanée qui « dessine » les zones de contact des végétaux avec la peau humide. Autre allergie bien connue, la lucite estivale, avec sa cohorte de petites taches rouges qui ont tendance à démanger et s'épanouissent volontiers sur les zones exposées et souvent négligées : bras, pieds, décolleté...

Sombre tableau ? Pas forcément. « Il suffit d'apprivoiser le soleil à bon escient, en toute conscience », rappelle le docteur Claudine Blanchet-Bardon, vice-présidente du syndicat des dermatologues-vénérologues, à l'initiative de la Journée nationale de prévention et de dépistage des cancers de la peau, créée il y a dix-huit ans. Tout d'abord, de ne pas se surexposer inutilement. « Pour la plupart des gens, il n'y a danger que lorsqu'on fait la crêpe sur la plage. Mais le vrai danger, c'est d'oublier que ce n'est pas là le seul ! C'est aussi jouer au golf sans casquette ou sans gants, randonner en montagne le cou dénudé, tondre sa pelouse en plein soleil, prendre un verre en se pensant protégé par le parasol... », explique-t-elle. « Le soleil est là, même quand on ne le voit pas ! » avertit Catherine Oliveres-Ghouti. Gare aux UV réfléchis, souvent oubliés. La neige en renvoie 85%, la mer 20%, le sable en moyenne 17% (et beaucoup plus s'il est blanc), l'herbe 3% On n'est donc pas à l'abri sous un parasol. Enfin, quand le soleil est au zénith, 30 à 50% des UV traversent quand même les nuages.

Comment se protéger sans se priver ? Première précaution essentielle : ne pas s'exposer lors du pic d'intensité des UV, soit entre 11 h et 16 h. Avec une attention particulière portée aux bébés, aux enfants et aux ados, à la peau encore fragile et peu épaisse. On peut aussi consulter des sites (www.soleil.info/uv-meteo/previsions-uv/) ou des applications (comme SoleilRisk), qui donnent chaque jour les indices UV régionaux. Ou utiliser des patches anti-UV, comme le patch connecté My UV Patch de L'Oréal, distribué par La Roche-Posay, qui se colle sur la peau et mesure les doses d'UV accumulées. Ne pas oublier que les vêtements de couleur sombre sont la meilleure protection solaire - avant les crèmes, lotions ou sprays. Un tee-shirt blanc est moins efficace qu'un noir. Et s'il est mouillé, il laissera passer les UV ! À la plage, au bord d'un lac ou d'une piscine, se souvenir que les rayons pénètrent jusqu'à 60 cm sous l'eau ! On n'oubliera pas non plus les casquettes ou les chapeaux, dont certains « anti-UV ». C'est le cas du Soway, créé par une jeune Bauloise, léger, aux plus hautes normes anti-UV et également anti infrarouges pour garder le crâne un peu au frais.

5 CUILLÈRES À CAFÉ POUR UN CORPS ENTIER

Quant aux écrans solaires, ils font rarement écran, faute d'être bien utilisés. « L'indice » (IP ou FPS), d'abord. Plus il est élevé, plus il stoppe les UV. Plus simplement, retenir qu'un IP 15 signifie qu'un « coup de soleil » franc (érythème) met 15 fois plus de temps à survenir avec la crème solaire que sans elle. Un indice 50, 50 fois plus. « La crème, on n'en met jamais assez », rappelle Catherine Oliveres-Ghouti. En théorie, il faudrait en étaler 2 mg par cm2, soit 35 ml pour « crémer » un corps de taille moyenne. L'équivalent de cinq cuillères à café ! Mais les produits s'altèrent vite au soleil et même les waterproof perdent de leur efficacité dans l'eau. L'application doit être renouvelée toutes les deux heures. Ne pas oublier que toutes les parties du corps exposées doivent être protégées. « Pensez au nez, aux oreilles, les plus oubliées dans l'affaire, au cou et au front, au dessus des pied, aux mains... et, pour les adeptes du nudisme, aux parties génitales : le soleil est un cofacteur des cancers génitaux », avertit Claudine Blanchet-Bardon. Au final, cela représente un tube (et pas celui de l'an dernier !) tous les uns à deux jours. Un vrai budget. Alors, vive le soleil aux heures tièdes, les chemises, les casquettes... Pour garder longtemps sa peau de bébé.

 
 

 

LES PRÉCAUTIONS DE BASE

 

Ne pas s'exposer entre 11 h et 16 h

 

Attention, le soleil est là même quand on ne le voit pas. Les nuages ne font pas écran aux UV, en particulier en altitude. En termes d'UVA notamment, un ciel voilé vaut un ciel bleu. 

 

Se vêtir

 

Les vêtements -  sombres plutôt que clairs - sont la première protection. Protéger (par les vêtements ou de la crème), nez, mains, pieds, oreilles, cou, parties intimes...

 

Ne pas lésiner sur la crème solaire

 

Choisir un indice adapté. Renouveler toutes les deux heures en quantité suffisante. Vérifier la date de péremption.

 

Se protéger des UV indirects

 

La réverbération de l'eau, du sable, de la neige... En voiture aussi. Le pare-brise arrête 90% des UVB, mais 30% seulement des UVA. 

 

Les yeux non plus ne sont pas à l'abri des UV

 

Non protégés, ils souffrent. La cornée s'enflamme, picote et larmoie, la vue se trouble : c'est une kératite, spectaculaire, mais qui se guérit. Côté cristallin, les dommages sont plus sournois avec opacification, cataracte et DMLA. Les verres récents filtrent les UV. Mais attention, tous les verres teintés ne le font pas et la profondeur de la teinte n'est pas un gage de qualité. Vérifiez qu'ils sont étiquetés CE. Parmi les indices (de 0 à 4), choisir celui adapté à l'usage : en général, un 3 suffira pour des vacances standards au soleil. Le 4 est conseillé en bateau ou en montagne - gare aux névés ou aux glaciers très réfléchissants en été - mais ne conduisez pas avec. 

 

 
 
 

 

LE SIÈCLE DES BRONZÉS

 

Sans le soleil, la vie sur Terre serait impossible. Ce n'est pas sans raison que l'astre jaune occupe une place dominante dans toutes les cultures, de Râ en Egypte, à Huitzilopochtli chez les Aztèques, en passant par Apollon, dieu solaire sur le tard ou Amaterasu, la déesse du soleil dont descendrait la famille impériale japonaise. Son empreinte sur la peau, le hâle, est également un marqueur sociologique. En Occident, la carnation laiteuse chez la femme a longtemps été un signe d'aristocratie, preuve qu'elle n'était pas obligée de travailler dehors, contrairement aux paysannes. Au xxe siècle, la valorisation et la libération du corps (bikini, topless, nudisme...) associées aux congés payés synonymes de temps libre et d'évasion, ont inversé la donne. Au point de faire du hâle un signe ostentatoire de « bonne santé ». 

 

 
 
 

 

CABINE À UV : LES PARADIS ARTIFICIELS

 

« Les UV artificiels, on sait au premier coup d'oeil qui s'en fait ! À moins de 50 ans, on a la peau de quelqu'un de 65 ans. » Le docteur Claudine Blanchet-Bardon est formelle. Et très remontée contre les cabines à UV, comme de nombreux dermatologues. « Vingt minutes d'exposition, c'est l'équivalent de trois heures au soleil des tropiques », ajoute la dermatologue-vénérologue Catherine Oliveres-Ghouti. En théorie, les lampes (sauf quand elles sont usées !) ne dispensent que des UVA, hier supposés non cancérigènes, à l'inverse des UVB. Une affirmation que les dernières études scientifiques viennent battre en brèche. La législation, toujours en théorie, interdit les cabines aux mineurs et impose d'informer des risques les femmes enceintes, les phototypes clairs, les peaux à taches de rousseur... Pour celles et ceux qui seraient malgré tout tentés par l'exercice, il est indispensable de s'enquérir du sérieux de leur prestataire. Mais gare à ne pas devenir « accro ». L'addiction, liée aux endorphines, a même un nom : la tanorexie.


Lesechos.fr/

 

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