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Solar Impulse réécrit l’histoire de l’aviation

Publié par MaRichesse.Com sur 26 Juillet 2016, 05:49am

Catégories : #TECHNOLOGIE, #VOYAGE

Solar Impulse réécrit l’histoire de l’aviation

En 2003, l’aéronaute vaudois Bertrand Piccard disait vouloir «réécrire l’histoire de l’aviation avec l’énergie solaire». Seulement treize ans plus tard, il y est parvenu de la plus belle des manières: en signant, avec son compère André Borschberg, le premier tour du monde en avion sans la moindre goutte de carburant, un périple de près de 40 000 km réalisé en 17 étapes.

 

Très tôt mardi 26 juillet, et après un vol de deux jours depuis Le Caire en Egypte, Bertrand Piccard a posé l’avion solaire Solar Impulse 2 (Si2) sur le tarmac de l’aéroport Al Bateen d’Abou Dhabi, aux Emirats Arabes Unis, d’où son collègue était parti lors de la première étape, le 9 mars 2015.

Dans la nuit torride de la péninsule arabique, par 37 degrés et des rafales de vent brûlant, Solar Impulse a d’abord décrit de grands cercles à la façon d’un condor majestueux, en se rapprochant à chaque fois un peu plus de la piste. 

 

Atterrissage sous les applaudissements

Alors que les organisateurs peinaient à contenir la horde de journalistes et caméramans qui se rapprochaient dangereusement du tarmac, Solar Impulse a entamé son approche finale pour se poser avec la légèreté d’une plume, dans un incroyable silence que sont venus rompre, quelques secondes avant l’atterrissage, les couinements de ses hélices. Puis les clameurs s’emparèrent de l’aéroport sous les applaudissements, les sifflets et les cris de joie des spectateurs.

 

«Plus qu’un exploit dans l’histoire de l’aviation, c’est un exploit dans l’histoire des énergies renouvelables [que nous venons d’accomplir]. C’est maintenant à votre tour d’aller plus loin!», a lancé Bertrand Piccard à peine sorti du cockpit. Le prince Albert II de Monaco, l’un de ses soutiens principaux, l’a rapidement rejoint. «Solar Impulse rentre dans l’histoire. Et nous nous souviendrons de ce jour qui restera celui d’une grande victoire pour l’aviation solaire, ainsi que […] pour la protection de la planète, notre plus grand devoir». 

 

Solar Impulse, une aventure suisse

Impossible de faire le bilan de l’épopée de l’avion solaire sans rappeler le rôle qu’a joué la Suisse. C’est la Conseillère fédérale Doris Leuthard qui s’en est chargée dans son discours: «Solar Impulse 2 a prouvé au monde qu’en misant sur l’éducation et les énergies durables, tous nos rêves peuvent se réaliser. Nous en avons la preuve avec les universités suisses impliquées dans cette aventure, en particulier l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, qui a développé des technologies synonymes d’espoir pour les générations futures».

Vous avez prouvé que l’impossible est possible et que l’innovation ne connaît pas de limites.

Autre pays à revendiquer un petit lien de parenté avec Solar Impulse, les Emirats Arabes Unis ont joué la carte de l’écologie avec la présence du Ministre d’Etat Sultan Ahmed Al Jaber: «Vous avez prouvé […] que l’impossible est possible et que l’innovation ne connaît pas de limites. Abou Dhabi […] et Solar Impulse partagent le même esprit pionnier et le même engagement pour promouvoir et faire progresser les technologies propres et innovantes au service du développement durable». Dans un pays occupant la troisième place en termes d’empreinte carbone par habitant, et sous un chapiteau truffé de climatiseurs, cette affirmation fut quelque peu hasardeuse.

Débuts périlleux

Manque d’intérêt de la part de sponsors, méfiance voire défiance vis-à-vis du projet… Les débuts de l’aventure Solar Impulse s’inscrivent dans la plus pure tradition de l’histoire des grands explorateurs. Mais à force de persévérance, ce qui n’était qu’une idée en 1999 a fini par se concrétiser au fil des années: premier vol en 2009, jusqu’à ce tour du monde en 2015-2016. Un périple qui a connu son plus gros pépin en juillet 2015, lorsque des avaries matérielles survenues au niveau des batteries l’avaient cloué dans un hangar hawaiien pendant 10 mois.

 

Avec 2694 kilomètres parcourus, cette ultime étape fait certes pâle figure comparée aux quelque 8900 kilomètres avalés par André Borschberg entre Nagoya au Japon et Hawaii, en cinq jours et cinq nuits, établissant le record du plus long vol en solitaire sans ravitaillement et sans escale. Ou encore les 6 300 km de traversée de l’Atlantique entre New York et Séville, reliées en trois jours… La dix-septième étape du périple n’était donc ni la plus longue, ni la plus difficile, encore moins la plus spectaculaire. Pourtant, c’est bien celle qui restera dans l’histoire.

Ce saut de puce n’était pas gagné d’avance pour autant. Les conditions météorologiques avaient conduit l’équipe à reporter le décollage, notamment en raison de températures extrêmes, flirtant avec la limite de ce que pouvait supporter l’avion.

 

La question de l’héritage

Mais le frêle appareil a cependant bien encaissé ces conditions défavorables, à en croire André Borschberg. «Nous avons fait des tests avant le décollage qui nous ont permis de réhausser la limite de température que nous nous étions fixée, si bien qu’il est en parfaite condition», indique le pilote qui souligne que Solar Impulse n’a volé que 700 heures sur les 2000 potentiellement utilisables. «Du coup, nous réfléchissons à son utilisation future, ce serait dommage de le mettre à la retraite immédiatement». L’avion pourrait servir selon ses dires à des vols d’essais, pourquoi pas dans le cadre du développement d’une nouvelle génération de drones solaires stratosphériques, une idée qu’André Borschberg aimerait voir concrétisée et industrialisée.

S’il est encore tôt pour esquisser précisément l’héritage légué par Solar Impulse, on peut tout de même s’interroger sur l’avenir de l’aviation civile. Bien que les vols long-courriers demeurent loin de troquer le kérosène contre les rayons du soleil, Bertrand Piccard parie que d’ici à dix ans, nous aurons des avions électriques embarquant une cinquantaine de passagers pour des vols courts et moyens courriers, écrit-il sur son blog.

Lire aussi: Après Solar Impulse, vers un comité mondial pour promouvoir les énergies «vertes»

Ainsi énoncée, la prédiction peut faire sourire. Mais n’en était-il pas de même il y a à peine 15 ans lorsqu’il prophétisait faire le tour du monde avec un avion qui n’existait alors que de son imagination? C’est à lui qu’il faut donc laisser le dernier mot: «Il n’y a qu’une seule façon d’échouer, c’est de ne pas essayer.» 

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