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Poussées par la faim, des Vénézuéliennes traversent la frontière colombienne

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Juillet 2016, 03:12am

Catégories : #MONDE

Poussées par la faim, des Vénézuéliennes traversent la frontière colombienne

Vêtues de tee-shirts blancs en symbole de paix, plusieurs centaines de Vénézuéliennes ont franchi, mardi matin, les barrages militaires frontaliers pour aller acheter des biens de première nécessité en Colombie. Après s’être réunies pour passer en nombre, elles ont traversé le pont international Francisco-de-Paula-Santander en chantant leur hymne national, rapporte le journal La Opinión de la région de Cúcuta, ville colombienne dont elles ont envahi les magasins.«Nos enfants meurent de faim. Nous voulons seulement acheter des biens qu’il n’y a pas chez nous», a justifié une des femmes au journal.

 

Déjà, une vingtaine de jours auparavant, 400 femmes étaient passées en Colombie pour acheter des médicaments. La frontière de 2 219 kilomètres entre ces pays avait été fermée, en août, à la demande de Nicolás Maduro, président de la République bolivarienne du Venezuela, sous le prétexte de limiter la contrebande.

Mercredi soir, Juan Manuel Santos, son homologue colombien, a annoncé sa volonté de rouvrir le passage entre les deux Etats. Il faut«être deux pour danser et deux pour ouvrir la frontière», a-t-il précisé. Sa cheffe de la diplomatie, María Angela Holguín, avait déjà annoncé dans la journée être prête à élargir le corridor humanitaire. Il avait été créé en septembre pour limiter les graves pénuries que connaît le Venezuela, pays exportateur de pétrole durement touché par la chute des prix du baril.

 

L’économie du désespoir

«Ces corridors sont une bonne stratégie pour forcer Maduro à rouvrir la frontière, analyse Eduardo Rios, chercheur vénézuélien en sciences politiques au Centre de recherches internationales (Ceri) de Sciences-Po. Avec le flux d’habitants qui cherchent à la franchir pour s’approvisionner, ils ne pourront contrôler le corridor et seront forcés de rouvrir.» Les pénuries de nourriture comme de biens de première nécessité deviennent telles, au Venezuela, qu’une «économie du désespoir» s’est mise en place, notamment dans les régions frontalières.

 

«Des femmes passent la Guardia du Venezuela», lit-on dans ce tweet de La Opinión.

«Cette frontière est historiquement très poreuse, explique Eduardo Rios. Avec l’inflation colossale du bolivar [la monnaie vénézuélienne, ndlr], de nombreuses personnes la traversaient avant sa fermeture, pour acheter des biens en Colombie et les revendre à des prix démentiels au marché noir, dans leur pays.» C’est ce qu’a tenté de stopper Nicolás Maduro l’an dernier, en fermant la frontière. Seulement, la situation économique s’est aggravée dans le pays et les trafics ont repris par le biais de militaires corrompus.

 

Le régime se craquelle

Alors que sa cote de popularité est au plus bas, Nicolás Maduro se retrouve dans une position plus qu’inconfortable. L’opposition demande la tenue d’un référendum révocatoire et les élections des gouverneurs approchent à grands pas. S’ajoutent à cela les multiples émeutes de la faim, quasiment tous les jours dans le pays, l’état catastrophique du système de santé et le prix du pétrole qui peine à remonter.

 

«Maduro réfléchit à la meilleure manière de lâcher du lest, mais il n’a pas de marge de manœuvre. Avec le passage au centre droit de la plupart des anciens pays alliés de Chávez, il se trouve isolé dans la région», continue Eduardo Rios. Le régime chaviste est au bord de l’effondrement, et le problème frontalier avec la Colombie pourrait bien être le coup de grâce. 

 Source

 

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