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Conseils, science, sante et bien-être


Pourquoi sommes-nous si fatigués?

Publié par MaRichesse.Com sur 23 Juillet 2016, 14:50pm

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #SCIENCE

Pourquoi sommes-nous si fatigués?

Oui, nous sommes particulièrement sollicités par les e-mails, téléphones, propositions, et mille autres possibles que notre société envahie d'informations nous offre. Mais nous avons toujours été fatigués, et chaque époque a eu sa fatigue un peu particulière.

Vous vous sentez fatigué? Vous n’êtes pas le seul. Regardez autour de vous, dans le métro, ou sur les bancs, ces gens qui ferment les yeux le matin, comme s’ils essayaient de continuer leur nuit. Quelle est la complainte que vous entendez le plus au travail: «je suis cre-v黫j’ai vraiment besoin de vacances» ou, au retour de congés, «l’effet de mes vacances n’aura quasiment pas duré, je suis à nouveau déjà épuisé»? Écoutez autour de vous les gens se plaindre de maux de dos, de ventre, de rhumes ou autres maladies à répétition, qui disparaissent bizarrement lorsqu’ils prennent enfin un break de plus d’une semaine. Lorsqu’ils peuvent enfin dormir, ce luxe devenu si rare.

Les chiffres sont là: en moyenne, chaque Français perd 6,1 heures de sommeil par semaine,selon une étude du cabinet Occurence repérée par le Huffington Post en octobre 2015. Un actif français sur quatre est victime de somnolence la journée, un sur cinq est insomniaque et un sur dix s’est déjà endormi au volant sur son trajet de travail, selon une étude de l’Institut national du sommeil et de la vigilance signalée par le même média en novembre 2012«Pourquoi suis-je si fatigué?» est même l’une des phrases les plus fréquemment recherchées sur le moteur de recherches Google.

Une histoire de la fatigue

Et cette fatigue a clairement un coupable: le travail. C’est pendant la semaine que les gens dorment le moins. Et c’est leur travail qui leur pompe principalement toute leur énergie: près de deux salariés sur dix se disent au bord du burn-out, principalement à cause de l’intensité du travail. Si bien que nous pensons, et à juste titre, que c’est notre époque, une époque où «le capitalisme est à l’assaut du sommeil», pour reprendre le titre d’un livre de Jonathan Crary, qui est en cause. Sauf que…

 

Il y a presque toujours eu des «burn-out» et des couches entières de la population se sentant fatiguées

 

Sauf que nous nous sommes toujours sentis fatigués. Peut-être pas la même fatigue, exactement. Et peut-être pas la même intensité. Mais contrairement à l’image d’Épinal que nous pouvons parfois avoir de temps anciens où les paysans languissaient dans les champs et où les ouvriers s’ennuyaient sur leurs machines, il y a presque toujours eu des «burn-out» et des couches entières de la population se sentant fatiguées. C’est ce que démontre une historienne de l’Université du Kent, au Royaume-Uni,  Anna Katharina Schaffner, dans son nouveau livre, sobrement intitulé Histoire de l’épuisement, qu’a lu la BBC.

Tous ces écrivains neurasthéniques...

Dès l’antiquité, le médecin grec Claude Galien postulait l’existence de quatre humeurs dans le corps, sang, bile jaune, bile noire et phlegme. La bile noire, venant de la rate, était soupçonnée d’être à l’origine de la fatigue, et de la mélancolie. Tous ces gens fatigués, ou qui rient nerveusement, coupons leur la rate! prescrivaient certains adeptes de la «chirurgie splénique».

Au IVe siècle après Jésus-Christ, le moine ascète Evagrius Ponticus observa que ses congénères piquaient régulièrement du nez vers midi. Mais quel était donc ce démon qui les endormait? Le «démon de midi», pardi!

Quelques centaines d’années plus tard, au IVe siècle après Jésus-Christ, le moine ascète Evagrius Ponticus observa que ses congénères piquaient régulièrement du nez vers midi. Mais quel était donc ce démon qui les endormait? Le «démon de midi», pardi! en conclut le moine, persuadé qu’un mal inconnu venait retirer aux hommes leur force et leur foi.

Bien plus proche de nous, la médecine moderne inventa un terme pour décrire tous ces symptômes de fatigue et de léthargie, que l’on attribuait au XIXe siècle aux changements rapides de la révolution industrielle: la neurasthénie. Et les neurasthéniques, qui semblaient sans force, atteints de maux de tête et de perte de joie de vivre, étaient nombreux, surtout chez les intellectuels et écrivains: on y trouve Oscar Wilde, Charles Darwin, Thomas Mann ou encore Virginia Woolf. La neurasthénie recouvrait en fait ce qu’on appelle aujourd’hui tantôt le burn-out ou la dépression.

 

Se sentir moins seul

Si, pour Anna Katharina Schaffner, «nous avons toujours ressenti de la fatigue», ce qui change à travers l’histoire, ce sont les causes et les effets de cette fatigue: la démocratisation de l’éducation, la montée du capitalisme au XIXe siècle et, aujourd’hui, les sollicitations des nouvelles technologies et d’un travail qui doit être toujours «plus productif».

 

 

Anna Katharina Schaffner s’est en tous cas guérie de sa propre fatigue en se plongeant dans ces recherches. «Faire des recherches et écrire sur l’épuisement m’a, paradoxalement, donné beaucoup d’énergie», dit-elle. Cet article ne vous enlèvera peut-être pas votre burn-out mais, avec un peu de chance, il vous soulagera un petit peu. Car comme dit l’historienne,«c’est rassurant d’apprendre que nous ne sommes pas seuls à ressentir ce que nous ressentons». Vous voyez? Vous ne baillez déjà plus. 

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