Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Nos smartphones sont devenus des armes d’autodéfense

Publié par MaRichesse.Com sur 10 Juillet 2016, 03:32am

Catégories : #TECHNOLOGIE

Nos smartphones sont devenus des armes d’autodéfense

Il porte une casquette sur le côté, titube un peu, une main dans la poche. Le fond de l’œil n’est pas vif et son regard n’est pas fixe. Elle le filme et lui intime un ordre :

« Dis-le ! »

Gêné, il obtempère. Avec l’ivresse, les consonnes s’effacent un peu.

« Azmina, ce que j’ai fait était complètement inacceptable. Tu es une très belle femme que je trouve attirante mais, faire ça, c’était vraiment mal à tous les niveaux et je suis vraiment désolé.

– Faire quoi ?

– Te frapper l’entrejambe. Je suis vraiment désolé. »

Cette vidéo a donc été tournée par Azmina, une jeune Londonienne, à l’aide de son smartphone. Dans un post Facebook, elle raconte le contexte. Ce soir là, elle était avec son petit ami, tout près des festivités de la Gay Pride. Quand tout à coup cet homme l’a agressée.

« Ne pas en faire toute une histoire »

Dans son texte, la jeune femme explique qu’elle a utilisé son portable comme dernier recours, dans une situation où elle se sentait tout à fait démunie.

Après avoir d’abord demandé à la jeune femme de le laisser tranquille (elle l’assaillait de questions), le garçon finit par fournir des explications qu’Azmina ne juge ni satisfaisantes, ni acceptables. Elle est belle. Il est ivre. Voilà.

Dans son post Azmina écrit : 

« Malgré des excuses répétées, il continuait à me rendre dingue en me disant de ne pas en faire toute une histoire. [...]

Et donc je lui ai dit que si ses excuses étaient sincères, je voulais qu’il les dise dans une vidéo – et qu’il fallait qu’il dise mon nom en s’excusant de ses actes pour que je puisse montrer au monde que le harcèlement sexuel ce n’est JAMAIS normal.

J’ai sorti mon téléphone et filmé cette pourriture qui m’a littéralement dit : “Je suis désolé de t’avoir tapé dans l’entrejambe”. »

Une belle punition

On imagine le type en train de se terrer dans son appartement. Sa tête d’idiot ivre est partout sur les réseaux sociaux. Une belle punition.

Une femme en train d'utiliser la caméra de son iPhone
Une femme en train d’utiliser la caméra de son iPhone - axelle b/PublicDomainPictures/CC

Jointe par e-mail, la jeune femme qui se définit comme une féministe convaincue du plus loin qu’elle se souvienne, explique que l’individu dans la vidéo n’est toujours pas identifié et qu’elle envisage de le poursuivre en justice.

Elle a été très surprise du succès de sa vidéo vue près de 150 000 fois sur Facebook, partagée des centaines de fois sur Twitter aussi. 

« J’aurais été contente si 150 personnes avaient vu la vidéo, 150 000 c’est vraiment fou ! »

Des messages du monde entier lui ont été envoyés. 

« Ceci dit, rendre cette histoire publique n’a pas été un choix facile. Si vous parlez des problèmes féministes comme la violence faite aux femme, il y a de grands risques que vous deviez affronter plus de harcèlement en ligne. C’est d’ailleurs très ironique (et effrayant) que je craigne le harcèlement pour avoir dénoncé du harcèlement. »

Pour se préserver, elle a choisi d’éviter de lire les commentaires.

« Non mais montrez-moi votre tête »

L’histoire d’Amina a ceci d’intéressant qu’elle énonce un fait : harceler ou faire du mal, impunément, dans un lieu public, est de plus en plus compliqué avec les smartphones et les réseaux sociaux.

On l’a vu pendant les manifs contre la loi travail en France : les violences post-manifs étaient documentées sur Periscope.

On peut repenser à un exemple récent et plus people : Sophie Marceau en train de filmer des paparazzis.

« Pourquoi vous ne voulez pas vous montrer ? Alors moi, je n’ai pas le droit de vous filmer, mais vous vous me filmez autant que vous voulez ? Non, mais montrez-moi votre tête, monsieur. »

Dans un autre genre, on a vu à la fin du mois de juin cette baby-sitter mettre un enfant en bas-âge sous un jeu d’eau, une sorte de seau qui se vide. Sauf que l’enfant est petit, le seau énorme. A chaque déversement, il se prend une méchante cascade sur la tête... 

Voyant la baby-sitter recommencer plusieurs fois le même manège, le bébé pleurer et avaler de l’eau, une passante outrée a décidé de filmer la scène et l’a postée sur Facebook pour dénoncer cette maltraitance.

Plusieurs millions de vues plus tard, la baby-sitter est virée. Les parents du bébé avaient vu la vidéo...

Une réponse appropriée

Pour autant faut-il recommander à toute personne agressée ou témoin d’une agression de se mettre à filmer ?

« Certainement pas », répond Azmina : 

« Si vous êtes agressé-e sexuellement, il vous faut une réponse qui vous corresponde. Dans ce contexte, moi j’étais avec mon petit ami, c’était un quartier animé avec beaucoup de monde autour et, en tant que militante féministe, je connaissais les risques d’une telle vidéo. Par le passé, j’ai souvent été agressée sans réagir. »

Dans une rue sombre, sans personne autour, il n’est pas certain que sortir son téléphone pour filmer en direct son agresseur permette de renverser le rapport de force. 

 Source

Commenter cet article

Archives