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Conseils, science, sante et bien-être


Mort dans des conditions insalubres

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Juillet 2016, 05:01am

Catégories : #FAITSDIVERS, #CANADA

Mort dans des conditions insalubres

Un Québécois incapable de prendre soin de lui-même est mort de la tuberculose dans des conditions insalubres, déplorent deux de ses frères qui se demandent pourquoi personne n’a pu lui venir en aide avant qu’il ne soit trop tard.

François et Jean-Pierre Cantara sont révoltés de la triste fin de vie de leur frère Jean-Louis, un biochimiste et programmeur informatique.

Avant de mourir, le Montréalais faisait ses besoins sur le sol et dormait sur de vieux journaux souillés.

 

«J’ai vu la chambre et j’ai senti. C’était infect. Ça n’a pas de sens de vivre dans des conditions semblables. C’est laisser un être humain croupir dans sa merde», affirme Jean-Pierre.

Reclus dans sa petite chambre, le sexagénaire malade avait volontairement coupé les liens avec sa famille depuis plus de 15 ans. Ce n’est que tout récemment que ses frères ont appris la mauvaise nouvelle, juste avant de constater l’horreur dans un immeuble de la rue Goyer, à Montréal.

François Cantara, Frère du défunt
PHOTO JOËL LEMAY, AGENCE QMI
François Cantara, Frère du défunt

Expulsé

Jean-Louis est mort le 19 juin 2016, mais la police n’a réussi à rejoindre ses proches que trois semaines plus tard, le 8 juillet.

Pour sa part, François Cantara se demande s’il est possible pour les services sociaux d’intervenir sans le consentement d’une personne. En 2012, Jean-Louis avait été expulsé d’un autre logement pour une question d’insalubrité. La décision de la Régie du logement évoquait des «odeurs nauséabondes dans le couloir, la contamination des voisins et un problème d’agressivité».

Déjà à l’époque, ses frères croient que sa santé mentale se dégradait. L’homme malade n’avait pas rédigé de mandat en cas d’inaptitude.

«Comment des gens qui ont été informés de la situation de mon frère ont-ils pu s’en laver les mains? Qu’est-ce qu’il faut de plus pour qu’on intervienne?»

Sans le savoir, Jean-Louis a peut-être contaminé ses voisins d’étage avec lesquels il partageait les toilettes. Le danger de transmission de la tuberculose est plus grand pour les personnes vivant sous le même toit.

Jean-Louis Cantara
PHOTO D’ARCHIVES
Jean-Louis Cantara

Besoin de soins

«Son concierge, d’une grande humanité, a tout fait pour l’aider. Mon frère avait besoin d’être institutionnalisé. Il était incapable de décider ce qui était bon ou mauvais pour lui. Ce n’est pas normal de mourir comme ça en 2016», ajoute François.

Depuis le décès de Jean-Louis, François Cantara a tenté d’obtenir des réponses auprès de la Santé publique, la police de Montréal, les services sociaux, Urgences-Santé, le Protecteur du citoyen et l’Ombudsman de la ville. Il a également contacté la députée Véronique Hivon, porte-parole de l’opposition officielle en matière de soins de fin de vie.

«Il n’y a pas un million de personnes qui s’appellent Cantara. Une agonie de cinq ans, ça n’a pas de sens. Si on m’avait appelé alors qu’il était vivant, j’aurais fait quelque chose.»

TROP DE CLSC N’INTERVIENNENT PAS

L’avocat spécialisé Jean-Pierre Ménard croit que le personnel des CLSC devrait minimalement aller frapper à la porte des patients en perte d’autonomie pour éviter d’autres décès semblables.

Avec une population vieillissante et des familles moins nombreuses, les cas comme celui de Jean-Louis Cantara risquent d’augmenter et les gens doivent savoir qui contacter pour obtenir du soutien rapidement.

«Si vous décidez de couper les ponts avec vos proches et que vous refusez l’aide, personne ne peut grand-chose pour vous. Mais si vous êtes en perte d’autonomie, la démarche est de le signaler au CLSC et au curateur public», explique Me Ménard.

Inaction déplorée

Si la personne malade et isolée a besoin de protection, le CLSC fera un rapport au curateur public, qui amorcera l’ouverture d’un régime de protection.

«À ce moment-là, le CLSC va aller voir chez vous. C’est le rôle des services sociaux de répondre à ce type de besoin. Normalement, ils vont au moins aller cogner à la porte pour voir», ajoute l’avocat.

Me Ménard déplore l’inaction de certains CLSC qui, en l’absence d’informations suffisamment graves, n’agissent pas.

«Ce n’est pas parce que quelqu’un refuse des soins qu’on l’abandonne. On s’est donné les moyens d’une certaine solidarité sociale et il existe des mécanismes dans la loi.» 

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