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Leur homonyme est un terroriste et c'est dur

Publié par MaRichesse.Com sur 29 Juillet 2016, 12:01pm

Catégories : #FAITSDIVERS, #INSOLITE

Leur homonyme est un terroriste et c'est dur

Ils s'appellent Salah Abdeslam, Mohamed Merah ou Mohamed Bouhlel. Ceux-là n'ont commis aucun attentat, mais depuis la diffusion de leur identité, confondue avec celle de terroristes, ils traversent des difficultés, au travail comme dans leur vie quotidienne.

Après l’attentat terroriste qui a visé l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, se pose la question de la propagande du groupe Etat islamique relayée par les médias. A savoir : faut-il montrer le visage des terroristes dans les médias ? Le Monde, la Croix, Europe 1 et BFM TV ont estimé que non. Libération, oui. En parallèle de la question de l’image, il y a celle de l’identité. Avec la répétition des attentats terroristes, de nombreux noms ont circulé : Salah Abdeslam, Mohamed Merah, Cherif Kouachi, ou plus récemment Abdel Malik Nabil Petitjean et Mohamed Lahouaiej Bouhlel. 

Car c’est un fait : les terroristes aussi ont leur homonyme. Des personnes qui n’ont rien à voir avec les actes perpétrés par les forcenés. Ils vivent dans l’anonymat, jusqu’au jour où leur identité est endossée par l’un de ces tueurs. A tel point qu’ils en sont réduits, parfois, à devoir s’excuser d’actes qu’ils n’ont pas commis. C’est le cas de Mohamed Merah, qui subit, depuis 2012, les désagréments liés à des actes qu’il n’a pas commis (les tueries de Toulouse et Montauban). Malgré que le terroriste a été tué par les forces de l’ordre, l’homonyme a reçu des appels énervés : «Au départ, j’ai eu quelques coups de fil du genre “on va tous vous tuer”. Du côté de ma mère, on a déposé une main courante», explique-t-il.

«Je vois bien que mon nom fait grincer des dents»

Depuis quatre ans, chaque démarche administrative est devenue problématique. Voilà trois ans que Mohamed Merah est au chômage, la faute à un handicap et, il en est persuadé, à son nom. «Quand je cherche du travail, et que je me présente dans les mairies par exemple, ils sont réticents. Je vois bien que mon nom fait grincer des dents. Quand je vais voter aussi, et que les gens entendent “Mohamed Merah a voté”, tout le monde se retourne.» Il y a quelques mois, il a voulu réserver une location de vacances en Espagne. Lorsqu’il envoie un mail avec son nom et son prénom, il ne reçoit plus de nouvelles du propriétaire, malgré ses relances. «Le propriétaire a fait l’amalgame, c’est sûr. Mais j’arrive à comprendre, si mes enfants avaient un animateur qui s’appelait Marc Dutroux, je tiquerais aussi.»

Depuis plusieurs mois, les médias relayent d’autres histoires du genre. Peu après les attentats du 13 Novembre par exemple, une personne présente son passeport à La Poste de Pierrefitte-sur-Seine. Son nom : Salah Abdeslam. L’un des employés, persuadé qu’il s’agit du terroriste en fuite, appelle les forces de l’ordre. C’est le Raid qui intervient finalement, alors que l’individu n’était qu’un homonyme. Les policiers mettront quelques minutes, vidéosurveillance à l’appui, à se rendre compte de leur méprise. L’Express détaillait aussi l’histoire de Grégoire Moutaux, homonyme du terroriste arrêté en Ukraine. Le jeune homme est harcelé sur les réseaux sociaux et par les médias jusque devant le domicile de ses parents.

Certains de ces homonymes déplorent que les autorités diffusent certains noms dans leur intégralité, même s’ils ont conscience qu’ils ne peuvent rien y faire. Mohamed Bouhlel, homonyme du tueur de Nice, vit encore en Tunisie. S’il n’est pas encore revenu en France – donc, pour l’instant, épargné des problèmes liés à son identité – il appréhende son retour. Son frère questionne néanmoins : «Pourquoi diffuser le nom de Mohamed Lahouaiej Bouhlel ? Son nom c’est Mohamed Lahouaiej, non ? Pourquoi diffuser son deuxième nom ? Ça porte tort à tous les homonymes.» D’autant que Mohamed Bouhlel est un nom très commun en Tunisie. L’identité de l’auteur de la tuerie de Saint-Etienne-du-Rouvray, Abdel Malik Nabil Petitjean, a également été diffusée par les autorités. Rendant le nombre d’homonymes possible plus important : Abdel Malik Petitjean, mais aussi Abdel Malik Nabil.

Changer d’identité, un dilemme

Les tracas liés à l’identité des terroristes ne concernent pas que les homonymes. Ils touchent aussi des personnes qui ont le même patronyme, ou, plus étonnant, ceux dont l’abréviation est similaire. Le fils d’Abdoulaye Sylla, un père de famille à Reims, raconte l’embarras qu’il a vécu, peu après le 13 novembre. A première vue, son nom n’a rien à voir avec celui de Salah Abdeslam. Pourtant, l’homme veut réaliser un virement à sa fille, quelques jours après les attentats de Paris. Impossible d’accéder à son compte. Il se rend à la banque où on lui signifie que ce dernier est bloqué à cause de l’abréviation de son identité, qui figure sur son livret : «S. Abd». Comme «Salah Abdeslam», encore en fuite. Il faudra un recours de la part de la famille pour résoudre l’incident.

Bien sûr, tous ont déjà songé à changer d’identité. La loi autorise les personnes portant «un nom difficile à porter, car pouvant être perçu comme ridicule ou péjoratif». Une simple demande à la Dila (Direction de l’information légale et administrative) peut suffire. Mais pour certains, comme Mohamed Merah, il en est hors de question :«Quand je suis allé à Pôle emploi, on m’a proposé de changer de nom. Mais il en est hors de question, c’est celui de ma famille, je ne changerai pas. Je n’ai jamais cherché à me cacher, et je n’ai pas à me cacher d’ailleurs. Même si, c’est vrai que j’entends mon nom au minimum une fois par mois à la télé, et que c’est difficile, j’ai ma personnalité, elle est loin de celle du terroriste et je le sais.» 

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