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Les voitures autonomes vont nous obliger à être plus attentifs

Publié par MaRichesse.Com sur 6 Juillet 2016, 09:11am

Catégories : #TECHNOLOGIE

Les voitures autonomes vont nous obliger à être plus attentifs

Reprendre les commandes peut être plus complexe dans un véhicule semi-autonome que dans un avion.

Si vous pouviez vous glisser dans le cockpit d’un avion, vous ne vous sentiriez probablement pas comme Mav, Goose ou Iceman, les héros de Top Gun. Vous seriez au contraire un peu déboussolé. Aujourd’hui, piloter signifie entrer un itinéraire dans un ordinateur, appuyer sur des boutons, tourner des manettes et regarder des indicateurs se mouvoir comme s’ils étaient dirigés par une main invisible. Un tableau de bord coloré vous indique l’état des systèmes de vol et vous renseigne sur les appareils à proximité, le relief et les conditions météorologiques. Quand un danger potentiel est détecté, l’ordinateur vous le signale.

Ces technologies débarquent désormais dans nos voitures. Comme les avions, celles-ci ne sont pas encore totalement autonomes, mais la main invisible de la technologie est déjà capable de prendre en charge de nombreux aspects de nos déplacements. Le GPS calcule notre itinéraire et nous dit où aller. Nous pouvons appuyer sur un bouton pour que notre véhicule reste dans sa file, maintienne la distance de sécurité avec la voiture qui précède et ralentisse quand le type devant nous freine brusquement. D’une simple pression du doigt, nous pouvons dire à la nouvelle Mercedes-Benz que nous voulons changer de voie: celle-ci va attendre le bon moment et s’occuper de tout. En cas de problème, nous sommes avertis par le pilote automatique.

Pour des automobilistes habitués à avoir les mains et les pieds occupés sur le levier de vitesse, le volant, les différentes manettes, l’accélérateur et le frein, ce nouveau rôle peut sembler déstabilisant. En effet, les constructeurs de véhicules semi-autonomes nous expliquent que nous sommes censés rester assis bien sagement tandis que cette main invisible fait ce qu’elle a à faire, tout en demeurant prêts à intervenir en cas de défaillance technique. Mais serons-nous vraiment capables d’agir le moment venu? En effet, quand l’automatisation a été introduite dans les avions, les pilotes se sont mis à tellement discuter entre eux que la Federal Aviation Administration, l'autorité américaine des transports aériens, a dû interdire les conversations non essentielles dans les cockpits. Il est bien sûr impossible de faire de même dans les voitures. Plus grave encore, les pilotes laissent parfois leur esprit vagabonder au point d’en oublier où ils sont. Idem pour les conducteurs. Enfin, jeter un œil sur ses équipements électroniques personnels fait désormais partie de la routine des pilotes. Idem, évidemment, pour les automobilistes. Or une personne distraite est-elle vraiment en mesure de reprendre le contrôle en cas de besoin?

 

Les routes sont beaucoup moins civilisées

Mes collègues et moi-même pensons que les pilotes peuvent occasionnellement rencontrer des difficultés au cours d’évènements rares et inhabituels, mais que, la plupart du temps, les contradictions entre pilotes, ordinateurs et distractions se résorbent rapidement. Le nombre de crash est d’ailleurs à un niveau historiquement bas. Les automobilistes auront-ils la même chance? Peut-être pas. Car si, dans les cieux amicaux, les tensions entre pilotes, automatisations et dangers sont rapidement résolus, les routes sont, quant à elles, bien moins civilisées. Et quand votre pilote automatique a besoin que vous repreniez le contrôle de votre voiture, vous avez intérêt à être en pleine possession de vos moyens. Peu importe que les pilotes propulsent un tube d’aluminium de 90 tonnes à près de 12 km d’altitude à une vitesse tout juste inférieure à celle de la lumière. En réalité, les automobilistes font quelque chose de bien plus dangereux.

Dans un avion, les pilotes ont trois principaux dangers à surveiller: la météo, les montagnes et les autres avions. La plupart d’entre eux peuvent être facilement anticipés grâce à l’ordinateur de bord.

Dans une voiture, il y a bien plus de trois choses à craindre. Certains conduisent dangereusement, voire sous l’emprise de l’alcool. D’autres écoutent du death metal à plein volume et ne remarqueront peut-être même pas que vous êtes là. Certains vous coupent la route. Aussi, on n’a jamais vu d’avion avec un matelas attaché sur le toit avec des cordes de fortune. Dans une voiture en revanche, des gamins peuvent surgir devant vous avec des crosses de hockey en main sans aucun avertissement. Le long des routes, on voit même parfois des posters géants de mannequins à demi nues.

Si les voitures étaient aussi sûres que les avions, elles possèderaient au minimum un système de détection de tous les véhicules alentour indiquant le taux d’alcoolémie de chacun des conducteurs. Mais cela n’est pas demain la veille. Aucun système informatique n’est en mesure identifier toutes les menaces auxquelles vous faites face en voiture. Et aucun ordinateur ne peut anticiper un problème, parce qu’il n’existe pas d’algorithme expliquant la façon dont le monde réel fonctionne. Un système de vision informatique peut bien sûr détecter un objet au bout d’une rue tranquille, mais il ne sait pas identifier un filet de hockey. Un ordinateur ne saura jamais à quoi s’attendre, parce qu’il n’a jamais été enfant et qu’il n’a jamais vu les héros de Wayne’s World déplacer ce filet pour laisser passer les voitures.

 

Une demi-seconde pour évaluer la situation

Les avions volent généralement à très haute altitude. Les pilotes ont ainsi généralement beaucoup de temps pour reprendre le contrôle de leur appareil. Quand nous, instructeurs de vol, apprenons aux pilotes à rétablir un avion parti en vrille, nous les laissons ainsi généralement hurler pendant 20 secondes, le temps qu’ils se calment un peu. Pendant ce laps de temps, l’avion ne chute généralement que de 150 mètres et le pilote a retrouvé ses esprits.

Mais dans une voiture, quand il se passe quelque chose, nous sommes souvent au plus près de ce qu’on appelle le temps biologique. Comme un joueur de baseball qui voit arriver la balle, un conducteur n’a qu’une demi-seconde pour évaluer la situation, prendre une décision et mettre son corps en mouvement. Une personne distraite ne pourra peut-être pas réagir assez rapidement si elle doit reprendre le contrôle. Et une personne occupée à autre chose ne connaîtra peut-être jamais l’origine de son accident.

Car même avec une seconde ou deux pour réagir, vient le problème de décider quoi faire. Dans un avion, quand vous faites face à un danger, la solution est généralement toujours la même: contourner. Ce n’est pas si facile dans une voiture. Imaginez: vous êtes sur l’autoroute et vous apercevez quelque chose au milieu de la voie. Si c’est une échelle, vous allez peut-être vouloir vous déporter. Mais de quel côté? Que se passe-t-il s’il y a une autre voiture ou un escarpement sur le côté? Vous allez peut-être décider qu’il vaut mieux entrer en collision avec l’échelle. Mais si au lieu d’une échelle, c’est une biche? Ou pire, un adorable petit faon? Prendre une décision peut se révéler beaucoup plus complexe dans une voiture.

 

Conduire une voiture est plus difficile

Conduire fait partie de notre quotidien: nous devrions pourtant nous sentir fiers de le faire. Et nous devrions prendre en compte que, de bien des façons, conduire une voiture est plus difficile que piloter un avion. Comme le démontre largement les automobilistes que vous croisez sur votre trajet chaque matin, conduire une voiture exige une intelligence avancée.

Aussi quand vous démarrerez votre voiture semi-autonome neuve (ou de location), vous n’aurez peut-être pas tant que ça envie de vous asseoir, de vous détendre et de faire quelque chose d’autre. La technologie qui rendra cela possible dans un environnement aussi dynamique et dangereux que nos routes n’existe tout simplement pas encore. Et je vous recommande au contraire de prêter la même attention à la route que d’habitude.

Et voici maintenant la mauvaise nouvelle.

Dans l’aviation, nous n’avons encore trouvé de solution pour que même le plus discipliné des pilotes reste en permanence concentré sur un écran d’ordinateur sur lequel, la plupart du temps, tout va pour le mieux. La majorité du temps, cela ne pose pas de problème parce que les avions sont relativement petits et prévisibles, et que les cieux sont vastes et amicaux. Mais saurons-nous rester concentrés au volant d’une voiture semi-autonome, au milieu d’une jungle de béton, pour répondre présents quand le pilote automatique nous demandera de reprendre la main? Je n’ai pas la réponse à cette question… mais je reste tout de même inquiet. 

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