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Conseils, science, sante et bien-être


Les gens plus instruits transmettent moins leur patrimoine génétique

Publié par MaRichesse.Com sur 25 Juillet 2016, 09:22am

Catégories : #SCIENCE, #SANTE-BIEN-ETRE, #VIE

Les gens plus instruits transmettent moins leur patrimoine génétique

La première étude à observer l'évolution de l'humain contemporain occidental sur un plan génétique statue que la sélection naturelle favorise bien un niveau d'instruction moins élevé. Un tout petit biais largement compensé par les énormes progrès faits depuis deux siècles en matière d'instruction pour tous

«C'est du lapinisme, moi je trouve ça répugnant», se scandalise Madame Doinel dans Les 400 coups en parlant de sa cousine enceinte de son troisième enfant en quatre ans, sous-entendant fortement que cette dernière est une débile profonde. De fait, le préjugé associant la sous-éducation à une fécondité débridée est au moins aussi vieux que le darwinisme social et même à l'heure actuelle, il n'est pas rare de croiser des gens paniqués à l'idée que l'humanité puisse progresser en stupidité à mesure qu'elle avance dans le temps –notamment parce que les femmes les plus éduquées rechignent à se reproduire, ces sales garces égoïstes. Sans parler d'Idiocracy, le film de 2006 de Mike Judge et sa séquence d'ouverture désormais culte matérialisant cette angoisse d'une conjuration des imbéciles et du grand remplacement des simples d'esprit.

Mais ce préjugé a-t-il une quelconque base factuelle? Une grosse étude publiée dans l'édition du 12 juillet des PNAS et signée par Jonathan Beauchamp, génético-économiste à Harvard, permet d'obtenir une réponse, selon un niveau de précision jusqu'ici inédit.

Et la réponse, c'est que oui, la sélection naturelle favorise effectivement les individus les moins éduqués, qui arrivent mieux que les grosses têtes à offrir une postérité à leurs gènes. Mais que non, il n'y a absolument pas lieu de sonner les cloches de l'apocalypse cognitive: sur notre évolution, ce biais a aujourd'hui autant d'effet qu'une goutte d'eau dans l'océan (ou qu'un pet de lapin dans une tornade, pour rester dans la thématique), vu qu'il est largement compensé par des facteurs culturels. En l'espèce les progrès massifs en matière d'accès à l'instruction effectués par notre espèce depuis deux ou trois siècles et devenus exponentiels au cours du XXe siècle. Cette progression massive et rapide de l'instruction permettant à de plus en plus de gens de gagner en intelligence et en connaissances et, parallèlement, de contrôler leur fécondité.

En résumé, qu'importe que les moins instruits se reproduisent davantage que les autres –surtout parce que les gens à haut QI et/ou haut degré d'instruction se reproduisent massivement moins–, leur léger avantage génétique ne peut qu'être absorbé par l'augmentation continue du niveau d'éducation des populations.  

De précédentes études ont établi que le QI moyen des Occidentaux avait baissé de 14 points depuis l'époque victorienne, ou encore que le QI moyen des Américains pourrait baisser de 0,8 point par génération en raison de la moindre propention des femmes ayant un QI élevé à avoir des enfants.

En outre, l'étude de Jonathan Beauchamp est la première à attester de la permanence à un niveau génétique des processus évolutifs classiques dans une population contemporaine –un échantillon d'à peu près 20.000 Américains d'ascendance européenne nés entre 1931 et 1953. En résumé, l'étude montre que nous évoluons toujours, qu'importe l'idée elle aussi largement répandue voulant que l'artificialisation de nos modes de vie opérée depuis déjà plusieurs siècles ait stoppé (voire inversé) l'action multi-millénaire des sélections naturelle et sexuelle. 

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