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Conseils, science, sante et bien-être


Les athlètes des Jeux olympiques de Rio nageront dans les eaux d'égouts

Publié par MaRichesse.Com sur 29 Juillet 2016, 18:50pm

Catégories : #INSOLITE, #SPORTS, #SANTE-BIEN-ETRE, #BRESIL

Les athlètes des Jeux olympiques de Rio nageront dans les eaux d'égouts

«Gardez la bouche fermée». C’est le conseil donné par les experts en santé brésiliens aux nageurs de marathon, windsurfers et coureurs en voilier des Jeux olympiques de Rio de Janeiro, rapporte le New York Times. Le niveau sanitaire des eaux de Rio n’est guère réjouissant, à un peu plus d’une semaine du coup d’envoi des Jeux (5 août): des tests récents menés par le gouvernement et des scientifiques indépendants montrent que le littoral de Rio est bien plus contaminé que prévu.

Les tests ont révélé une véritable culture de pathogènes dans une grande partie des eaux de Rio, notamment des «rotavirus pouvant causer des diarrhées et vomissements aigus et une «super-bactérie» résistante aux médicaments et susceptible d’être fatale pour les personnes au système immunitaire faible», détaille le quotidien américain.

Nager dans les excréments

Les plages de haut standing, comme Ipanema et Leblon, sur lesquelles les quelque 500 000 spectateurs feront trempette entre deux compétitions, ne seront plus si chics, étant elles aussi atteintes de sérieux problèmes de pollution.

Daniel Becker, pédiatre local, affirme sans ambages dans les lignes du «New York Times»: «Les athlètes vont littéralement nager dans la matière fécale humaine et ils risquent de tomber malades à cause de tous ces micro-organismes.»

Dès juillet 2015, l’agence américaine Associated Press avait révélé que les taux de pollution dans la baie de Guanabara, où se dérouleront les épreuves nautiques comptant 1400 athlètes, étaient 1,7 million de fois supérieurs au seuil maximal toléré sur les plages de Californie du Sud.

Même si le Comité international olympique admet le problème, il précise que par exemple dans la baie de Guanabara, les athlètes en voile et windsurfing n’auront qu’un contact limité avec l’eau. Il n’empêche que certains athlètes déjà présents pour les Jeux ou dans le cadre d’autres compétitions ont été touchés par des maladies gastro-intestinales. Pendant une compétition de surf l’année passée, le quart des participants a été mis sur la touche à cause de nausées et diarrhées, ont rapporté les organisateurs, selon le «New York Times».

«Nous n’avons qu’à garder nos bouches fermées lorsque les vagues approchent», raconte Afrodite Zegers, membre de l’équipe néerlandaise de voile, qui s’est entraînée dans la Baie de Guanabara.

Le gouvernement a pris des mesures superficielles

«Une grande partie des eaux usées et des déchets, produits par cette région de 12 millions d’habitants, n’est toujours pas traitée et s’écoule dans l’eau de Rio», ajoute le média américain.

Pour beaucoup d’acteurs, «la crise d’évacuation des déchets est emblématique de la corruption et de la mauvaise gestion» qui prévalent depuis longtemps dans le plus grand pays d’Amérique latine.

En 2009, date d’attribution des Jeux olympiques au Brésil, le pays s’est engagé à investir 4 milliards de dollars pour nettoyer 80% des eaux usées s’écoulant dans la baie. Finalement, seulement 170 millions ont été dépensés pour ce faire. Le gouvernement avance une crise budgétaire.

Une bonne partie de l’argent investi a servi à acheter des bateaux pour récupérer la boue et les débris flottants. Une mesure purement cosmétique, selon Stelberto Soares, un ingénieur municipal. Il déclare au «New York Times» que les cadavres et canapés ont beau être ramassés, cela ne changera pas la prolifération de virus et bactéries dans les boues d’épuration.

Alors qu’un réseau de 35 stations d’épuration, d’environ 800 km de conduits et 85 pompes, a été installé grâce à des financements de donateurs étrangers, seulement trois pompes et deux stations étaient en fonction lors de sa dernière visite. Le reste a été abandonné et vandalisé, déplore l’ingénieur.

Pollution chimique et hépatite A pour les locaux

Si les athlètes et touristes risquent de souffrir de la pollution aquatique, les habitants de Rio sont touchés par la catastrophe sanitaire depuis de nombreuses années déjà. Un pêcheur de 45 ans se rappelle dans les lignes du «New York Times» l’époque des eaux cristallines et du poisson en abondance dans la baie de Guanabara.

Désormais, il récolte plus de déchets que de poissons dans son filet, aperçoit parfois des cadavres flottant en surface et s’inquiète du déversement de déchets chimiques par les usines au bord de l’eau et des pétroliers qui lâchent leur contenu, donnant des couleurs arc-en-ciel à l’eau.

L’hépatite A, maladie infectieuse du foie, persiste chez les habitants de favelas, comme celle de Pica-Pau. Les enfants tombent régulièrement malades à cause des agents pathogènes qui s’échappent des caniveaux gorgés d’eaux usées, allant dans les tuyaux d’eau potable improvisés. Sans oublier l’odeur épouvantable qui règne dans ce secteur de la ville.

Lire aussi: A 100 jours des Jeux olympiques, Rio a la tête ailleurs

L’article du «New York Times» se termine sur une note amère, avec la déclaration d’une microbiologiste de l’Université de Rio, Renata Picão: «S’ils (ndlr: le gouvernement) n’ont pu nettoyer les eaux pour les Jeux olympiques, une opportunité unique, j’ai bien peur que cela ne se fasse jamais.» Depuis qu’elle a commencé à prélever des échantillons sur les plages de Rio il y a trois ans, elle n’y a plus remis les pieds. 

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