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Les 5 messages stratégiques qui pourraient être envoyés depuis le sommet de l'Otan

Publié par MaRichesse.Com sur 7 Juillet 2016, 05:38am

Catégories : #MONDE

Les 5 messages stratégiques qui pourraient être envoyés depuis le sommet de l'Otan

L'Alliance ouvrira le 8 juin son sommet à Varsovie, en Pologne. Elle pourrait envoyer à cette occasion une série de signaux à ses alliés, à ses partenaires et à ses rivaux.

 

1er message : la démonstration de force militaire en Pologne et en Baltique

L’Otan a donné une ampleur considérable à ses traditionnels exercices de printemps. Ainsi, l’édition 2016 de l’exercice « Anaconda » a rassemblé 31.000 soldats et de multiples équipements pour démontrer la capacité des alliés à réagir à une attaque hybride.

De même, l’opération Saber Strike 2016 a montré, avec 10.000 soldats issus de 13 Etats, que les troupes de l’Otan basées en Allemagne étaient capable de se porter en urgence sur les théâtres d’opération estoniens au-devant de forces russes. Enfin, la 44ème édition de l’exercice Baltops complète le dispositif sur mer avec 6.100 marins et soldats. Le signal de solidarité aux alliés baltes est aussi clair que le message de fermeté à l’égard de la Russie.

 

2e message : l’extension à l’Est n’est pas close

Le 9 juin, l’Otan a signé le protocole d’accession avec le Monténégro. Durant la décennie 2000, l’Otan s’est élargie non seulement aux anciennes « républiques démocratiques » en 1999 (Pologne, Hongrie, République tchèque) et en 2004 (Roumanie, Slovaquie, Bulgarie) mais aussi aux anciennes républiques faisant partie intégrante de l’URSS comme les trois Etats. La Géorgie et l’Ukraine chercheront dans le sommet de Varsovie de nouveaux espoirs d’adhésion.

 

3e message : la neutralité devient difficile 

Le sommet de Varsovie sera également scruté par les deux Etats encore neutres de la zone : la Suède et la Finlande participent aux grandes manoeuvres et se rapprochent de l’Otan. Les incursions russes dans l’espace aérien et les eaux territoriales suédoises ont incité le Parlement à ratifier le 25 mai 2016, l’accord de nation hôte avec l’Otan pour faciliter le transit par la Suède et la coordination militaire.

Lire aussi :
>  Et si l'on reparlait d'une Europe de la défense ?   
>  Un défi de plus pour l’Europe de la défense

De même, en Finlande, la question de l’adhésion à l’Otan n’est plus taboue. Le signal stratégique de l’Otan est clair : si l’activisme russe continue, il ne restera bientôt plus d’espace de non-alignement, de zones tampons ou d’aire de neutralité dans la Baltique.

 

4e message : le bouclier anti-missile AEGIS peut remettre en cause l’équilibre des forces 

Le sommet de Varsovie saluera l’ouverture, le 12 mai 2016, de la base de Deveslu en Roumanie et confirmera l’ouverture, en 2018, d’une base similaire en Pologne. Depuis deux décennies, la Russie considère ce projet comme une « ligne rouge ». Le signal fédérateur est évident : les membres de l’Otan issus des élargissements de 1999 et 2004 sont placés sous l’ombrelle anti-missile américaine face à la résurgence de la puissance russe.

Le message corollaire pour la Russie est sans ambiguïté : l’Otan revisite l’équilibre des forces en Europe en rendant impossible (ou plus exactement moins aisée) la frappe en premier. C’est bien un des attributs de grande puissance nucléaire européenne de la Russie qui est ici sur la sellette.

 

5e message : la doctrine sur la sécurité collective sur le continent change

L’administration Obama a annoncé sa volonté de renforcer les capacités de commandement de l’Otan en Europe du nord et de l’est. L’Otan déploiera donc une brigade blindée de 4 000 hommes en rotation entre les différents membres de l’Otan de la région. 
En somme, la portée stratégique du sommet de Varsovie signifiera que l’ère de la coopération avec la Russie dans le Conseil Otan-Russie est en bout de cycle. Le temps de la réassurance se clôt, celui de la dissuasion (re)commence.

Cyrille Bret est maître de conférences à Sciences Po Paris.

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