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Les 3 erreurs stratégiques d'Emmanuel Macron

Publié par MaRichesse.Com sur 14 Juillet 2016, 05:56am

Catégories : #POLITIQUE, #PEOPLE

Les 3 erreurs stratégiques d'Emmanuel Macron

Atlantico : Alors qu'Emmanuel Macron tenait son premier grand meeting ce mardi à la Mutualité, dans quelle mesure le positionnement politique ambigu qu'il entretient (ni vraiment à droite, ni vraiment à gauche) est-il réellement pertinent ? S'il peut certes l'aider en termes de popularité, est-ce qu'il ne lui sera pas pénalisant électoralement parlant, à l'heure où les Français continuent malgré tout de structurer leur vote en fonction du clivage gauche-droite ?

Jean Petaux :  Le premier meeting d’Emmanuel Macron tenu à la Mutualité a clairement été le lancement d’une campagne présidentielle (pour le compte de qui ?) puisque les derniers mots, juste avant "Vive la République, vive la France" ont été "ce mouvement nous le porterons ensemble jusqu’à 2017 et jusqu’à la victoire". Macron a choisi un positionnement assez subtile en fait. Derrière une apparence de discours "ni droite ni gauche" il a structuré tout son propos autour de thèmes qui sont très chers aux Français : l’égalité, la liberté, la justice, les "vrais" droits, l’identité, la laïcité : tout cela façonnant des "Français".

 

 

 

Avec cette longue évocation de Malika, musulmane qui a grandi dans un bidonville de Nanterre, renversée par un camion à l’âge de 3 ans, recueillie et élevée par des religieuses et convertie au catholicisme à 30 ans. Et quand le ministre Emmanuel Macron lui demande, parce qu’il va la décorer, s’il y a quelque chose qui lui importe elle dit : "Dites simplement que je suis française". Et la salle de la Mutualité toute acquise au "stand up" macronien (l’homme a fait du théâtre et est plutôt bon) chavire…

En fait Emmanuel Macron qui dit à ses supporters qu’à "partir de ce soir il va prendre tous les risques avec eux" est beaucoup plus malin qu’il n’en a l’air. Il s’inscrit dans une vague populiste non pas "anti" mais "pro". Son discours n’est justement pas dans "le ni-ni". Tout au contraire il se veut au-delà. Rassembleur certes mais en fait totalement dans "l’air du temps" : il propose de ne plus traiter les questions dans le clivage ordinal classique entre la droite et la gauche. Il en appelle à la "sève de la Constitution" (il est amusant de noter que le texte qui sous-titrait le propos d’Emmanuel Macron a écrit : "la fève") pour souligner que la présidentielle sous la Vème République est bien la rencontre entre un homme et le peuple de France. Au risque de surprendre je dirai que Macron était gaullien ce soir. Reste à savoir si ces accents-là ont encore de l’audience dans le pays.

Frédéric Métézeau : Tout d'abord, son positionnement ne me paraît pas ambigu dans la mesure où il a déjà dit clairement qu'il ne se réclamait ni de droite ni de gauche.

 

Ensuite, cette petite musique a effectivement toujours été un petit peu populaire. En son temps, François Bayrou (en 2007 et dans une moindre mesure en 2012) a été porté de façon assez forte par ce positionnement. 18,57% des voix à l'élection présidentielle, ce n'est pas rien. C'est populaire, mais cela ne suffit pas à faire gagner une élection.

Que ce soit dans la tête, dans les gens ou dans les institutions, le clivage gauche-droite est aujourd'hui fortement ancré. Nous avons des institutions qui sont bipolaires. L'élection présidentielle (deux candidats obligatoirement au second tour) et les législatives (scrutin majoritaire à deux tours) favorisent les gros partis. Les législatives permettent dans le cadre d'une triangulaire de s'imposer, mais pas la présidentielle.

Il est par ailleurs intéressant de noter que nous avons aujourd'hui une structure bipolaire avec un paysage tripartie (Front nationale - droite républicaine - Parti socialiste et alliés). Au-delà du clivage droite - gauche, il y a donc le clivage droite - gauche – FN, et un autre qui pourrait bien être le plus profond : celui qui se structure autour de l'acceptation ou non de la mondialisation telle qu'elle se fait et d'une certaine forme de construction européenne. Le camp du refus de cette mondialisation regroupe tout aussi bien des gens du Front de Gauche, du Front national, une partie des Verts, du Parti socialiste et de la droite souverainiste, même si tous ces gens ne doivent pas être mis dans le même panier.


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