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La Garde nationale en cinq questions

Publié par MaRichesse.Com sur 29 Juillet 2016, 13:57pm

Catégories : #FRANCE, #POLITIQUE

La Garde nationale en cinq questions

François Hollande avait annoncé en novembre sa volonté de donner corps à une «Garde nationale». Jeudi, le président a officialisé la création d'une telle entité, qui pourrait voir le jour dans les prochains mois. Retour sur l'origine et l'évolution de cette idée, étroitement liée à la réserve militaire.

Les attaques de janvier 2015 avaient porté la réserve citoyenne sur le devant de la scène. Dix mois après, à la suite des attentats sans précédent survenus à Paris, François Hollande avait prôné la mise en place d'une «Garde nationale» formée de «réservistes», lors de son discours devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Reprise après l'attentat de Nice, l'initiative a été confirmée par le président ce jeudi: une Garde nationale s'appuyant sur les effectifs de réserve(détails plus bas) sera bien créée dans les mois à venir. 

 

• Pourquoi la première Garde nationale a-t-elle été créée?

La première Garde nationale est créée à la veille du 14 juillet 1789, d'abord sous le nom de «Garde bourgeoise». Elle vise à maintenir l'ordre public en l'absence de l'armée royale, rejetée hors de la capitale. Cette force civile rassemble 800 hommes bientôt placés sous le commandement de La Fayette. Des formations similaires sont par la suite formées par les municipalités en France. Cette milice évoluera au fil des régimes, disparaissant puis renaissant. Elle a pu maintenir l'ordre tout comme elle a pu prendre part à certaines révoltes, notamment la Révolution de 1848. C'est en partie parce qu'elle a rejoint la Commune, en 1871, que la Garde nationale a disparu lors de l'échec de cette révolte. Les réserves s'y sont substitué

 

• À quoi pourrait servir une nouvelle Garde nationale?

Évoquée de longue date, la création d'une Garde nationale a été une nouvelle fois défendue par plusieurs commentateurs en janvier 2015, à la suite des attaques deCharlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, puis à la suite des attentats de novembre. Les président de l'UDI, du MoDem et du PRG l'avaient tous trois suggérée à François Hollande. «Nous n'avons pas les moyens de surveiller et de sécuriser l'ensemble du territoire national, des lieux de transports, des lieux publics. Nous lui avons suggéré que, comme cela s'est déjà fait dans notre histoire et dans d'autres pays, on puisse créer une Garde nationale qui permette aux citoyens de venir relayer les forces de l'ordre, équipée, entraînée, formée, encadrée», avait expliqué Jean-Christophe Lagarde.

François Hollande a repris l'idée, y voyant le moyen de faire face à une situation qui mobilise les forces armées pour une mission qui peut être effectuée par des civils formés, comme la surveillance de certains bâtiments et les patrouilles. Cela permettrait d'augmenter et mieux répartir les effectifs de façon plus rapide et flexible. 

 

• Qui y participerait?

«Le président de la République a décidé que la Garde nationale serait bâtie à partir des réserves opérationnelles existantes», a précisé jeudi l'Élysée. Cette décision a été prise «en accord avec le travail» effectué par des parlementaires spécialistes du sujet.

Le 20 juillet, tout comme en novembre, le chef de l'État avait largement insisté sur le rôle des réservistes au sein d'une Garde nationale.«Quand on ajoute toutes ces réserves, 1er et 2e niveaux, qu'on fait appel aux réserves de nos armées, on peut dire qu'en France se constitue avec vous une Garde nationale», avait-il déclaré devant les réservistes. En novembre, François Hollande avait également dit souhaiter «que l'on tire mieux parti des possibilités des réserves de défense, encore insuffisamment exploitées dans notre pays». Une référence claire aux militaires réservistes, qui «constituent les éléments qui peuvent demain former une Garde nationale encadrée et disponible».

 

• Quand et comment la Garde nationale serait mise en place?

Aucune date précise n'est fixée. La question sera abordée lors d'un Conseil de Défense au début du mois d'août, précise l'Élysée, avant «une consultation des commissions parlementaires» en septembre, «afin de rendre opérationnelle au plus vite la constitution de cette force au service de la protection des Français».

Les modalités de mise en place, notamment la répartition des effectifs entre anciens militaires et civils volontaires formés, restent également à préciser. Ils seront définis «en concertation avec l'ensemble des acteurs», indique le palais présidentiel sans plus de précisions.

Mercredi, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a indiqué que «2500 Français ont manifesté leur intérêt» pour la réserve opérationnelle de la gendarmerie depuis l'appel à rejoindre cette réserve, le 15 juillet. D'après le gouvernement, le site «La gendarmerie recrute» a également été consulté plus de 20.000 fois entre le 14 et le 18 juillet, alors qu'il ne l'avait été que 681 fois entre le 7 et le 11 juillet.

» LIRE AUSSI - Attentat de Nice: Cazeneuve appelle les Français à rejoindre la réserve opérationnelle

En 2012, un groupe anonyme d'officiers se présentant comme «apolitique» avait publié une tribune sur Le Point.fr suggérant la création d'une telle force. Les auteurs proposaient «une Garde nationale interarmée de 75.000 hommes», dont 15.000 seraient issus des armées. Les autres (60.000) auraient «un statut de civils faisant des périodes entre 30 et 100 jours par an rémunérés au taux de leur grade».

• Qu'est-ce que la réserve?

La réserve a été créée précisément pour remplacer la Garde nationale. Il en existeune pour l'armée et une pour la gendarmerie nationale à laquelle s'est ajoutée celle de la police nationale en 2003. On parle de la réserve de 1er niveau pour désigner les civils s'engageant volontairement dans la réserve de la gendarmerie ou de l'armée. La réserve de 2e niveau, mobilisable dans des circonstances exceptionnelles, désigne les militaires ou gendarmes retraités, considérés comme réservistes pendant les cinq années qui suivent la fin de leur service.

Les réservistes, engagés pour un à cinq ans, se rendent disponibles en cas de besoin mais continuent à exercer une activité professionnelle. Un réserviste peut faire valoir un droit à des jours d'absence de son emploi liés à son activité dans la réserve. Cette période peut aller jusqu'à 210 jours (sept mois) en cas de circonstances exceptionnelles.

À ce jour, selon les derniers chiffres publiés par le gouvernement, 12.000 réservistes opérationnels de gendarmerie et de police sont disponibles. Ils devraient être 15.000 fin juillet. S'y ajoutent 10.000 retraités de la gendarmerie.

Côté armée, en mars 2015, le ministre de la Défense a annoncé vouloir augmenter les effectifs de réservistes, de 28.000 actuellement, à 40.000 d'ici 2019. Malgré de précédents objectifs d'augmentation, ces effectifs ont baissé ces dernières années: en 2013, le ministère de la Défense comptabilisait 56.000 réservistes issus de la société civile.


Peut-on s'inspirer de la garde nationale américaine?

Une Garde nationale existe aux États-Unis, sans être tout à fait comparable à l'idée de Garde nationale exprimée par François Hollande. Les missions de cette force dépassent largement le maintien de l'ordre intérieur. Ses nombreux personnels - plus de 350.000 en 2014 - sont régulièrement envoyés en opération extérieure, là où les réservistes français n'étaient que 557 (soit 1,7% des effectifs) en 2013 à avoir participé à ce type d'opération. Ils disposent, par ailleurs, des mêmes moyens que les unités professionnelles, rappelle BFMTV. Cette formule américaine pourrait malgré tout inspirer partiellement une Garde nationale française, étant donné que cette force a le statut de réserve officielle de l'armée.

Reste, dans tous les cas de figure, la question du coût: la Garde nationale américaine reçoit 10% du budget de la Défense des États-Unis. Et, comme le rappelait Europe 1 en novembre, mobiliser les réservistes français reviendrait aussi à rendre ces personnels moins disponibles pour le reste de leurs prérogatives. 

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