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La cocaïne et la meth perturbent la boussole morale de notre cerveau

Publié par MaRichesse.Com sur 27 Juillet 2016, 10:28am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #CERVEAU

La cocaïne et la meth perturbent la boussole morale de notre cerveau

Une étude menée sur des détenus américains, sujets à «ultra haut risque», confirme les liens délétères entre l’abus de psychotropes stimulants et l’aptitude à différencier le bien du mal

Les consommateurs réguliers de cocaïne et/ou de méthamphétamine semblent avoir un cerveau moral en moins bonne forme que les autres. Et plus longtemps un individu aura consommé ces drogues, moins seront actives les zones de son cerveau gérant les capacités mentales impliquées dans la prise de décision morale. Telles sont les deux principales conclusions d’une étude menée auprès de 211 détenus américains, publiée le 12 juillet sur le site de la revue Psychopharmacology.

Pourquoi des prisonniers? Parce qu’il s’agit d’une population à «ultra haut risque» d’abus de substance en général –75% des détenus américains ont un problème quelconque de ce côté-là– et de stimulants en particulier. Aux États-Unis, on estime que 15% et 5% des adultes ont un jour consommé de la cocaïne ou de la méthamphétamine. En 2013, le nombre d’Américains à en consommer couramment s’élevait respectivement à 1,5 millions et 600.000 individus –des chiffres en hausse relativement affolante, vu qu’ils ont été multipliés par trois depuis 2010. Parallèlement, ce sont près de 50% des prisonniers américains qui déclarent avoir expérimenté ces drogues au cours de leur vie –12% d’entre eux étaient d’ailleurs sous coke et 6% sous meth au moment de commettre le forfait à l’origine de leur incarcération. Comme le note l’éditorial de Psychopharmacology, cet «échantillon clinique» est l’un des meilleurs possibles pour explorer les «soubassements neurobiologiques» des comportements psychopathologiques, un «fardeau social» des plus conséquents. 

 

Moindre capacité d’empathie

Le travail mené par l’équipe de Samantha Fede, chercheuse en psychologie à l’Université du Nouveau-Mexique et spécialisée en biostatistique, en confirme d’autres expliquant la forte corrélation entre criminalité et consommation de stupéfiants stimulants par le fait que ce type de drogue est en lien direct avec des «processus psycho-affectifs associés au jugement moral et aux comportements prosociaux». Par exemple, il a été démontré que les consommateurs présents ou passés de stimulants ont du mal à identifier les émotions d’autrui, et notamment la peur. De même, la consommation de ce genre de drogue est associée à une moindre capacité d’empathie et de changement de point de vue, des aptitudes jouant un rôle majeur dans la prise de décision morale.

Une littérature qui aura incité Fede et al. à observer par IRM sept régions cérébrales du cortex préfrontal de leurs participants, tandis qu’ils lisaient des textes moralement chargés. Dans un premier temps, les détenus devaient considérer des sujets de controverse –les tests cosmétiques sur les animaux, les recherches sur les cellules souches– et dans un second, des dilemmes bien plus évidents –pouvaient-ils faire la différence entre un meurtre et un acte de générosité, par exemple?–, l’objectif étant de provoquer un temps de «délibération morale» conséquent, susceptible d’activer un maximum de zones.

Résultat, durant ce moment où le cerveau est censé turbiner pour différencier le bien du mal, celui des usagers durables de cocaïne et/ou de méthamphétamine montraient une activité très significativement réduite au niveau de l’amygdale droite, zone connue pour contribuer à la régulation et à la reconnaissance des émotions. En outre, plus le début de leur consommation remontait dans le temps, plus l’activité du cortex cingulaire antérieur était faible, zone elle aussi impliquée dans l’empathie et la reconnaissance des émotions.

Si cette étude est la première à observer chez les consommateurs de drogues stimulantes une importante dégradation des systèmes neuraux associés à la prise de décision morale, le sens de la corrélation est toujours un mystère. Les drogues ont-elles endommagé le cerveau de ces individus ou ces hommes ont-ils été incités à en consommer (et à commettre des crimes) parce qu’ils étaient à l’origine propriétaires d’une cervelle différente et moralement moins efficiente? Ce sera à d’autres travaux de le déterminer. 

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