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La bonne étoile de Didier Deschamps

Publié par MaRichesse.Com sur 8 Juillet 2016, 04:09am

Catégories : #PEOPLE, #FRANCE

La bonne étoile de Didier Deschamps

Ainsi l’équipe de France sera-t-elle sur le terrain pour la toute dernière rencontre de l’Euro 2016, dimanche 10 juillet. Elle y était déjà pour la toute première, le 10 juin face à la Roumanie, et au coup de sifflet final de ce match d’ouverture remporté dans la douleur (2-1) au Stade de France, il fallait faire preuve d’un optimisme aveugle pour imaginer que les Bleus y remettraient les crampons un mois plus tard en finale, face au Portugal. Et pourtant.

Les hommes de Didier Deschamps ont acquis leur place, et la possibilité d’offrir à la France le troisième titre européen de son histoire (après 1984, déjà en France, et 2000 aux Pays-Bas et en Belgique), grâce à une victoire 2-0 sur l’Allemagneobtenue dans la fureur et la sidération du Stade-Vélodrome de Marseille, jeudi 7 juillet. Depuis la Coupe du monde 1958, jamais une équipe de France n’avait battu sa voisine d’outre-Rhin en compétition internationale, et le pays, ces derniers jours, avait ressassé les pénibles échecs de 2014 (Coupe du monde au Brésil), 1986 (Coupe du monde au Mexique) et surtout 1982 (Coupe du monde enEspagne).

Les Bleus disputeront dimanche la troisième finale d’un Euro de leur histoire. Jeudi à Marseille, ils ont battu l’Allemagne (2-0) pour s’offrir ce privilège.
 
 

Les Bleus disputeront dimanche la troisième finale d’un Euro de leur histoire. Jeudi à Marseille, ils ont battu l’Allemagne (2-0) pour s’offrir ce privilège.

Didier Deschamps n’a pas fait disparaître – rien ne fera disparaître – le traumatisme de Séville, mais il a fait disparaître les champions du monde en titre et grands favoris de l’Euro, mettant ainsi fin au cycle infernal dans lequel se débattaient les Bleus depuis le coup de boule de Zidane en finale de la Coupe du monde 2006 : éliminations au premier tour de l’Euro en 2008 et du Mondial 2010 (avec, en option, le psychodrame national de Knysna), et en quart de finale en 2012 et 2014, à l’issue de tournois sans relief. 

 

« Ça a été difficile de trouver un équilibre »

Cette décennie de vaches maigres a été balayée par l’équipe du Bayonnais de 47 ans, lequel aura dimanche l’occasion, dont il n’osait lui-même peut-être pas ­rêver, de devenir le premier sélectionneur à conquérir le trophée Henri-Delaunay après l’avoir déjà soulevé comme joueur, il y a seize ans. « Il y a eu tellement de péripéties pour en arriver là, soufflait-il juste après le succès face aux Allemands.Ça a été difficile de trouver un équilibre. »

Mais Didier Deschamps est un funambule. Ballotté par d’importantes turbulences avant le tournoi, il a su rester debout sur son fil. Malgré la cascade de forfaits de dernière minute (Varane, Diarra, Debuchy, Mathieu, Zouma, Trémoulinas) ayant chamboulé l’équipe mise en place depuis deux ans ; malgré la suspension de Sakho, contrôlé positif en mars par l’UEFA ; malgré l’apparition de son nom dans les affaires concernant des transferts douteux à l’OM, son employeur précédent ; malgré l’affaire dite « de la sextape » ayant ­entraîné en avril la mise à l’écart de Karim Benzema, meilleur buteur des Bleus en activité ; malgré la polémique autour des propos de ce même Benzema, juste avant l’Euro, sur la « partie raciste de la France » à laquelle il aurait cédé en ne retenant aucun joueur d’origine maghrébine, polémique qui a valu à « DD » de découvrir, sur un mur de sa maison à Concarneau, un tag le qualifiant de « raciste ».

Didier Deschamps a survécu à tout, et le parcours de ses troupes depuis un mois confirme la tendance : cet homme possède une bonne étoile. L’équipe de France s’est hissée dans le dernier carré de l’Euro en esquivant tous les cadors, à la faveur d’un tirage au sort clément et des aléas du tournoi, et grâce à d’improbables victoires arrachées dans des situations désespérées face à la Roumanie (2-1, but victorieux à la 89e) et l’Albanie (2-0, ouverture du score à la 90e) au premier tour, ou encore l’Irlande en huitièmes de finale (2-1 après avoir été menée dès la 2e minute et impuissante pendant une heure).

Stade-Velodrome, après le match France-Allemagne, à Marseille, jeudi 7 juillet.

Après le bonheur de tomber sur la faible Islande en quarts (5-2), les Bleus ont vu avec plaisir l’Allemagne perdre trois de ses piliers juste avant la ­demi-finale (Hummels suspendu, Khedira et Gomez blessés), puis un quatrième (Boateng, blessé) au cours d’une rencontre ­curieuse, où Antoine Griezmann a profité de deux incroyables ­erreurs individuelles pour inscrire un doublé : une main idiote de Schweinsteiger entraînant un penalty juste avant la pause, puis une sortie ratée de Neuer, instantanément sanctionnée d’un but de filou à vingt minutes de la fin.

Pendant une mi-temps, il a semblé ­impossible que la rencontre n’échappe aux champions du monde, et les voici à la maison. « La France a gagné, mais ­l’Allemagne était la meilleure équipe aujourd’hui », a répété le sélectionneur vaincu, Joachim Löw. Il n’a pas tort. Son équipe a fait le jeu, elle a perdu. Celle de Didier Deschamps a fait l’inverse. « Je ne sais pas jouer pour jouer », disait ce dernier au Monde avant le Mondial 2014. Deux ans après, le constat est toujours vrai. Ce qu’incarne l’ancien capitaine des Bleus : la « gagne ». Et finalement, son équipe ressemble au joueur qu’il était. ­Caractère besogneux, esprit guerrier, répétition des efforts, et un soupçon de réussite.

Assuré de poursuivre sa mission jusqu’à la Coupe du monde en Russie dans deux ans, le sélectionneur Deschamps fascine par ses coups de poker, son pragmatisme, sa capacité à inverser le cours d’un match sur un ou deux changements ou à adapter son système à l’adversaire, comme il le fit face à l’Albanie ou l’Irlande en passant du 4-3-3 au 4-2-3-1 et inversement. 

 

Un destin pavé de succès

Depuis l’ouverture du tournoi, même s’il donne l’impression de parfois naviguer à vue, son coaching s’est avéré systématiquement payant, et la pertinence de ses choix parfois osés est illustrée à l’extrême par le cas du défenseur Samuel Umtiti. Le néo-Barcelonais (22 ans), seulement réserviste au départ, n’a dû sa place dans les 23 qu’à la défection de ­Jérémy Mathieu, à moins de deux semaines de l’Euro. Il était titulaire face à l’Allemagne jeudi, et pour sa deuxième sélection (quatre jours après la première), il a joué comme s’il avait toujours été là, et s’est montré décisif.

« Le destin, c’est le destin, a répondu le sélectionneur à un journaliste qui lui demandait s’il avait le sentiment d’en avoir un hors norme. On peut l’influencer mais chacun a le sien. » Celui de ­Deschamps, que ce soit sur le terrain ou sur le banc, en club ou en sélection, semble pavé de succès et d’une part de chance dont on ne peut pas écarter l’hypothèse qu’il sait mieux la provoquer que les autres.

Le 16 octobre 2012, pour l’un de ses tout premiers matchs comme sélectionneur, le successeur de Laurent Blanc faisait ­entrer Olivier Giroud à la 88e minute face à l’Espagne, alors que les Bleus étaient menés 1-0 à Madrid, en match de qualification pour le Mondial 2014. Dans les arrêts de jeu, Giroud égalisait et arrachait le nul face à la Roja, championne du monde et double championne d’Europe en titre. Autre exemple, sans doute le plus frappant de sa bonne fortune : le 19 novembre 2013, quatre jours après une déroute à Kiev (0-2), Deschamps remplaçait Eric Abidal par Mamadou Sakho en défense centrale lors du barrage retour contre l’Ukraine. Résultat : doublé de Sakho, victoire 3-0, et qualification in extremis pour la Coupe du monde au Brésil.

 

Dimanche soir, Joachim Löw misera sur la France plutôt que sur le Portugal « qui ne l’a pas vraiment convaincu ­depuis le début », mais qui a également fait preuve d’une intéressante capacité à survivre à tous les périls. Et qui possédera un avantage non-négligeable au coup d’envoi : 24 heures de récupération en plus, puisque sa demi-finale face au Pays de Galles, remportée sur le même score, a eu lieu mercredi soir.

Didier Deschamps est passé très tard, jeudi, en zone mixte, où il est venu lui-même ramasser les joueurs qui s’y trouvaient encore, en s’exclamant, euphorique : « Désolé, voiture-balai ! On a match dans trois jours ! » Après avoir parfois ­bénéficié d’une semaine de repos entre deux rencontres sans savoir qu’en faire, le sélectionneur n’a pas caché qu’il aurait aimé « en avoir un peu plus cette fois-ci », et qu’un jour de récupération en moins constituait « évidemment » un handicap par rapport aux Portugais. Mais vu la baraka qui accompagne la carrière de Didier Deschamps, Cristiano Ronaldo devrait bien réussir à se blesser d’ici le coup d’envoi de la finale. 

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