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L’affaire Tapie, ce poison républicain

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Juillet 2016, 03:27am

Catégories : #FRANCE, #POLITIQUE, #JUSTICE

L’affaire Tapie, ce poison républicain

Christine Lagarde comparaîtra donc devant les douze parlementaires qui composent, en France, la Cour de justice de la République. L’actuelle directrice du Fonds monétaire international (FMI), longtemps avocate d’affaire de très haute volée, devra répondre devant ses magistrats élus de «négligences» pour avoir, alors qu’elle était ministre des Finances sous la présidence de Nicolas Sarkozy, avalisé l’arbitrage financier en faveur de l’entrepreneur Bernard Tapie, persuadé d’avoir été lésé, en 1992, par le Crédit Lyonnais dans la revente d’Adidas.

 

Une mise en cause disproportionnée, comme le claironnent ses défenseurs, arguant d’un règlement de compte politique? A bien regarder le dossier, la réponse est non. Mme Lagarde était «dépositaire de l’autorité publique» lorsque son administration a consenti à la solution arbitrale octroyant 400 millions d’euros à celui qui, on le sait, avait alors ses entrées à l’Elysée et rêvait d’un retour en politique. Le fait est que la patronne du FMI n’est accusée d’aucune malversation. Le fait est, enfin, que la Cour d’appel a, en décembre 2015, confirmé l’annulation de cette transaction vu les «soupçons de fraude».

Il n’est dès lors pas scandaleux de demander des comptes à Christine Lagarde, comme auparavant à l’ex-premier ministre Laurent Fabius lors du scandale du sang contaminé par le VIH, ou à l’ex-ministre du Budget Eric Woerth dans l’affaire d’une vente controversée de terrains publics. Tous deux, l’un de gauche, l’autre de droite, en sortirent blanchis. Et l’on peut faire confiance à l’excellente juriste qu’est l’ancienne ministre pour obtenir à son tour gain de cause.

Au-delà des personnes, la République française reste l’institution à défendre en priorité. A l’évidence, et même si Bernard Tapie sait fort bien apparaître comme une victime, l’arbitrage en sa faveur a un parfum d’affaire d’Etat. Convoqué comme témoin par les juges le 13 avril, l’ancien président Nicolas Sarkozy n’a d’ailleurs pas obtempéré. Pas possible, donc, d’interroger l’ex-chef de l’Etat sur son empressement à régler ce contentieux privé dès son accession à l’Elysée. Et ce, alors qu’il s’apprête à s’engager dans la course pour la prochaine présidentielle…

L’affaire Tapie est peut-être un injuste boulet pour Christine Lagarde. Mais la recherche de la vérité et des responsabilités de chacun dans un dossier aussi obscur que tordu apparaît louable et justifiée. Un tel arbitrage, en affaires, peut en théorie se défendre. Mais lorsqu’il implique de l’argent public, et qu’il est conclu avec la bienveillance du pouvoir en place, il a surtout le goût amer d’un dangereux poison républicain.
richard werly 

 Source

 

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