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J'habite Trécon, et alors ?

Publié par MaRichesse.Com sur 9 Juillet 2016, 03:50am

Catégories : #FRANCE

J'habite Trécon, et alors ?

 

Ce village de la Marne rejoint ce week-end le Groupement des communes aux noms burlesques. Une initiative pleine d'autodérision moins loufoque qu'il n'y paraît.

Georges Leherlen'en est pas peu fier. « En tant que maire de Trécon, je me fais toujours un plaisir de dire à mes interlocuteurs où j'habite, je ne m'en cache pas. Vous savez, malgré le nom de notre village, on n'est pas plus cons que les autres ! » s'esclaffe cet agriculteur à la retraite. Au coeur de la Marne, sa bourgade riche de 76 âmes et d'une église, qui flirte avec une voisine baptisée Bergères-lès-Vertus, s'apprête à devenir la 39e adhérente du Groupement des communes aux noms burlesques. Elle rejoint ainsi ses cousines Simplé et Andouillé qui, toutes deux, amusent la galerie en Mayenne. La drôle d'association tient ce week-end sa 14e rencontre annuelle dans la bien nommée Marans, petite ville de Charente-Maritime.

 

Georges Leherle, l'édile de Trécon, juge l'idée pas bête. C'est son prédécesseur, aujourd'hui décédé, qui a décidé de s'associer à cette aventure pleine d'autodérision, mais lui aussi est prêt à jouer le jeu. « Quand j'allais à l'école à Reims et que devant le professeur, il fallait dérouler son CV, expliquer d'où on venait, j'étais un peu vexé par la réaction des autres. Mais depuis, je suis vacciné. On se plaît ici. Même ma femme qui jurait avant de me connaître qu'elle habiterait jamais dans un village pareil, elle y est bien arrivée », savoure ce Tréconnier de père en fils. Dans les maisons de ce « petit bled », Trécon n'a pas toujours fait rire. « Après la guerre, certains ont voulu changer de nom mais, finalement, c'était trop compliqué », se souvient Roger, 82 ans, un « pur » enfant du pays qui a épousé une native de Ferrière-et-Lafolie (Haute-Marne).

 

 

 

Avec le temps, la commune a fini par afficher son identité sans complexes, devenant même très attractive. « On n'arrête pas de nous piquer nos panneaux, même ceux sur les axes routiers. Je viens d'en remplacer deux », peste monsieur le maire. Elle ne séduit pas que les voleurs de pancartes de signalisation. Elle accueille de nouveaux habitants. « Il y a une maison qui se construit en ce moment pour des jeunes d'un village voisin. Les gens n'ont pas peur de s'installer à Trécon », poursuit-il. Mais d'où vient cette appellation ? « On dit qu'un beau jour, trois gars du coin sont allés à la préfecture déclarer la naissance de leur village. Et quand ils se sont présentés, on leur a lancé : Tiens, v'là les trois cons », blague Roger. Trécon doit, en fait, son existence à sa toponymie. « C'est issu de trois coins, puisqu'il y a trois mamelons, trois petites collines qui délimitent le village », décrypte Patrick Lasseube, président-fondateur du Groupement des communes aux noms burlesques. Il s'est invité l'an dernier à Trécon. « On m'a dit sur place en rigolant : On n'a pas de chance, on est vraiment cons, on est entourés de grands crus de champagne mais nous, on fait des céréales et des betteraves ! »

 

Faire d'une faiblesse un atout touristique 


Elles ont choisi de « rire d'elles-mêmes pour ne pas être la risée des autres ». Bellebrune (Pas-de-Calais), Vatan (Indre), Poil (Nièvre) et les autres, toutes forces vives du Groupement des communes aux noms burlesques, ont profité de leur dénomination pour se faire un nom. « D'entrée, on a pris le contre-pied de Montcuq, village du Lot devenu célèbre après le sketch de Daniel Prévost dans l'émission le Petit Rapporteur. La commune était spectatrice, pas actrice. En fait, il faut que les maires soient capables de maîtriser l'autodérision dans une démarche positive », décrit Patrick Lasseube, président de l'association qui réside au lieu-dit « Minjocebos » (« mangeur d'oignon » en occitan). Une faiblesse linguistique au départ peut être ainsi transformée en une force, en particulier touristique. Pas moins de 10 000 visiteurs devraient se fendre la poire aujourd'hui et demain à Marans (Charente-Maritime) lors du rassemblement annuel des communes aux noms cocasses. Tout au long de l'année, les rigolards sont aussi prêts à faire un détour pour s'offrir un selfie devant le panneau « Clochemerle » (Rhône), « Beaufou » (Var) ou « Coubisou » (Aveyron). « A Corps-Nuds en Ille-et-Vilaine, certains se font photographier en tenue d'Adam et Eve. Le maire a dû faire souder les plaques parce qu'il en avait marre de se les faire faucher. A 300 € pièce, ça coûtait une fortune », souligne Patrick Lasseube. Sur les quelque 36 000 communes de l'Hexagone, entre 300 et 400 portent un nom à mourir de rire.

 

 

 

 

  Le Parisien

 

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